La logistique automobile en pleine expansion

La croissance moyenne de l’activité est de 15 à 20% par an. Les concessionnaires se désengagent de cette activité contraignante malgré un coût des prestations assez élevé.

L’externalisation de la logistique séduit les grandes entreprises, les multinationales mais aussi les concessionnaires automobiles. Si les premiers se déchargent de ce métier complexe pour des raisons de coûts et de qualité de service, les seconds y recourent obligatoirement pour au moins une activité, à savoir le transport maritime. Contrairement aux opérateurs logistiques classiques dont la croissance de l’activité est jugée moyen à cause de la réticence des entreprises, notamment de petite taille, à externaliser cette activité (qui leur impose plus de transparence), la logistique automobile progresse de 15 à 20% par an.  A titre d’exemple, Gefco, un opérateur de logistique automobile qui revendique la place de leader avec 70% de part de marché, offre les prestations de transport maritime et d’accomplissement des démarches administratives et douanières au niveau du port, le transfert au site de stockage sur camions porte-voitures, le stockage des véhicules sur le site, les opérations de préparation technique et esthétique et le transport aux succursales ou concessions. Il se partage le marché avec Marsa Maroc et l’opérateur turc Omsan.

La croissance du secteur est en ligne avec celle des ventes de véhicules qui s’élève à 25% en 2016 par rapport à celles de 2015. L’engouement des concessionnaires pour l’externalisation est lui aussi grandissant. Renault, numéro 1 des ventes automobiles au Maroc avec sa marque éponyme et Dacia,  confie à Gefco certains aspects de la logistique automobile de ses véhicules importés et fabriqués à l’usine Renault Tanger, notamment pour le transport routier et la livraison aux concessions. D’autres concessionnaires tels que Sopriam (importateur et distributeur des marques Peugeot et Citroen), CAC (distributeur des marques Volkswagen, Audi, Skoda, Porsche et Bentley) et Auto Nejma (Mercedes-Benz, Ssang-Yong et Mahindra) font également partie du portefeuille clients de l’opérateur français détenu à 25% par le constructeur automobile PSA.

Les importateurs de voitures de luxe sont particulièrement friands des prestations de logistique automobile.  Et pour cause, les services sont d’une qualité jugée irréprochable, d’autant plus que la marge engrangée leur permet de s’offrir les services d’un prestataire externe. Pour rappel, le lavage et la préparation technique du véhicule sont facturés au coût unitaire de 30 dirhams.  La préparation mécanique est au prix de 100 dirhams. D’autres importateurs de marques moins prestigieuses tels que Opel, Chevrolet et Kia ont, eux aussi, sauté le pas de la logistique automobile. 

Les raisons invoquées : trouver un équilibre entre les services obtenus et les coûts d’une gestion interne parfois embarrassante. A noter que les opérateurs de la logistique offrent également le service de stockage de véhicules grâce à des plateformes détenues en propre, à l’instar des deux détenues par Gefco de 10 ha chacune à Tit-Mellil et Médiouna (avec une capacité de stockage de 11 000 véhicules). Par contre, certains concessionnaires ont préféré maintenir un département de logistique interne. C’est le cas de Scama, distributeur de la marque Ford, qui a ses propres plateformes à Casablanca et Settat. Il faut dire que l’importateur garde 2 000 véhicules en stock à condition de vendre un millier de voitures/mois.  Outre le besoin limité, le coût de stockage est assez élevé pour la marque. Il est compris entre 100 et 150 dirhams/véhicule/mois. Certaines marques asiatiques, telles que Toyota, restent encore réticentes à recourir à pareils services. Les coûts des prestations externalisés pèseront de tout leur poids sur la marge bénéficiaire du concessionnaire qui doit maintenir des prix accessibles. D’autant plus qu’il doit supporter de droits de douane fixés à 17,5% du prix du véhicule. Dans tous les cas, l’activité de logistique automobile continuera de croître tant que les ventes de voitures poursuivent leur rythme haussier au Maroc. Au terme du premier trimestre 2017, au total 41837 véhicules ont été vendus. Ce qui représente 17,6% de croissance par rapport à la même période de l’année dernière.