Transport & logistique : Transport maritime, éliminer le risque de disparition du pavillon national

Le pavillon national a depuis des années été menacé. Menace qui frappe surtout les compagnies maritimes en raison des difficultés financières dont elles souffrent. Les faillites des 2 compagnies, Comarit et  Comanav, restent les exemples les plus illustratifs de la méforme du secteur.

Pire encore, la flotte marocaine qui comptait, il y a une dizaine d’années, près de 70 navires, ne dispose même pas de 10 bateaux actuellement. Pourtant, le transport maritime reste le nerf de guerre de l’économie marocaine. Plus de 90% des échanges commerciaux du pays sont réalisés à travers ce créneau. D’où l’importance de la connectivité maritime du pays. D’ailleurs, le trafic global réalisé à travers les ports nationaux va crescendo. A fin novembre 2015, ils ont traité 101 millions de tonnes (transbordement et cabotage compris), un volume en hausse de 23% par rapport à la même période trois années auparavant.

Vu les différentes stratégies sectorielles de développement dans lesquelles s’est engagé le Maroc depuis plusieurs années, à savoir le Plan Maroc Vert, le Plan Halieutis, le Programme Emergence, la Vision 2020 du tourisme, pour ne citer que celles-ci, le déploiement du secteur du transport maritime est plus que jamais nécessaire, surtout qu’en face une stratégie portuaire bien ficelée et qui va bon train, concernant la mise à niveau et le développement des ports nationaux, prévoit que le volume du trafic global pointe à l’horizon 2030 à environ 350 millions de tonnes. Il est donc clair que ce volume d’affaires ne peut être atteint que si la stratégie portuaire déjà mise en place est accompagnée d’une stratégie visant la mise à niveau du transport maritime. Conscient de l’ensemble de ces enjeux, le ministère de l’équipement et des transports avait lancé une étude en 3 étapes. Il en est à sa 2e qui se rapporte à l’indentification des options stratégiques possibles de dynamisation du transport maritime, fret et passagers, et qui déboucherait par la suite sur le choix de l’option la plus appropriée. Cette phase est intervenue directement après la finalisation de la première qui, elle, consistait en l’élaboration d’un diagnostic de la situation du transport maritime marocain pour les deux segments importants du trafic maritime, tout en pointant du doigt les défis et les enjeux clés du secteur du transport maritime sous forme d’une analyse SWOT. Une fois que cette phase serait achevée, les équipes du ministère devraient s’atteler à rendre opérationnelle la stratégie retenue, en mettant en œuvre un plan d’action pragmatique.

Par ces actions, la tutelle ambitionne non seulement de faire renaître le pavillon marocain mais également rétablir la situation des ressources humaines. En effet, bien des difficultés existent au niveau du personnel navigant. Ainsi, l’objectif sous-jacent de cette stratégie serait d’embaucher au moins un tiers de marins actuellement au chômage, avant d’atteindre la moitié à moyen terme.

Que ce soit pour le transport des marchandises ou des passagers, cette stratégie pourrait pousser des compagnies maritimes marocaines à assurer la traversée du détroit pour les passagers, laquelle traversée est presque entièrement monopolisée par des opérateurs étrangers. Cela va sans dire qu’elle pourrait attirer des investisseurs étrangers à participer aux appels d’offres pour le lancement de nouvelles lignes maritimes. Notons que récemment, la compagnie de transport maritime allemande FRS a lancé une nouvelle desserte entre Mortil (Grenade) et le port de Tanger, concernant le transport de marchandises essentiellement… En tout cas, avec la mise en place de cette stratégie, l’espoir demeure que le risque de voir disparaître le pavillon national soit écarté.