Transporteurs, guides, restaurateurs…, ces métiers qui souffrent avec la crise de l’hotellerie

L’activité s’est contractée de 20 à  70% selon les métiers. Les guides se font la guerre pour le partage d’une maigre clientèle. Des restaurateurs n’hésitent pas à â€ˆfermer en attendant des jours meilleurs.

La crise dans le tourisme étant de toute évidence bien installée, les professionnels semblent résignés à attendre une éventuelle reprise en colmatant les brèches autant que faire se peut. Mais en attendant, ce sont d’autres pans de l’économie qui subissent aussi les effets. C’est le cas de tous les métiers qui tournent autour du secteur de l’hôtellerie.
Transporteurs touristiques, guides, restaurateurs, bazaristes, loueurs de voitures…tous ressentent directement la baisse d’activité des hôtels. Chez les guides, par exemple, la crise a carrément fait sortir les concernés dans les rues de Marrakech, la semaine dernière. Ils entendaient manifester contre les agences de voyages et même contre la délégation régionale du tourisme, qu’ils accusent d’intervenir dans l’affectation des guides, lors de certaines manifestations.
En réalité, la crise a attisé les tensions entre les guides eux-mêmes et a remis à la surface de vieux problèmes avec lesquels tout le monde s’accommodait, tant que chacun y trouvait  son compte. Cette profession, dominée par l’informel (moins de 25% des guides sont salariés), tire la majeure partie de ses revenus des commissions servies par les bazaristes et des pourboires laissés par les clients.
Jamal Saâdi, le président de l’Association des guides de Marrakech, très décrié par ses pairs, estime que la situation est grave : «Sur les 820 guides que comptent Marrakech et sa région, 70% sont aujourd’hui au chômage, et ceux qui travaillent ne peuvent pas espérer plus d’un circuit par mois, alors qu’auparavant ils pouvaient effectuer trois circuits en moyenne». Et encore, précise Jamal Saâdi, les groupes de touristes sont de moindre importance, soit des groupes de 15 personnes au lieu de 40, ce qui se ressent au niveau de la rémunération du guide. Selon lui, le revenu d’un guide peut se situer à 20 000 DH par mois quand l’activité est au sommet et entre 3 000 et 4 000 DH en temps de vaches maigres. S’ajoute à cela le fait que les grands bazaristes, constitués en sociétés, rechignent à verser aux guides des commissions en espèces depuis qu’ils sont eux-mêmes obligés par la loi de payer leurs fournisseurs par chèque barré, ce qui, sans faire disparaître l’informel des pratiques, devrait le réduire.
En tout cas, ces bazaristes attendent comme d’autres professions des jours meilleurs. Il en va de même pour les transporteurs touristiques dont beaucoup affirment que leur profession est quasiment à l’arrêt. Selon Rachid Bouamara, le président de l’Association des transporteurs touristiques de Casablanca, la baisse de l’activité se situerait autour de 40% dans la mesure où l’essentiel de l’activité est réalisé avec les agences de voyages et les entreprises. A l’en croire, ce ne sont que les transporteurs qui ont un bon relationnel qui arrivent encore à résister.

Les loueurs de voitures sauvés par les MRE

Pour Hadj Ouhaddou, patron de la société de transport du même nom, bien implantée dans le Centre et le Sud du pays, l’activité est pratiquement à l’arrêt depuis le 15 mai. Il estime la chute à environ 70%.
«Sur 300 véhicules que nous avons, un peu plus d’une vingtaine sont actuellement en circulation», affirme-t-il, tout en précisant qu’il ne procédera à aucune réduction d’effectifs : «Je garde tous mes chauffeurs et je trouverai l’argent pour les payer, car je ne vais pas me mettre à chercher d’autres quand il y aura la reprise».
Cet état est confirmé par Abdellah Baazizi de FRAM qui affirme que le parc du TO tourne à 50%.
Chez les loueurs de voitures, la situation n’est pas catastrophique en ce mois de juillet car les Marocains résidents à l’étranger (MRE) ont permis d’amortir le choc, du moins à Casablanca où la baisse de l’activité est de seulement 15 à 20%, selon Tarik Dbilij, président de l’Association des loueurs de voitures qui évalue, par ailleurs, la baisse de l’activité à 30% au niveau national. Ce recul est plus accentué à Marrakech, Agadir, Tanger et Fès. Et la situation risque d’empirer. «Le mois d’août ne s’annonce pas bon», prédit M. Dbilij, qui s’attend à une baisse de l’ordre de 40% pour cette période.
Chez les restaurateurs, c’est une tout autre affaire. Ceux qui tirent leur épingle du jeu en ce moment, ce sont les snacks et autres pizzerias en zones balnéaires, fait remarquer l’un d’eux. Pour les autres, l’activité est plutôt calme depuis juin comme le souligne Jamal Filali, restaurateur à Marrakech, au point, dit-il, que beaucoup de restaurants ont mis en congé leurs employés  ou ont carrément fermé pour rénovation.