Tramway de Casablanca : la ville cherche foncier désespérément

Le Conseil de la ville devrait faire profiter Casa Transport d’un terrain communal à  Hantate pour les besoins des lignes L3 et L5. La maintenance de la ligne L2 devrait être assurée par le centre actuel de Sidi Moumen.

Le projet d’extension du réseau du tramway casablancais serait-il menacé ? En tout cas, les autorités de la ville et le maître d’ouvrage qu’est Casa Transport devront trouver le moyen de contourner une problématique de taille qui menace la concrétisation du projet: la disponibilité du foncier où seront édifiés des centres de maintenance pour les nouvelles lignes. La pratique voudrait que chaque ligne de tramway soit connectée à un centre de maintenance. Or, différentes études menées récemment par Casa Transport font état de la rareté des terrains dans le Grand Casablanca, et particulièrement à proximité des itinéraires prévus pour les cinq prochaines lignes. Le même constat a été déjà fait lorsque le projet du métro aérien était d’actualité.

Plusieurs pistes ont été explorées sans qu’elles ne soient vraiment convaincantes. Il s’agit du terrain dit Afriquia, celui abritant l’ancienne décharge de Casablanca et les terrains abritant des jardins publics le long du bd. Driss El Harti. Ces trois terrains répondaient certes aux exigences de proximité des tracés des lignes, mais présentent des lacunes impossibles à surmonter. Pour le terrain Afriquia, il a par exemple été intégré dans un vaste projet de création d’une zone d’activités, ce qui le rend désormais indisponible. Quant à la décharge, elle nécessite des aménagements assez coûteux vu qu’il faut creuser jusqu’à 20 m pour trouver le sol convenable et qu’il faut enlever plus de 50 millions de tonnes de déchets. Pour ce qui est des terrains abritant les jardins publics, il est difficile de les mobiliser pour un centre de maintenance, surtout dans une ville en grand manque d’espaces verts.

Possibilité de mutualiser les équipements

Des solutions devraient toutefois être prochainement proposées par le Conseil de la ville. Il s’agit, dans un premier temps, de mobiliser l’actuel centre de maintenance de Sidi Moumen pour la ligne (L2) allant du boulevard Anoual à Ain Sebaâ, en passant par El Fida. Cette option est favorisée par deux constats importants. Le premier est que l’itinéraire de cette ligne a des points de croisement avec la ligne (L1), ce qui serait idéal pour que les rames puissent rejoindre le centre de maintenance sans devoir leur créer des couloirs ferrés dédiés. Le deuxième est que le centre de maintenance de Sidi Moumen a été, dès sa construction, dimensionné de manière à pouvoir accueillir 49 rames, soit les besoins de la ligne actuellement en service (37 rames) et ceux de la deuxième.

Ensuite, le Conseil de la ville plaide pour la mobilisation d’un terrain dont il est propriétaire à Hantate (à Sidi Othmane). Cet espace permettrait d’installer un centre de maintenance couvrant deux autres lignes en même temps. «Le terrain est situé à proximité des deux lignes et est assez large pour abriter un seul centre pour les deux», explique-t-on auprès du Conseil de la ville. L’idée est donc de créer un seul centre permettant de mutualiser les divers équipements nécessaires, comme c’est le cas du centre de Sidi Moumen. En outre, le fait que le terrain soit la propriété de la commune devrait faciliter sa mise à la disposition de Casa Transport. Ce transfert de propriété devrait même être soumis au vote des élus lors de la prochaine session du Conseil de la ville prévu ce mois. Dès lors le problème du centre de maintenance des lignes L3 (Avenue du 10 Mars- Oulad Ziane- centre-ville) et L5 (Zone industrielle Moulay Rachid- Driss Harti- Bd Mohammed VI- centre-ville- Mosquée HassanII) sera résolu.

Reste alors les centres couvrant les trois autres lignes ainsi que les deux dessertes des pôles urbains de Rahma et Lahraouiyyine qui les compléteront. Etant entendu que la desserte Lahraouiyyine se situe dans la continuité de l’axe Oulad Ziane-Avenue du 10 Mars (L3), le centre de Hantate devrait donc logiquement servir pour l’activité de maintenance relative à cette desserte. La desserte de Rahma devrait pour sa part être intégrée au centre de maintenance de la ligne L4 couvrant l’axe boulevard Mohammed VI-Ain Chock- Sidi Maârouf. Le Conseil de la ville n’a pas encore de solution à proposer à ce niveau, les recherches se poursuivent actuellement pour trouver un terrain communal assez grand pour abriter le centre. Il n’est cependant pas exclu à ce niveau le recours au rachat ou à l’expropriation de terrains si les recherches s’avèrent infructueuses.