Transition énergétique : Maillon central des stratégies de relance post-pandémie !

Le secteur de l’énergie est stratégique pour le développement socioéconomique et la sécurité énergétique du pays. La transition énergétique a le double objectif d’avantager la production locale et le transport des personnes et des marchandises avec une faible empreinte carbone.

L’intérêt porté par le Royaume à la question de la transition énergétique ne date pas d’hier. Le Maroc a accumulé une expérience de plusieurs années en la matière et se positionne en tant que pays avant-gardiste en matière d’énergies de sources renouvelables. Cette orientation a été une fois de plus confortée par la création, au sein du nouveau gouvernement, d’un département dont les prérogatives sont dédiées à ce grand chantier, de plus en plus prioritaire pour la majorité des économies à travers le monde. Le ministère a été confié à une experte internationale en la matière, en l’occurrence Dr Leila Benali, qui a affirmé récemment l’ambition du Maroc de se positionner comme une base industrielle sobre en carbone. Selon Rachid Idrissi Kaitouni, président de la Fédération de l’énergie, cette 15e Conférence de l’énergie coïncide avec la célébration du 20e anniversaire de la Fédération. «Vingt années d’existence, de travail soutenu, de coopération et d’écoute d’un secteur en perpétuel progrès. Notre fédération est et reste toujours un acteur engagé dans toutes les actions qui participent à l’essor positif du secteur de l’énergie. Un secteur important et stratégique pour le développement socioéconomique et la sécurité énergétique de notre pays», estime le président de la Fédération de l’énergie. Le thème retenu pour cette 15e Conférence de l’énergie est celui de “la transition énergétique” qui, selon M. Idrissi Kaitouni, n’est pas un luxe pour un pays comme le Maroc, mais plutôt un impératif urgent. Certes, le Maroc a tiré bénéfice de ses choix stratégiques. Il est et reste une destination phare des Investissements directs étrangers (IDE) dans la région. Ses équilibres macroéconomiques sont solides et ses choix ont été concluants dans certains secteurs comme l’automobile ou l’aéronautique.

Selon le management de la Fédération de l’énergie, organisateur de l’événement, pour que le Royaume garde son attractivité, il lui faut monter en gamme en intégrant, précisément, les technologies, les services et surtout les impératifs de durabilité. Le Maroc, désireux de se positionner parmi les leaders en Afrique et dans le monde en matière de lutte contre le changement climatique, s’investit activement dans le développement durable. Notre pays ambitionne d’être depuis une dizaine d’années à l’avant-garde de la transition énergétique. Ainsi, sous l’impulsion de S.M. le Roi, le Maroc s’est fixé en 2009 l’objectif de porter la part des énergies renouvelables, dans la puissance électrique installée, à 42% en 2020 et 52% en 2030. Selon le président de la Fédération de l’énergie, la pandémie a révélé plus que jamais la nécessité absolue de remettre en cause une mondialisation aveugle. «Une mondialisation qui prônait l’interdépendance basée uniquement sur l’optimisation des coûts de production et le rendement des capitaux, et ce, au détriment de principes oubliés tels que la sécurité d’approvisionnement, la souveraineté des nations et la préservation de la planète. C’est ainsi que la transition énergétique est maintenant au centre des stratégies de la relance post-Covid pour répondre à la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique», explique M.Idrissi Kaitouni.

En effet, la transition énergétique a le double objectif d’avantager la production locale et le transport des personnes et des marchandises avec une faible empreinte carbone. Dans ce contexte, il nous incombe aujourd’hui de faire le bilan de l’action menée depuis 2009 et de participer à l’élaboration d’une stratégie renouvelée pour accélérer la transition énergétique. «Nous devons tenir compte de la nouvelle dynamique au niveau international et des évolutions technologiques et comportementales développées depuis, telles que la mobilité électrique ; l’utilisation de l’hydrogène vert comme vecteur de l’énergie ; le recours au gaz naturel, voir au nucléaire comme combustibles nécessaires pour la réussite de la transition énergétique et l’atteinte des objectifs de lutte contre le réchauffement climatique», estime-t-on auprès de la Fédération de l’énergie.

Le Maroc est souvent cité en exemple dans les instances internationales, de par son expérience et ses réalisations dans le domaine des énergies renouvelables. Son savoir-faire est recherché par plusieurs pays désireux d’exploiter leur potentiel d’énergie renouvelable pour généraliser l’accès à l’énergie sur leur territoire. Il est important pour notre pays de garder, voir améliorer son positionnement dans ce domaine au niveau international et de prolonger son action au continent africain dans le cadre la coopération Sud-Sud. En partageant son expérience et en développant des partenariats public-privé, notre pays peut investir dans ce domaine et participer au développement de ce secteur sur notre continent.

Selon les organisateurs, le Maroc poursuivra sa dynamique de coopération régionale et continentale, tout en maintenant son engagement ferme pour un modèle de développement solidaire, inclusif et protecteur de l’environnement. Preuve en est la proclamation, le 4 mars, de la ville de Rabat capitale de la coopération Sud-Sud, par le Forum du dialogue parlementaire des sénats et conseils équivalents d’Afrique, du Monde Arabe, d’Amérique Latine et des Caraïbes. Le monde d’après la crise s’organisera en grande partie par la relance de l’investissement dans les produits et les services à impact environnemental et social positif. La sortie de la crise sanitaire actuelle sera sans doute moins douloureuse pour les pays en développement qui sauront se positionner sur les métiers et les technologies de la durabilité.

Beaucoup de pays développés ont compris que la résilience de leur économie passe désormais par une relocalisation de la chaîne de valeur industrielle. Des opportunités de relocalisation de la chaîne d’approvisionnement en Afrique devraient voir le jour et le Maroc pourra y jouer un rôle majeur, et ce, grâce à son positionnement géographique et aux avantages compétitifs dont il jouit, comme le souligne le rapport du Nouveau modèle de développement. C’est pour ces raisons que notre pays attire de plus en plus les investisseurs et les bailleurs de fonds internationaux pour développer des partenariats tripartites ou faire du Maroc un Hub de production et d’exportation vers l’Afrique. Ceci est déjà observé de manière manifeste dans les énergies renouvelables, l’automobile, l’industrie chimique et l’agroalimentaire. «Autre élément et non des moindres est celui que constitue la Zone de libre-échange continentale africaine qui devrait améliorer la compétitivité de l’industrie marocaine», estime le président de la Fédération de l’énergie. Bon nombre de matières premières ou de produits semi- finis pourront être importés au Maroc sans droits de douane et être transformés sur notre territoire avant d’être exportés en produits finis vers d’autres pays. Par ailleurs, l’abondance des énergies renouvelables positionnera notre pays comme destination de transformation privilégiée pour des industries énergivores cherchant à se décarboner. Ces industries sont en quête de compétitivité économique et d’énergie verte permettant d’éviter les taxes carbones imposées dans les pays développés.