Transport urbain de Rabat : Stareo toujours embourbée dans les conflits

La société travaille avec 350 autobus alors qu’il lui faudrait au moins 500.
Des employés qui n’ont pas encore repris le travail réclament leur salaire de novembre.

Démarrage difficile pour Stareo, la filiale de Veolia chargé d’assurer l’intégralité du transport urbain par autobus dans la région de Rabat-Zemmour-Zaer ! Malgré la récupération d’une partie des véhicules des anciennes sociétés privées dont les contrats n’ont pas été renouvelés, le parc est loin de répondre à toute la demande. Selon de nombreux témoignages, les usagers ont encore du mal à se déplacer. Chez Stareo, on reconnaît volontiers qu’il y a une sous-capacité. D’ailleurs, une source à Veolia nous apprend que la compagnie travaille avec un parc de 350 autobus, alors que les besoins pour couvrir toutes les lignes sont estimés à 500. Beaucoup plus pour garantir un service de bon niveau, assure un patron d’une société privée dont le contrat est arrivé à terme. Selon la même source à Veolia, le problème sera résolu au courant du premier trimestre 2010 quand la société recevra de nouveaux autobus, ce qui est conforme au cahier des charges, est-il précisé.

Sit-in devant la wilaya de Rabat
L’insuffisance du parc est expliquée par le fait qu’une partie des véhicules repris chez les sociétés privées, 66 exactement, sont vétustes, donc pas du tout en état de circuler. «Nous sommes dans une période de transition et les choses devront rentrer dans l’ordre assez rapidement», plaide-t-on chez Stareo.
Sur les 3 200 personnes venant de l’ancienne régie de transport urbain et des sociétés privées qu’elle s’est engagée à réintégrer en priorité, Stareo en a déjà repris 2 300. Le reste sera réintégré au fur et à mesure que la société recevra de nouveaux véhicules. Mais ce dossier qui est à l’origine de la grève de 10 jours qui avait paralysé la ville de Rabat au mois d’octobre dernier n’est pas près d’être fermé. Sur les 2 300 personnes qui ont signé un contrat en bonne et due forme, seule une partie travaille effectivement, alors que les autres, environ un millier, attendent d’être convoqués. Le problème est que ces derniers exigent leur salaire du mois en cours. Et à la veille de l’Aid Al Adha, les réclamations se font de plus en plus insistantes. A l’heure où nous mettions sous presse,  mardi 24 novembre, les représentants de ces employés tenaient un sit-in devant la wilaya de Rabat. Pour le moment, ce sont les moyens de transport clandestins (faux taxis, véhicules utilitaires, etc.) qui profitent de la situation avec tous les risques que cela comporte pour les citoyens.