Transport : le spectre de la grève plane de nouveau

L’appel au mouvement pour le 20 septembre émane finalement d’une seule association.
La Fédération du transport de la CGEM et d’autres associations professionnelles ont manifesté leur soutien à  l’entrée en vigueur du nouveau code.

A moins de 15 jours de l’entrée en vigueur de la loi 52-05 relative au nouveau code de la route, on pensait que toute menace de grève était écartée, dans la mesure où les professionnels, dans leur grande diversité, avaient fini par accepter la dernière mouture de ce texte. Mais voilà que cette menace de grève resurgit de nouveau avec, une fois de plus, le flou total sur les syndicats initiateurs de ce mouvement et leurs revendications.
En tout cas, du côté du ministère du transport et de l’équipement, les responsables de ce dossier se disent sereins puisque «la majorité des associations professionnelles organisées a exprimé son soutien pour ce texte qui est d’utilité publique». En plus des décrets d’application en cours de signature et des différents manuels de procédures déjà prêts (lire l’interview de Karim Ghellab en page 16), les commissions mixtes prévues par la loi devant statuer sur les accidents graves pour déterminer les responsabilités et composées de représentants des différentes administrations concernées, seront incessamment formées.
La Fédération du transport, affiliée à la CGEM, a diffusé, pour sa part, un communiqué où elle déclare soutenir l’entrée en application du nouveau code de la route. Idem pour la Fédération générale du transport sur route et dans les ports dont le secrétaire général Abderrahim Chennaoui, contacté par La Vie éco, affirme être contre toute forme de manifestation contre ce texte qui est à sa phase finale. Pour lui, «il faut arrêter de politiser les débats autour de cette loi».
 Du côté des taxis, aucun syndicat ni association ne s’est officiellement manifesté pour demander le report de l’application du nouveau code de la route. Au final, la seule association qui monte officiellement au créneau en ce moment, avec une menace de grève pour le 20 septembre courant, est l’Union des fédérations nationales des conducteurs et des professionnels du transport. Il s’agit d’une association qui, paradoxalement, regroupe à la fois et les chauffeurs et les patrons et qui revendique une représentativité, impossible à vérifier, auprès des camionneurs à petit tonnage.
Malgré cela, le mot grève fait peur d’autant plus que dans ce secteur atomisé et fortement dominé par l’informel, un mouvement même initié par un syndicat sans réelle représentativité peut être suivi spontanément par d’autres opérateurs bien qu’ils n’y soient pas affiliés. Cela s’est vu lors des précédentes grèves dans le transport. Mais la différence, cette fois-ci, est que le code a bel et bien fait l’objet d’une concertation puis adopté et publié au Bulletin officiel, et il est inconcevable que l’Etat fasse marche arrière, de surcroît à la veille de son entrée en vigueur.