Transformation écologique et sociale : la Fondation Heinrich Böll s’attelle à la création d’un réseau africain

La rencontre a donné lieu à l’élaboration de cinq projets concrets par les participants issus de six pays d’Afrique. Ils concernent les ressources naturelles, l’agriculture, l’énergie, le développement urbain et la gestion des déchets. Le montant du financement alloué est de 70 000 euros par an.

La Fondation Heinrich Böll-Afrique du Nord-Rabat a organisé, du 7 au 9 novembre à Rabat, une conférence-atelier, sur le thème : «La transformation écologique et sociale au Maroc et à l’échelle de l’Afrique». L’évènement a pour objectif de créer un «réseau africain d’acteurs engagés», intéressés par un travail en commun sur «l’élaboration de réponses socialement justes aux défis du changement climatique». Concrètement, il s’agit d’offrir à des acteurs politiques, de la société civile, des artistes, ainsi que des experts, issus de six pays africains, l’opportunité de se rencontrer pour échanger leurs points de vue et travailler ensemble sur des questions en rapport avec les transformations liées au changement climatique.

Selon Soufyane Fares, project manager au département Ecologie de la Fondation Heinrich Böll, «notre objectif est de donner l’espace pour un échange pluraliste, afin d’identifier les différents acteurs qui pourraient être intéressés à travailler sur la question». Et d’expliquer : «Par la suite, nous interviendrons pour ramener de l’expertise, accompagner ces différents acteurs et renforcer leurs capacités».

L’exécution des projets débutera en mars et se poursuivra jusqu’en 2020

Lors de la conférence-atelier, des études sur les changements climatiques et sociaux dans les six pays d’Afrique des participants, à savoir le Maroc, la Tunisie, le Nigeria, le Kenya, le Sénégal et l’Afrique du Sud, ainsi que trois réalisations artistiques sur des thématiques marocaines (deux films documentaires et une exposition photo), ont été présentées. L’évènement a également été marqué par une présentation sur l’approche genre ; la prise en compte de cette approche étant indispensable dans les stratégies d’adaptation au changement climatique, ainsi que pour une «transition réussie vers une société inclusive et juste». De même que des workshops ont été organisés, au sujet de l’identification des défis relatifs aux changements climatiques et à la transformation sociale en Afrique, de la vision des participants et aussi des solutions qu’ils proposent pour faire face à ces défis. C’est ainsi que cinq groupes de travail rassemblant chacun une dizaine de participants en provenance des différents pays et horizons (société civile, élus locaux, président de commune, artistes, représentants de coopératives, etc.) ont été mis en place autour de cinq thématiques que sont les ressources naturelles, l’agriculture, l’énergie, le développement urbain et la gestion des déchets.

Ces workshops ont donné lieu à l’élaboration de cinq projets concrets présentés par les participants. La version finale de ces projets sera publiée en février 2018 sur une plateforme en ligne qui sera créée et spécialement dédiée à cet effet. La phase d’exécution débutera dès mars et se poursuivra jusqu’en 2020. Le montant annuel alloué par la fondation pour accompagner et réaliser les différents projets développés est de 70000 euros par an. A la fin de 2019, une «grande conférence de clôture» sera organisée, avec pour objectif d’approcher les décideurs politiques marocains, africains et européens et de leur proposer, sur la base des travaux réalisés, des solutions realtives à la problématique de la transformation écologique et sociale.

Le Maroc est l’un des pays les plus affectés au monde par le changement climatique. Les coûts de la dégradation de l’environnement y représentent annuellement 3,52% du PIB. Des phénomènes tels que la sécheresse, les températures élevées, la pénurie ou la rareté de l’eau, les tempêtes de sable, le surpâturage et la désertification compromettent les moyens de subsistance de millions de personnes. C’est ainsi que le changement climatique a provoqué des processus de transformation sociale, tels que la diminution du nombre de petites exploitations agricoles, l’exode rural vers les centres urbains, une perte de la solidarité communautaire et familiale, une pression accrue sur les infrastructures urbaines, sociales et physiques, etc. La conséquence est une inégalité croissante des revenus, aussi bien entre les catégories sociales qu’entre les différentes régions.