Transport & logistique : L’industrie ferroviaire poursuit sa lancée au Maroc

Le premier TGV marocain et africain circulera en 2018. Plusieurs projets et stratégies en cours prévus pour assurer la couverture du territoire national et servir de plateforme pour l’Afrique.

La première ligne du TGV devrait être opérationnelle au premier trimestre de 2018. Mobilisant une enveloppe estimée à 20 milliards de dirhams, elle permettra dans un premier temps de relier Tanger à Casablanca, distantes de 350 km, en 2h10, contre 4h45 aujourd’hui. Par ailleurs, le réseau ferroviaire du Maroc dispose d’un fort potentiel de croissance, qu’il compte bien exploiter : amélioration de l’existant, développement du réseau, diminution des retards, intégration de billetterie,… autant de chantiers qui nécessitent des investissements colossaux et une implication importante des principaux acteurs du secteur. Car, bien que le réseau ferroviaire marocain soit considéré comme le plus étendu du Maghreb et le deuxième d’Afrique après celui de l’Afrique du Sud, beaucoup reste à faire. Celui-ci s’étend de Marrakech à Oujda et dessert les grandes villes et les principaux ports du pays. C’est dans ce cadre que s’est tenue la première édition du «Rail Industry Summit» qui s’est poursuivie du 25 au 27 octobre dernier, et qui a réuni près d’une centaine d’entreprises marocaines et étrangères ainsi que de nombreux donneurs d’ordre de plus de 10 pays.

Le principal objectif de cette rencontre était de permettre les échanges entre l’ensemble des acteurs du secteur à propos des problématiques de l’industrie ferroviaire, telles que l’exploitation ferroviaire, la signalisation, la maintenance, le matériel ou encore les équipements embarqués et les aménagements intérieurs des véhicules.

Le Maroc a organisé la première édition du Rail Industry Summit ayant pour but de créer une véritable filière ferroviaire pour le pays

Cette rencontre ambitionne l’instauration d’un écosystème ferroviaire performant en parallèle avec le plan d’accélération industrielle qui, lui, vise à transformer l’industrie marocaine en réel moteur de croissance économique, avec comme objectif à l’horizon 2020 la création de 500 000 nouveaux emplois, une contribution au PIB de 23% de même que le rééquilibrage de la balance commerciale. Cet évènement est une initiative du Centre de promotion Maroc Export, qui l’a organisé en partenariat avec le Groupement des industries ferroviaires (GIFER), créé le 10 février dernier, pour fédérer et représenter la filière ferroviaire au Maroc. Cette association marocaine regroupe les professionnels du secteur : matériel roulant, équipement, ingénierie, étude d’infrastructure  de signalisation, habillage, etc. Cette manifestation a également vu la présence du canadien Bombardier Transport, présent au Maroc depuis 2011, considéré comme leader mondial des technologies ferroviaires, et qui a exprimé son souhait de participer activement à l’industrie ferroviaire au Maroc, visant par là de servir le marché marocain et renforcer l’export vers l’Afrique. A cette occasion, a été dévoilé le plan d’action de Bombardier en association avec l’ONCF, notamment la restauration des rames qui avaient été livrées précédemment par le Bombardier, en plus d’un projet en cours de réalisation de signalisation ferroviaire sur la ligne reliant Casablanca à Tanger. Toutes les conditions ont été réunies pour convaincre Bombardier d’investir dans une industrie ferroviaire «Made In Morocco» : un tissu étoffé de clients et de fournisseurs, une stratégie de localisation performante et plusieurs projets d’envergure.

Par ailleurs, l’office prévoit une externalisation totale de la maintenance de 47 locomotives, la réalisation au Maroc de 300 voitures, dont 60 en cours, une rénovation de 300 voitures, une construction au Maroc de la quasi-totalité du parc wagon (environ 5000), la fabrication de 18 locomotives, en partenariat avec un constructeur européen. Les rames sont quant à elles déjà livrées, et l’infrastructure réalisée est estimée à plus de 80 %. Quant au tronçon Marrakech-Casa, il est en cours d’étude et verra le jour après celui de Marrakech-Agadir. En tout cas, la politique de couverture du territoire national repose ces dernières années sur des instruments de planification pour pouvoir faire bénéficier les zones non encore desservies par rail des atouts de ce mode de transport. Rappelons que l’objectif de la principale stratégie en cours dans le secteur, le Plan Rail Maroc 2040, est d’accompagner, d’une part, le développement socioéconomique du Maroc et, d’autre part, de contribuer à l’amélioration de la compétitivité des secteurs productifs. En effet, il s’agit d’un schéma actualisé et cohérent qui retrace le développement à l’horizon 2040 du réseau ferré national (lignes à grande vitesse, lignes classiques, Tanger-Casablanca-Marrakech-Agadir et l’axe maghrébin Rabat-Fès-Oujda). Plus exactement, il prévoit un réseau LGV de près de 1500 kilomètres et de près de 2 700 kilomètres de lignes classiques, sans oublier la mise en place et l’équipement de nouvelles lignes accompagnées de la mise à niveau et du renouvellement du réseau existant de près de 2 000 kilomètres.