Trafic aérien : le nombre de passagers a baissé de 3.6% en 2012

Baisse des vols réguliers, quasi-disparition des charters et désintérêt des compagnies low-cost. Toutes les grandes destinations sont touchées. Les dessertes aériennes ont fortement chuté durant les saisons d’été et d’hiver.

La question du déséquilibre entre l’offre aérienne et la capacité hôtelière au Maroc continue d’être un casse-tête pour les professionnels du tourisme et pour le ministère de tutelle. Le constat est en effet peu réjouissant. On assiste à une chute des rotations sur les pôles touristiques du Royaume caractérisée par une baisse des vols réguliers, une quasi-disparition des charters et un désintérêt des compagnies à bas prix dont certaines ont tout simplement supprimé une partie des dessertes sur le Maroc.

Cette situation est lisible à travers les statistiques du trafic aérien. En 2012, le trafic à destination du Maroc a baissé de 3,61% par rapport à 2011. Cette déprime touche tous les aéroports du pays, à l’exception de trois aéroports secondaires de province qui ne pèsent pas vraiment dans la balance. On constate ainsi que le trafic commercial au niveau du hub de Casablanca a reculé de 1,4%, s’établissant à 7,2 millions de passagers au lieu de 7,3 millions une année auparavant. La première destination touristique du pays, Marrakech, a vu aussi son trafic baisser de 1,7% sur la période, soit 3,37 millions au lieu de 3,43 millions. Pour Agadir, la baisse a été de 8,66%, à 1,38 million de passagers. Les aéroports des autres villes touristiques accusent des baisses remarquables de leur trafic, à savoir -17,40% pour Fès, -7,33% pour Tanger, -11,91% pour Oujda qui alimente la station Saïdia et -22,48% pour Ouarzazate dont le tourisme continue de s’enfoncer. Cette baisse de la fréquentation ne peut être isolée de l’évolution de l’activité touristique. Durant la saison d’été 2012, les dessertes aériennes ont chuté de 22% par rapport à celle de 2011 et de 16% durant la saison d’hiver 2012.

Pour mieux apprécier la dégradation de la situation ces dernières années, il faut remonter à 2009, année où la crise a commencé à se faire sentir au niveau des nuitées hôtelières.

La petite hausse de 2011 totalement effacée

On constate, en effet, que malgré une progression du trafic global de 4%, à 13,35 millions de passagers, des destinations comme Marrakech et Agadir avaient commencé à accuser le coup. Le trafic vers la ville ocre était en baisse de 3,8%, à 2,98 millions de passagers. Agadir était en quasi-stagnation (-0,6%). Durant la même année, Tanger a vu le nombre de passagers qui ont transité par son aéroport se réduire de 46,1%, à 12 197 contre 22 641. Quant à Fès, elle a bien résisté en affichant une hausse de 28,89%, profitant des vols point à point de compagnies low-cost qui n’avaient pas encore déserté la destination. On notera aussi qu’en 2009, Casablanca a amélioré légèrement le niveau de son trafic de 2,3%, atteignant 6,39 millions de passagers grâce aux vols réguliers qui avaient affiché une progression de 3,1% en nombre de passagers, alors que les non-réguliers avaient transporté 8,4% en moins.

Il faut rappeler que les autorités marocaines avaient énergiquement réagi face à cette crise, en mettant sur pied une task force et en débloquant un budget supplémentaire pour des actions de promotion du secteur étalées sur toute l’année dans les marchés émetteurs.

Le résultat ne s’était pas fait attendre car, somme toute, l’année 2010 fut plutôt satisfaisante. Le trafic global était en hausse de 15,51% : 15,36 millions de passagers avaient été accueillis dans les aéroports contre 13,35 millions une année auparavant. Cette progression avait été possible grâce aux vols réguliers qui ont enregistré une hausse de 16,7% en nombre de passagers, et à une certaine maîtrise de la baisse des vols non réguliers maintenue à -3,4%. Les retombées de l’effort se sont fait sentir sur les principales destinations nationales dont le hub de Casablanca qui avait vu son nombre de passagers croître de 13,3% atteignant 7, 24 millions de passagers. Marrakech avait pu ainsi réaliser une bonne performance en recevant 3,43 millions de voyageurs (+14,9%), dont 3,056 millions en vols réguliers (+16,5%) et 370 795 en vols non réguliers (+3,5%). A Agadir la progression était de 12,1%, soit 1, 62 million passagers, dont 1,17 millions en vols réguliers ou point à points (+24,6%) et 451 905 en vols non réguliers (-11,1%). Des villes comme Fès et Tanger avaient aussi résisté en 2010 avec pour l’une une progression de son trafic global de 40% et pour l’autre de 17,3%.

Mais le secteur du tourisme étant très sensible aux problèmes de sécurité, les événements dans la région du Maghreb et du Moyen-Orient, l’attentat terroriste de Marrakech du 28 avril pour ce qui concerne précisément le Maroc, lui ont porté un coup dur dont il ne s’est pas encore relevé entièrement. L’illustration est que le secteur fait du surplace et subit les orientations stratégiques des compagnies. En 2011, le trafic aérien du pays n’a progressé que de 2%, consécutivement à la hausse de 3,5% des vols réguliers et une baisse de 19,6% du trafic non réguliers.