Trois consortiums en lice pour le permis et la carte grise électroniques

L’adjudicataire prendra en charge la confection des documents et la gestion du
système d’information sur les véhicules et leurs conducteurs.


Le gagnant sera connu dans six mois.

C’est parti pour le permis de conduire et la carte grise électroniques. Trois soumissionnaires ont déposé leurs offres le 5 mai courant auprès de la DSTR (Direction de la sécurité des transports routiers). Il y a d’abord Gemplus, leader français de la carte à puce, en tant que chef de file d’un groupement composé de HPF, une société marocaine spécialisée dans les logiciels et la gestion des cartes électroniques, qui réalise le plus gros de son chiffre d’affaires à l’export, et la société allemande TUV Sud qui travaille, entre autres, pour l’Etat allemand dans le domaine du contrôle technique des véhicules.
Le deuxième consortium est composé de Sagem, référence européenne dans la téléphonie mobile qui s’est alliée à la société marocaine M2M.

Le lancement reste tributaire de la promulgation du nouveau code de la route
Quant au troisième consortium, qui est à 100% marocain, il est composé d’IB Maroc, en qualité de chef de file, aux côtés de Megatel qui opère dans les réseaux télécoms, S2M, spécialiste des cartes bancaires, et United Project, acteur dans le domaine de la logistique et de l’identification. Ce groupement est adossé à deux partenaires financiers nationaux, en l’occurrence la CDG (Caisse de dépôt et de gestion) et Afriquia.

De fait, les trois prétendants – de taille, il faut le souligner – aspirent à remporter «la concession relative à la réalisation, l’exploitation, le financement et la maintenance du nouveau système de gestion des permis de conduire et des cartes grises». Il ne s’agit donc pas seulement de confectionner des documents comme lors des tentatives précédentes qui n’ont pas abouti, mais de gérer un système d’information sur les conducteurs et sur leurs véhicules, avec les implications sur la répression des infractions et le recouvrement des amendes. Rien que pour ce dernier cas, on estime à plus de 300 MDH par an le montant des amendes non recouvrées.

Le choix de l’adjudicataire se déroulera en trois phases : une phase de dépouillement devant prendre six semaines mais qui pourrait être réduite dans la mesure où il n’ y a que trois prétendants. La deuxième phase, de deux mois, sera consacrée à l’étude et à l’appréciation des paramètres de l’offre et l’alignement des offres de tous les soumissionnaires. Enfin, la phase de négociation s’étalera également sur deux mois et débouchera donc sur le classement des prétendants.

Si on fait le compte, le marché pourra être attribué avant la fin de l’année en cours, ce qui est une bonne chose, car on prévoit à cette échéance la promulgation du nouveau code de la route auquel le sort de ces documents est lié, ne serait-ce que pour ce qui est de l’enregistrement des infractions et de l’adoption du permis à points.

Dans deux ans, au plus tard, ces documents appartiendront au passé.