Commande des autobus : le flou se dissipe à Casablanca !

Les 257 bus d’occasion importés d’Europe, bloqués au port de Casablanca, attendent l’aval de la Commission nationale des investissements. Les 700 nouveaux bus proviendront de Daimler Buses et Irizar Maroc. L’ensemble de la flotte, 400 bus d’occasion et 700 nouveaux bus, coûtera 1,1 milliard de dirhams.

Ce ne sont pas seulement les Casablancais qui se perdent entre les détails de la gestion du transport urbain par autobus, mais leurs élus aussi. Jeudi 6 février, au cours de la session ordinaire du Conseil de la ville, Abdelaziz El Omari, maire de Casablanca, a dû, encore une fois, revenir sur les détails de ce feuilleton rocambolesque. Il l’a fait en réponse à une requête provenant de la salle sur l’état d’avancement des deux contrats liant la ville et Alsa. Pour la première fois, les raisons derrière le retard accusé dans l’entrée en service des 275 autobus (sur 400), importés d’Europe et bloqués au port de Casablanca, sont révélées. Pour les bus à commander d’ici la fin d’année, la vision s’éclaircit. Des informations provenant des constructeurs automobiles Mercedes et Irizar Maroc confirment la commande agrégée de 700 bus. Ni l’Etablissement de coopération intercommunal (ECI) Al Baida, ni Alsa ne les ont encore confirmés. En tout cas, l’ensemble de la flotte (400 bus d’occasion et 700 nouveaux bus), coûtera 1,1 milliard de dirhams.

La balle est dans le camp de la CNI

Origine du quiproquo, plusieurs commandes d’autobus sont en cours maintenant, émises dans le cadre de deux contrats distincts, signés avec le même prestataire. La première commande concerne les 257 autobus d’occasion, importés d’Europe par Alsa et bloqués au niveau du port. Selon le maire de Casablanca, le déblocage de cette flotte dépend de la mise en place d’une convention d’investissement, que doit signer Alsa avec le gouvernement. «Conformément à la nouvelle réglementation des Centres régionaux d’investissements (CRI), il est primordial d’avoir l’aval de la Commission régionale d’investissement de Casablanca-Settat et l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI) afin que cette convention soit soumise à la Commission nationale des investissements (CNI), présidée par le chef du gouvernement», a précisé Abdelaziz El Omari. Laquelle de ces instances détient donc actuellement le dossier de cette convention ? Difficile de le savoir. En tout cas, si le président du Conseil de la ville a mis en avant la contribution de tous les départements publics, notamment l’Intérieur, la Douane et l’Equipement, ce dernier ayant approuvé l’importation d’autobus d’occasion, ne faut-il pas voir en cette multitude d’intervenants une cause, parmi d’autres, du retard accusé dans la mise en service de cette flotte ? En d’autres termes, cette multiplicité ne contribue-t-elle pas à alourdir les procédures et causer plus de retard ? Tout porte à croire que c’est le cas. Pour cause, les bus importés devaient être mis en service début janvier, chose qui n’est jamais arrivée. Maintenant, il reste encore l’opération d’équiper ces bus des systèmes billettiques qui devrait aussi occasionner des prolongations.

Quant à la commande, l’information, cette fois-ci, provient des constructeurs automobiles basés en Europe et au Maroc. Primo, la semaine passée, Alsa a commandé 500 bus pour le compte de l’Établissement de coopération intercommunale Al Baida. La commande, 420 bus Conecto solo et 80 bus articulés Conecto G. 150 Mercedes-Benz, a été faite auprès de Daimler Buses et sera livrée d’ici la fin d’année. Si cette information n’a pas encore été confirmée ni pas Alsa ni par l’ECI Al Baida, la commande des 200 bus neufs restants a été annoncée par le groupe Irizar. Selon Irizar Maroc, le groupe est «l’adjudicataire de la fourniture de 200 autobus destinés à Alsa Albaida pour le transport urbain dans la ville de Casablanca». Les autobus, du modèle Irizar i3le, seront fabriqués dans l’usine du constructeur située à Skhirat.

Alsa se charge de la commande des bus

Pour cette livraison, Irizar Maroc dit s’être «consolidée comme centre productif du groupe pour compléter la fabrication d’autobus afin de satisfaire cette demande». Tenant en compte la capacité de production annuelle d’Irizar Maroc (500 unités), cette commande aura un effet de locomotive sur la production dans les usines du groupe.

Pourquoi Alsa se charge de faire la commande des bus auprès des constructeurs ? Selon Abdelaziz El Omari, cela s’est fait en commun accord entre l’ECI Al Baida et le groupe espagnol. Cette étape a été franchie après que le problème du financement fût réglé. Pour le maire de Casablanca, «assurer le financement était le premier défi qui a nécessité une collaboration avec les institutions et les départements concernés, surtout le ministère des finances et le Conseil de la région de Casablanca-Settat», a-t-il souligné jeudi dernier. Au sein du Conseil de la ville, la convention devant servir à acquérir la quote-part de la ville (350 autobus neufs), d’ici début 2020, a été votée à l’unanimité par les élus, comme toutes les conventions relatives à ce dossier. Malgré cela, les questions incrédules des élus reviennent à chaque session du Conseil de la ville. Quelque part, ce n’est pas plus mal, car elles remédient au mutisme habituel de ce conseil. Mine de rien.