Logistique urbaine : Des actions concrètes à Casablanca en attendant les prochaines villes

Les principaux chantiers concernent de nouveaux emplacements de livraison, une charte de la distribution urbaine, des trucks centers et de nouvelles règles de circulation à Casablanca. 5 à 6 autres villes sont concernées pour un investissement total de 700 millions de dirhams.

Casablanca est la première ville à bénéficier du chantier de restructuration de la logistique urbaine mené par l’Agence marocaine de développement de la logistique, en attendant le début des travaux dans les autres grandes métropoles du pays. En effet, dans le cadre du programme 2016-2021 de la logistique urbaine, il est prévu de couvrir à terme 5 à 6 villes du Royaume. L’investissement total dédié à ce travail titanesque est de 700 millions de dirhams. A Casablanca, le chantier lancé dans le cadre de la deuxième phase de la stratégie logistique de 2010 a mis l’accent sur 4 volets principaux : emplacements de livraison, charte de la distribution urbaine, trucks centers et règles de circulation à Casablanca. Il s’agit d’abord de l’aménagement de 400  aires de stationnement pour les camions de livraison dans les grandes artères de la ville là où le besoin se fait sentir. A noter que certaines aires de stationnement ont été prévues dans le cadre des travaux de réaménagement de certaines artères (avenue des FAR, Abdelkrim El Khattabi…) ainsi que la deuxième ligne de tramway de Casa Transport. Destinées à accueillir les camions de livraison pour une durée maximale de 30 minutes, ils permettront de réduire significativement les stationnements illicites qui restent prépondérants dans la ville. L’étude sur la logistique urbaine, commanditée par l’AMDL et réalisée par Valyans avait évoqué un taux de stationnement illicite de 80%. Cela dit, ces nouvelles aires seront signalées, protégées et soumises à un contrôle pour assurer leur utilisation par qui de droit.

Un truck center dans chaque zone logistique

En outre, une charte de la distribution urbaine est en préparation. Elle vise à éradiquer certaines actions préjudiciables à l’instar du stockage aléatoire. Autre mesure importante, la création de truck centers qui correspondent à des espaces dédiés aux poids lourds (qui incluent parkings sécurisés et services tels que la restauration, les stations service, les mosquées…). Première action concrète en la matière : un truck center de 600 places sur une superficie de 10 ha sera réalisé à Casablanca. Il permettra de desservir le port de la ville et ainsi mieux gérer les flux d’entrée et de sortie du port en privilégiant la prise de RDV. D’autres truck centers d’une superficie de 2 à 5 ha seront développés dans plusieurs endroits. A terme, chaque zone logistique devrait disposer d’un truck center dédié. C’est du moins l’ambition de l’AMDL. Pour rappel, plus de 1 000 ha ont été mobilisés pour les zones logistiques de Casablanca et plus de 1 700 ha ont été identifiés dans les régions de Tanger, Agadir, Fès, Meknès, Marrakech, Rabat, Kénitra et Dakhla.

Par ailleurs, le côté réglementaire ne sera pas omis de l’agenda de l’agence. Le ministère de l’équipement, du transport et de la logistique et l’AMDL se penchent sur l’élargissement du champ d’application de la prime à la casse aux poids lourds d’une capacité de plus de 8 tonnes. Elle était réservée aux camions d’une capacité de 3,5t.

La circulation des poids lourds pose, elle, encore des problèmes de congestion du trafic routier et de pollution dans les centres urbains. Très souvent, ils doivent pénétrer les villes ou les traverser. Pour alléger l’impact de leur activité, l’AMDL compte permettre aux camions de pénétrer la ville via des axes pratiques. Et ce, durant des créneaux horaires adaptés. Pour ce faire, il est impératif de revoir les règles de circulation de Casablanca. Les mesures seront prises en concertation avec les opérateurs. A noter que ces nouvelles règles permettront de surcroît à des camions plus lourds de pénétrer la ville en dehors des heures de pointe.

Enfin, le développement des zones logistiques poursuit son chemin. Suite à la livraison de la première tranche de la zone logistique de Zénata développée sur 28 ha par la SNTL, les travaux de la deuxième tranche de cette ZL devraient être lancés incessamment. Mais l’AMDL espère aussi trouver de nouveaux aménageurs. Après la création de l’aménageur public constitué de la SNTL, l’ONCF et de l’ANP, l’agence espère également impliquer les régions dans ce secteur. Par ailleurs, elle a entamé des négociations avec des groupes internationaux spécialisés dans l’immobilier logistique. Le marché marocain n’étant pas encore mature, ceux-ci n’envisagent d’investir que dans le moyen à long termes, c’est-à-dire dans les 5 à 10 ans à venir. En attendant, le marché de la logistique croît doucement mais sûrement. Il faudra surtout susciter la demande.