Troisième année de baisse consécutive pour la demande de ciment

La consommation baisse de 5,4% en 2014 après avoir reculé de 6,3% en 2013 et de 1,6% en 2012. La demande a chuté de 12,4% depuis 2011, passant de 16,1 millions de tonnes à  14,1 millions de tonnes. Avec une capacité de production installée de 21 millions de tonnes, la surcapacité s’aggrave à  7 millions de tonnes.

Le secteur du ciment termine l’année 2014 avec des réalisations inférieures aux prévisions des opérateurs qui tablaient pourtant sur une baisse de 4%. La consommation a en effet enregistré un recul de 5,4%, à 14,1 millions de tonnes à fin décembre. C’est que le marché s’est porté de mal en pis au fil des trimestres. Sur le premier quart de l’année, la consommation a chuté de 3,2% et l’on était à un recul de 4,4% au premier semestre. Au troisième trimestre, la baisse cumulée approchait les 6%. Elle a pu donc être très légèrement rattrapée sur les derniers mois de l’année.

Le secteur est parti sur de mauvaises bases dès le début de l’année passée en raison des importantes précipitations qui ont perturbé les chantiers avec, qui plus est, côté BTP, des entreprises pénalisées par les retards des reports de crédit au niveau des administrations. Hormis ces facteurs, la décrue de la demande se justifie, selon les opérateurs, par le fait qu’il n’y a pas encore eu de réelle reprise des grands chantiers d’infrastructures de tourisme ou des programmes de logements, étant à rappeler que la promotion immobilière pèse 80% de la demande. La demande de ciment aligne ainsi une troisième année de baisse après le recul de la consommation de 6,3% en 2013 et de 1,6% en 2012. Depuis 2011, la consommation annuelle de ciment aura ainsi chuté de 12%, passant de 16 millions de tonnes à 14,1 millions de tonnes actuellement. 

Dans ce sillage, la surcapacité du secteur s’aggrave pour approcher les 7 millions de tonnes, vu la capacité de production installée jusqu’à présent, autour de 21 millions de tonnes. Le plus préoccupant est que les choses ne devraient pas s’arranger sur les années à venir. Les analystes prévoient en effet une progression de la consommation de tout juste 2% en 2015, année pour laquelle les industriels des matériaux de construction plus globalement s’attendent à une stabilisation de la demande après la baisse ininterrompue vécue sur les dernières années. Notons cependant que 2015 pourrait connaître un appel de ciment exceptionnel étant donné qu’elle concorde avec les élections.

La capacité de production va encore se renforcer

L’on se rappelle en effet que 2011 qui a été caractérisée par une conjoncture similaire a connu une croissance de la demande de ciment de 11% contre des prévisions de hausse de 5%, une percée due à l’assouplissement des conditions d’octroi des autorisations observée durant les années électorales. Reste que sur les trois années suivantes, les analystes s’attendent à une hausse de la demande de tout juste 0,4%, aboutissant à une consommation de 15,5 millions de tonnes à fin 2018. En détail, la demande devrait reculer de 1% en 2016 pour enchaîner avec des hausses de 3% et 2%, respectivement en 2017 et 2018.

Parallèlement à cette timide hausse de la consommation, la capacité de production devrait connaître une hausse notable. Pour ne citer que quelques investissements en la matière, Lafarge a engagé une enveloppe de 2,8 milliards de DH pour la mise en service à l’horizon 2015 d’une nouvelle usine dans la région d’Aït Baha d’une capacité de 1,2 million de tonnes. Ciments du Maroc a lui aussi dans ses cartons un projet d’investissement dans le Nord prévu pour 2017. S’ajoute à cela les nouveaux entrants sur le secteur dont seul le groupe Anouar Invest a dévoilé ses intentions jusqu’à présent. La filiale du groupe dans le ciment, Atlantic Ciment devrait démarrer ce premier trimestre 2015 les travaux de construction d’une cimenterie à Settat d’une capacité de production de 2,2 millions de tonnes de ciment par an pour une mise en service prévue pour début 2018. Si l’on ne prend en considération que les intentions d’investissement annoncées, il est fort probable donc que la capacité de production, d’ici 2018, dépassera les 24,5 millions de tonnes. Sur la base du niveau de consommation prévu à ce même horizon, soit 15,5 millions de tonnes, il ressort que la surcapacité pourrait culminer à 9 millions de tonnes en 2018.