Trois Marocaines primées pour leur engagement écologique

Organisé par la Fondation Yves Rocher, le prix a récompensé jusqu’à  présent 325 femmes de 50 pays dans le monde. Gestion des déchets informatiques, tri et collecte des déchets ménagers et centre de formation socioculturel sont les 3 projets qui ont été primés cette année.

Pour la sixième année consécutive, la fondation Yves Rocher organise l’édition marocaine du prix «Terre de Femmes» qui vient distinguer et reconnaître l’effort des femmes qui travaillent au quotidien pour la protection de l’environnement. Et c’est dans un cadre tout aussi agréable et naturel, rappelant les valeurs de la fondation, que s’est tenue le 7 février, la cérémonie de remise des prix qui a récompensé les gagnantes de cette année.
Trois lauréates marocaines ont donc été primées pour leurs projets novateurs et l’originalité de leurs initiatives écologiques, qui ont apporté une valeur ajoutée à leur environnement tout en contribuant à l’amélioration de leurs conditions de vie. «La fondation Yves Rocher s’inscrit dans le cadre du mécénat participatif, il ne s’agit plus de donner de l’argent ou de sponsoriser de loin des événements et manifestations mais plutôt de s’impliquer dans la réalisation de projets concrets», explique Claude Fromageot, directeur de la fondation. Jusqu’à présent, ce sont 325 femmes issues de 50 pays dans le monde qui ont été récompensées par le prix «Terre de Femmes».

Les projets seront développésà grande échelle

Originaire de Casablanca, Roqaya El Boudrari a reçu le troisième prix pour son projet Green Chip. Destiné tout d’abord à la formation de jeunes déscolarisés dans le domaine de la maintenance informatique, le projet s’est développé et s’occupe aujourd’hui de la revalorisation du matériel informatique usagé au profit de l’équipement des écoles publiques marocaines. L’importance du projet est telle que l’association Al Jisr (porteuse du projet) a réussi à sensibiliser le ministère concerné et les discussions sont engagées pour la création d’une filière de la gestion des déchets électroniques.

Le deuxième prix a été attribué à Zineb Bennis pour son projet pilote destiné à valoriser et organiser l’activité des chiffonniers pour le tri et la collecte des déchets. Le principal bénéficiaire est un chiffonnier qui travaillait dans la rue dans des conditions déplorables. Il bénéficie aujourd’hui, dans le cadre du projet, d’un contrat de travail, une assurance et des heures de travail fixes avec vacances. Son salaire est également passé de 900 DH par mois à 3 000 DH. Une expérience réussie que Zineb Bennis souhaite généraliser aux 10000 chiffonniers que compte la ville de Casablanca afin de mieux organiser la collecte et réduire ainsi dans un premier temps de près de 38% les 3 000 tonnes de déchets produits. Le premier prix est revenu à Khadija Bikerouane de la Fondation Afoulki. Forte de son expérience de professeur dans le milieu rural, Khadija a décidé de lancer le projet du Centre rural socio-culturel destiné à former et apprendre un métier aux femmes en situation difficile dans des secteurs aussi variés que la fromagerie, la savonnerie et la tapisserie. Une aubaine pour ces femmes sans aides et sans ressources pour les aider à développer leur autonomie à travers des activités génératrices de revenus. Inauguré le 8 janvier dernier, le centre dessert 10 douars et aide près de 150 femmes en situation difficile.