Transport & logistique : Des stratégies accélérées pour une meilleure compétitivité économique

Le transport et la logistique est l’un des secteurs d’activité économique qui a fait le plus parler de lui pendant ces dernières années. Bien que les stratégies adoptées commencent légèrement à donner leurs fruits, dans certains sous-secteurs plus que d’autres, les autorités de tutelle déploient les moyens nécessaires afin d’adopter une vision claire et surtout faisable pour la mise à niveau de ces sous-secteurs.

Une chose est néanmoins sûre, le gouvernement mise sur la concertation entre les opérateurs pour parvenir à une solution qui tient compte des intérêts de toutes les parties. Ceci a eu pour corollaire de retarder la mise en application des réformes. Comme cela a été le cas pour le secteur du transport routier des personnes. En effet, après moult discussions avec les opérateurs, la volonté de substituer le système actuel basé sur l’octroi d’agréments à un système d’autorisation d’exploitation basé sur un cahier des charges et sur des appels d’offres, l’inscription à un registre spécial de transport…, le ministre de tutelle n’a malheureusement pas réussi à trouver un arrangement avec les transporteurs. Cela va de soi pour le transport des marchandises également. Toutefois, 5 textes d’application ont été élaborés concernant 5 sous-secteurs, à savoir le transport international routier, le transport de matières dangereuses, le transport de matières périssables, le transport portuaire et la messagerie. Ceci donne une lueur d’espoir sur la possibilité de voir les réformes de ce secteur engagées prochainement.

Le bât blesse également au niveau du transport maritime. Plusieurs problèmes menacent la disparition du pavillon national, surtout que les navires se font de plus en plus rares, en raison des difficultés financières dont ils pâtissent depuis plusieurs années (ex :Comarit et Comanav). Sachant qu’une stratégie portuaire a été d’ores et déjà mise en place, prévoyant le triplement du niveau du trafic global par rapport à ce qui est réalisé actuellement, il a paru plus que jamais urgent de déployer le secteur du transport maritime. C’est ainsi que le ministère s’est lancé dans une étude en 3 étapes dont l’objectif est de définir un plan d’action à même de dynamiser ce créneau.

Le transport aérien n’est pas en reste. Il est vrai que le trafic commercial est en amélioration continue d’année en année. Mais il n’empêche que le secteur souffre de certaines insuffisances liées, entre autres, à la saturation de la capacité d’accueil des aéroports et à la concurrence des compagnies étrangères et des compagnies low cost. En vue de combler ces lacunes, le ministre a également œuvré pour la mise en place d’une stratégie dédiée au transport aérien. Parmi ses objectifs, «Ajwae» vise à augmenter la capacité de gestion de l’espace aérien, à créer de l’emploi et, de facto, à renforcer le trafic.

Et c’est en développant ces  secteurs que le Maroc pourrait prétendre à une réelle compétitivité économique avec les pays voisins. Mais elle ne peut se matérialiser que si l’infrastructure routière et logistique y passe également. Dans ce cadre, l’offre logistique reste limitée et peu attractive en termes de coût. Pourtant, la demande de zones logistiques est manifestée par nombre d’opérateurs dans différents secteurs d’activité. Un problème qu’il fallait absolument résoudre et sur lequel l’AMDL (Agence marocaine de développement logistique) s’est penchée. Ainsi, plusieurs zones logistiques sont prévues au même titre que des plans logistiques dans certaines villes. De cette manière, le territoire national serait majoritairement couvert. Il est à souligner qu’en cette année, la 2e tranche de la zone logistique de Zénata serait achevée. De même, des appels à manifestation d’intérêt seraient lancés pour des projets d’aménagement de plate-formes logistiques dans d’autres régions du pays. Il faut noter aussi que le dernier conseil de l’AMDL, tenu le 19 janvier, a fait état d’une croissance annuelle moyenne du chiffre d’affaires du marché de la prestation logistique et du transport routier de 5,2% à 21 milliards de DH, entre 2010 et 2014. De même, les entreprises du secteur ont porté leurs investissements à 5,5 milliards de DH, en hausse d’environ 30% par rapport à la période 2005-2009. C’est dire l’importance du secteur.

Reste maintenant à accélérer la mise en place du contrat programme et d’une réglementation adéquate, définissant les droits et obligations de toutes les parties. De ce fait, l’agence assure la préparation en cours d’une feuille de route qui la lie à l’Etat, qui consistera à arrêter les objectifs à atteindre et les moyens institutionnels, organisationnels et financiers qui devraient être mobilisés afin d’assurer un portage convenable des différents chantiers.

In fine, de tous ces secteurs, c’est le transport routier qui pâtit le plus de l’anarchie et aussi bien les transporteurs que l’autorité de tutelle n’arrivent à voir le bout du tunnel.