Transport : la formation qualifiante initiale des conducteurs démarre le 7 septembre

L’OFPPT prévoit le lancement des sessions de formation progressivement jusqu’à  fin 2016. Hormis les formations obligatoires, rares sont les entreprises du secteur qui recourent à  des plans de formation qui leur sont propres.

Cette rentrée devrait marquer un nouveau tournant dans le cadre de l’application des dispositions du code de la route, précisément dans le volet consacré aux professionnels du transport. Après de longs mois d’attente et de polémique, la formation qualifiante initiale va enfin démarrer. Celle-ci concerne les nouveaux conducteurs ayant obtenu leurs permis après l’entrée en vigueur du nouveau code de la route. Le ministère en charge du transport et l’OFPPT viennent de finaliser la mise en place du dispositif permettant d’accueillir les chauffeurs concernés dans différents centres de l’office à partir du 7 septembre. Pour rappel, la tutelle et l’OFPPT avaient signé une convention dans ce sens en début d’année, mais celle-ci a pris du temps pour se concrétiser. Aujourd’hui, le ministère assure que «l’opération va démarrer progressivement à partir du 7 septembre pour s’étendre jusqu’à décembre 2016». Les inscriptions sont ouvertes dans plusieurs villes, notamment Casablanca, Tanger, Agadir et Taourirt. La seule condition imposée par les deux partenaires pour le démarrage de chaque session de formation est que le nombre d’inscrits dépasse les 16 candidats par session, un chiffre qui ne devrait vraisemblablement pas poser problème vu le nombre important de chauffeurs ciblés. En tout, les pouvoirs publics tablent sur 11 500 conducteurs de transport de marchandises et 4 500 conducteurs de transport de voyageurs titulaires du permis de conduire de la catégorie requise. Il reste maintenant juste à savoir si l’opération va se passer dans un climat plus serein que celui des autres formations obligatoires, notamment la formation continue pour le renouvellement des cartes professionnelles. Rappelons à ce titre que plusieurs professionnels du secteur avaient pointé du doigt par le passé l’éloignement des centres de formation qui poussait les conducteurs dans plusieurs régions à parcourir des centaines de kilomètres pour y assister. Vu le nombre de villes où le démarrage de la formation est annoncé, il n’est pas exclu que les mêmes critiques ressurgissent, sauf si la généralisation des centres où la formation sera dispensée se fait plus rapidement.

Une problématique de coûts

En attendant, il faut bien souligner qu’en dehors des obligations issues du code de la route, les entreprises de transport restent aujourd’hui encore très peu friandes de formation pour leurs chauffeurs. Ce constat s’est confirmé une nouvelle fois cette année, après la clôture fin juin dernier du délai fixé par le Groupement interprofessionnel d’aide au conseil (GIAC) du transport et de la logistique pour le dépôt des dossiers pour bénéficier du financement des actions de formation planifiées. Ce mécanisme permet, pour rappel, d’accompagner les transporteurs financièrement dans le cadre de leurs plans de formation. Selon des sources au sein du secteur, pour cette année, seules deux entreprises du transport de voyageurs ont déposé leur demande, à savoir CTM et Supratours. Dans le transport de marchandises, elles ne seraient que huit. Si cela devait témoigner d’une chose, c’est que dans ce secteur même les entreprises considérées comme «structurées» ne recourent pas à la formation de leurs chauffeurs. Du moins, pas à travers le mécanisme du GIAC. Cette situation est particulièrement problématique dans le contexte actuel où les pouvoirs publics tentent d’imposer la formation comme un des principaux outils pour lutter contre les accidents de la route.

Auprès du GIAC, on préfère relativiser. «Il faut savoir qu’en plus de l’accompagnement que peut offrir le GIAC, il existe d’autres mécanismes de formation auxquels recourent les transporteurs. C’est pourquoi il faut en tenir compte pour analyser le degré d’implication des transporteurs dans la formation», insiste Mohamed Karaouane, directeur du GIAC Translog. Cependant, à en croire les professionnels du secteur, bien que ces mécanismes existent, ils sont loin d’attirer les entreprises de transport, et ce, pour des raisons qui ne sont pas forcément liées à l’efficacité même des dispositifs. La première, certainement la plus importante, est liée à la libération des chauffeurs pendant la période de la formation. Pour beaucoup de transporteurs, cela représente un manque à gagner important puisque pour que le chauffeur assiste à la formation, il faut soit immobiliser le véhicule, soit trouver un remplaçant au chauffeur. Ceci induit donc un surcoût pour l’entreprise de transport qu’elle refuse de supporter, surtout dans un contexte où la profession se plaint déjà de la cherté de ses coûts. Par ailleurs, les formations obligatoires imposées par le nouveau code de la route, soit pour l’obtention de la carte professionnelle ou son renouvellement, font en sorte que l’entreprise doit déjà mobiliser les chauffeurs pendant les quelques jours que durent ces formations, de quoi la décourager de mettre en place un plan de formation qui mobilisera les chauffeurs pour une durée supplémentaire.