Un canevas unique pour les crédits bancaires aux PME

Il sera applicable dans toutes les agences à  compter de janvier 2006

L’acceptation ou le rejet devra être notifié au plus tard 30 jours après le dépôt du dossier.

C’est en janvier 2006 qu’entrera en application la convention signée, il y a deux mois, entre la Fédération des PME-PMI et le GPBM (Groupement professionnel des banques du maroc). Cette convention, la première du genre, est de nature à  mettre fin à  l’éternel dialogue de sourds entre les PME et leurs banquiers à  propos du problème du financement. Cette convention, explique Hamad Kessal, président de la Fédération PME-PMI, permettra de verrouiller tout le système de financement et de rendre les relations entre les entreprises et leurs banques plus transparentes.
Désormais, les relations de financement, et donc l’octroi de crédits, que ce soit de fonctionnement ou d’investissement, seront matérialisées par un canevas de financement unique pour toutes les entreprises qui choisissent d’intégrer le cadre de la convention et ce canevas, disponible sous forme de formulaire, est applicable dans toutes les agences bancaires o๠qu’elles soient.
Si les pièces qui serviront à  la constitution du dossier (bilan, états de synthèse, prévisions d’activité, etc.) sont connues, le canevas, lui, permettra d’uniformiser la synthèse des informations, évitant ainsi les travers rencontrés lorsque la demande de crédit est transmise aux organes de décision (information manquante, pièces supplémentaires à  fournir, imprécisions…) et qui sont souvent source de perte de temps ou de rejet du dossier. Ensuite, le promoteur qui trouve des difficultés pour remplir le formulaire est assisté d’office par un expert, la Fédération PME-PMI s’étant attaché les services de nombre d’entre eux, y compris dans les régions les plus reculées du pays.
Une fois le dossier déposé et vérifié au préalable par le banquier, celui-ci délivre à  l’entrepreneur un accusé de réception. L’acceptation ou le rejet devra être notifié au plus tard 30 jours après le dépôt du dossier, avec possibilité pour le promoteur, en cas de rejet du dossier, de recourir à  un comité mixte, composé de trois banquiers et trois représentants de la fédération.

L’hypothèque sur les biens personnels sera l’ultime recours
Enfin, il y a les fameuses garanties sur lesquelles achoppent beaucoup de projets. La convention limite expressément les nantissements aux seuls fonds de commerce et matériels d’équipement. Et c’est seulement quand ces garanties sont jugées insuffisantes que la garantie institutionnelle pourra entrer en jeu par le biais de la CCG (Caisse centrale de garantie). L’hypothèque personnelle n’est exigée que dans le cas exceptionnel o๠le promoteur demande un prêt largement supérieur à  la surface financière de son affaire.
En contrepartie de ces nouvelles dispositions, les PME sont invitées à  aller vers une meilleure organisation dans la gestion de leurs comptes. La Fédération PME-PMI a signé une autre convention avec l’ANPME. Ainsi, il est exigé du promoteur de tenir, dès le démarrage de son activité, une comptabilité saine. Un comptable lui est désigné pour l’accompagner durant un an et les frais de comptabilité, durant cette période, sont prises en charge à  hauteur de 80% par l’ANPME. Par la suite, l’entreprise devra recruter un comptable permanent et voler de ses propres ailes. En tout cas, c’est l’objectif visé .