Transport international routier : 400 entreprises spécialisées et seulement 1 400 véhicules

Le secteur est très atomisé et manque de compétitivité. 80% du volume de marchandises transporté est réalisé avec l’Union européenne. Le trafic avec les autres pays du Maghreb est nul.

Le transport international routier (TIR) marocain ne pèse pas lourd. Il renferme cependant des capacités de développement intéressantes et de bonnes perspectives pour l’avenir, à condition d’adopter certaines mesures au niveau du tissu des entreprises du secteur ainsi que des mesures d’accompagnement que l’administration devrait mettre en œuvre. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude réalisée par le cabinet international «Advanced logistics Group» pour le compte du ministère du transport et de l’équipement qui veut arrêter une stratégie pour le secteur.
D’après cette étude, le TIR représente plus de 8% du trafic international global de marchandises au Maroc, 10% du transport routier, et occupe la 2e place après le transport maritime. Sa part dans les échanges de marchandises avec l’Union européenne est beaucoup plus importante. Elle est en moyenne de 20% (15% pour les importations et 33% pour les exportations), en raison de la proximité géographique, mais aussi «de la rapidité et de la flexibilité de ce mode transport», souligne l’étude. Il en ressort aussi que l’UE représente près de 80% des origines et des destinataires du TIR marocain. Le reste étant dispersé entre l’Europe de l’Est et certains pays de l’Afrique subsaharienne à travers la Mauritanie. Malgré un important potentiel, le trafic vers les autres pays du Maghreb, jusqu’en Egypte, est nul compte tenu de la fermeture des frontières avec l’Algérie, notamment. 
Malgré ce déséquilibre, le TIR marocain connaît depuis 2000 un taux de croissance annuel moyen du volume de marchandises de 7% jusqu’en 2008. Cette tendance s’est inversée en 2009 du fait de la crise. Le volume transporté avait reculé de 8% par rapport à l’année précédente. Entre ces deux années, le nombre de véhicules TIR entrant et sortant du Maroc est passé de 193 000 à 182 000, soit une diminution de 6%, alors que ces mouvements connaissaient un rythme de croissance moyen de 3,3% par an.
C’est le port de Tanger qui accapare le plus gros du trafic TIR avec 85% du volume en 2009, grâce à sa proximité avec Algesiras. Entre 2001 et 2009, Tanger a affiché un taux de croissance moyen de 10% par an, mais l’étude est muette sur les conséquences du transfert de cette activité vers Tanger Med en 2010.
Durant la même période, le port de Casablanca qui draine 10% du volume a connu un taux de croissance annuel de 5%, alors que Nador et Agadir représentent à eux deux 6% de l’activité.
Les principales marchandises transportées par le TIR à l’import sont les produits industriels (48%), les produits textiles (10%) et les produits de consommation courantes (8%). A l’export, les fruits et légumes constituent 70% du volume, le textile et confection 8%, et les produits de consommation périssables 5%.

Les entreprises individuelles dominent le secteur

Depuis la libéralisation du transport de marchandises en 2003, le secteur s’est développé, mais il reste encore beaucoup à faire. En 2009, on enregistrait  plus de 30 000 inscriptions au registre du commerce de transporteurs de marchandises pour le compte d’autrui et autant pour compte propre, plus de 70 000 véhicules, 131 commissionnaires et 15 loueurs de véhicules. 85% des entreprises n’ont qu’un ou deux véhicules et 88% sont des entreprises individuelles.
Dans le secteur, entre 300 et 400 entreprises seulement font du TIR, exploitant un parc qui ne dépasse pas les 1 400 véhicules, soit moins de 2% du parc global, et moins de 8% des véhicules sont de plus de 19 tonnes. On constate que la plupart des entreprises du TIR sont domiciliées à Casablanca, Tanger et Agadir pour le transport frigorifique.
D’après plusieurs estimations sur lesquelles les rédacteurs de l’étude disent s’être basés, «le taux de participation des entreprises marocaines dans le TIR oscillerait entre 20% et 35% de l’ensemble du transport international routier à partir ou à destination du Maroc». D’autres pays comme la Turquie ou la Roumanie ont un secteur du TIR plus développé avec de grandes entreprises.
L’étude s’est attelée aussi à souligner la corrélation qui existe entre la croissance du PIB et celle du TIR. Il en ressort que depuis 2004 le PIB a connu une croissance annuelle moyenne de 5 %, alors que celle du TIR a enregistré 1 ou 2 points de plus, soit 6 à 7%.
En se basant sur les prévisions de croissance de l’économie marocaine, avancées par le FMI jusqu’en 2015, le TIR devrait totaliser 5,9 millions de tonnes en 2015 et 7,8 millions en 2020.