Un avenir prometteur pour la filière aquacole

Offre aquacole de la région de Dakhla-Oued Eddahab, Plan de développement de l’aquaculture marine dans la zone d’Imessouane à Sidi Ifni, Plan de développement de l’aquaculture marine dans la zone méditerranéenne : plusieurs projets sont lancés. Le but est de porter la production aquacole à 200 000 t par an.

Plus de cinq ans après sa création, l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) se positionne comme un acteur majeur de la filière aquacole. En témoigne sa participation active à la 4e édition du Salon international Halieutis, du 15 au 19 février à Agadir.

Créée en 2011, dans le cadre de la stratégie Halieutis, pour promouvoir le développement de l’aquaculture au Maroc, l’agence assure «l’accompagnement des investisseurs en aquaculture dans tous le processus de concrétisation de leur projet, depuis l’éclosion de l’idée jusqu’à la mise en marche effective de l’exploitation». A ce titre, Mustafa Amzough, chef du département de l’investissement, a expliqué que l’agence identifie et aménage les espaces propices pour la réalisation de projets aquacoles. Ces plans d’aménagement s’étalent sur une durée moyenne de trois ans. Par la suite, les espaces identifiés sont mis à la disposition des investisseurs au moyen d’appels à manifestation d’intérêt.

Parmi les réalisations de l’ANDA figure le lancement de l’offre aquacole de la région de Dakhla-Oued Eddahab. Cette offre d’investissement est constituée de 878 unités de production, s’étendant sur une superficie de plus de 6 556 hectares, au sein de laquelle plusieurs projets peuvent être réalisés. Le montant prévisionnel est estimé à 2,8 milliards de DH pour une production cible annuelle de près de 115000t. Plus de 3 300 emplois devraient être créés. L’appel d’offres s’adresse aussi bien aux investisseurs nationaux qu’étrangers. Les noms des sociétés sélectionnées seront annoncés au courant de l’année.

L’agence a aussi élaboré le Plan de développement de l’aquaculture marine dans la zone d’Imessouane à Sidi Ifni sur une superficie de 5 340 hectares, divisée en 330 parcelles destinées à la conchyliculture, à la pisciculture et à l’algoculture.

Plusieurs plans aquacoles seront lancés à partir de 2018-2019

Un appel à manifestation d’intérêt sera lancé dès la finalisation et la validation des études menées par l’agence avec les différents partenaires. A cela s’ajoute le Plan de développement de l’aquaculture marine dans la zone méditerranéenne. Les résultats du plan d’aménagement aquacole réalisé au niveau de la zone dénotent d’un potentiel considérable s’élevant à 143 138 t, correspondant à 1905 hectares de surface utile identifiée et 85 unités de production. En outre, l’ANDA accompagne trois projets pilotes de fermes aquacoles à caractère social au profit de trois coopératives de la pêche artisanale en Méditerranée. Il s’agit du projet porté par la coopérative de Marchica dans le cadre de la gestion intégrée des zones côtières (GIZC), du projet porté par la coopérative Al Amal dans le cadre de la GIZC, ainsi que du projet porté par la coopérative des marins pêcheurs de Cala Iris.

Par ailleurs, l’agence accompagne des projets expérimentaux entrepris par l’Institut national de recherche halieutique (INRH), en partenariat avec le secteur privé. Ces projets initiateurs s’appuient essentiellement sur de nouvelles technologies et de nouvelles espèces. Il s’agit du projet de la coopérative Annahda à Sidi Rahal et du Projet expérimental innovant en algoculture qui vise à consolider l’initiative «Ceinture bleue» proposée par le Maroc durant la COP 22.

A partir de 2018-2019, sera lancée la mise en œuvre d’autres plans aquacoles portant sur les autres régions du littoral national, notamment les régions de Casablanca-Settat, de Marakech-Safi, ainsi que celles s’étendant de Guelmim à Boujdour.

Le futur semble donc bien balisé. M. Amzough annonce en effet un projet de création d’antennes de l’agence dans les grands pôles aquacoles. De même qu’il prédit un «avenir prometteur» à la filière aquacole car, d’après lui, «la population est toujours en croissance et l’aquaculture satisfait aujourd’hui plus de 50% de nos besoins en poisson, tandis que le secteur de la pêche semble avoir atteint ses limites». L’ambition est d’atteindre une production aquacole de 200 000 t, de contribuer à l’augmentation des exportations halieutiques de 1,2 à 3,1 milliards de DH, à l’augmentation du PIB du secteur halieutique (pêche, aquaculture, industrie) de 8,3 à 21,9 milliards de DH, ainsi qu’à la création de 40000 emplois.

En marge de la cérémonie d’inauguration de la 4e édition du Salon international Halieutis, le 15 février à Agadir, l’ANDA a signé trois conventions de partenariat pour la promotion et le développement de l’aquaculture. La première a été signée avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et porte sur la conception d’une stratégie de développement du secteur. Dotée par la FAO d’une enveloppe de plus de 2MDH, cette stratégie complétera l’étude préliminaire de l’ANDA qui a permis d’évaluer le potentiel du Maroc en matière d’aquaculture. La seconde convention a été signée avec le Conseil régional du Souss-Massa pour le montage d’opérations de fundraising (levée de fonds) au profit des projets d’aquaculture de la région, la communication, la sensibilisation et l’accompagnement des investisseurs dans la mise en place des projets aquacoles, ainsi que pour la réalisation, le financement et l’accompagnement technique de projets à caractère aquacole. Enfin, l’agence a signé une convention avec l’Agence pour la promotion et le développement des provinces du Nord (APDN) pour la construction et l’équipement de la première station de purification de coquillages de la côte méditerranéenne du Royaume. Ce projet, qui bénéficiera à la coopérative des marins pêcheurs de Cala Iris, nécessite un investissement de 1,5 MDH.