Tout le monde veut sa piscine : un millier sont installées chaque année

Le Maroc compte 22 000 piscines chez les particuliers
Le secteur enregistre une progressionà deux chiffres
80 % des piscines installées sont de type artisanal.

Chacun veut sa piscine ! Avec le boom que connaît actuellement le secteur de l’habitat, le nombre de projets proposant des résidences de villas ne se compte plus et il serait encore plus important, n’était la rareté du foncier urbain. Pour les spécialistes de la piscine (fabricants et installateurs), le Maroc est un nouvel eldorado. Pratiquement pour chaque nouvelle villa il y a une piscine à installer. Si l’on ajoute à cela les projet touristiques, on comprend que, depuis près de quatre ans, l’activité enregistre une croissance à deux chiffres. L’année dernière, la hausse du chiffre d’affaires du secteur a été de 13 %. «L’essor que connaît actuellement le secteur de l’immobilier au Maroc est accompagné par une nouvelle mentalité.

Les Marocains privilégient de plus en plus le jardin et l’espace ouvert, et penchent davantage vers l’installation d’une piscine à domicile», explique Richard Vidal, directeur général de Waterair Maroc, un des leaders européens de la piscine familiale en kit, depuis plus de 30 ans. «Les habitudes de consommation ont changé. A plus d’un titre, la piscine à domicile se révèle un investissement plus raisonnable que l’achat d’une maison secondaire», souligne pour sa part Zouhaïr Metougui, directeur général de Badecom, entreprise casablancaise d’installation de piscines et systèmes aquatiques.

Le fabricant de piscines Piscine Desjoyaux a connu durant le premier trimestre de l’exercice 2006/2007 une hausse de 13,6% de son chiffre d’affaires consolidé, et ce en grande partie grâce aux grands contrats qu’il a décrochés au Maroc. «Nous sommes spécialistes des grands contrats au Maroc» , précise, non sans fierté, Hilal Salmani, directeur commercial d’Aquademar, filiale de Desjoyaux au Maroc.
Deux modèles : l’artisanal en béton et le moderne en kit
Actuellement, la filiale marocaine construit quelque 350 piscines pour le compte d’un projet de 350 villas de très haut standing à Marrakech. L’entreprise a également été choisie pour équiper 180 villas de luxe à Casablanca en plus d’une centaine de piscines à Tanger. Sur ce marché, deux types de piscines se font concurrence. La première dite artisanale est construite en béton. Ses délais de réalisation sont relativement longs (deux mois en moyenne) et son coût élevé. «Pour les piscines artisanales, la fourchette de prix va de 100 000 à 300 000 DH en moyenne, selon la superficie», souligne Hicham Filali, directeur général d’AB Hydro Maroc, société plus particulièrement active dans les régions de Marrakech et Ouarzazate.

Ce premier segment couvre près de 80 % de l’activité à l’heure actuelle.
Le second type de piscine est importé en kit et demeure l’apanage de grands groupes internationaux, au nombre de quatre : Desjoyaux, Waterair, RPI et Magiline. «Il y a moins de cinq années, ce segment représentait à peine 4 % de la totalité du secteur. Sa part est montée très rapidement et devrait à terme représenter le gros du marché», souligne M. Vidal. Les prix sont moins élevés que ceux des piscines artisanales. Pour une piscine de 30 à 40 m2, il faut débourser entre 90 000 et 150 000 DH. «Pour un propriétaire qui a construit sa villa à 3 ou 4 MDH, s’offrir une piscine pour une centaine de milliers de dirhams est tout à fait dans ses moyens», fait remarquer Hilal Salmani, directeur commercial d’Aquademar.

Le DG de Waterair pousse la réflexion plus loin. «Beaucoup de propriétaires raisonnent également en termes de placement. S’équiper en piscine équivaut à quelques centaines de milliers de dirhams supplémentaires sur la valeur de son bien immobilier», ajoute-t-il.

Autorisation de construire pour les piscines en béton
L’autorisation de construire, pourtant obligatoire, est très rarement sollicitée. Au total, ce sont près d’un millier de piscines qui sont installées chaque année au Maroc pour un parc estimé à 22 000, selon les professionnels. «Il n’existe cependant pas de statistiques officielles sur le secteur parce que les propriétaires déclarent rarement leur piscine», explique M. Vidal. En effet, le boom que connaît le secteur des piscines n’occulte pas le vide juridique qui caractérise le secteur. En effet, aucun texte de loi n’encadre l’installation des piscines dans des lieux de résidence privés.

La seule obligation pour s’équiper d’une piscine est de présenter une autorisation de construire délivrée par les services de l’Agence urbaine, à moins que les plans d’origine de la propriété ne comportent initialement une piscine. Mais ces autorisations sont très rarement demandées. Concernant les piscines en kit, leur installation ne nécessite pas l’obtention d’une autorisation puisqu’il n’y a pas de grand ouvrage bétonné.

Le vide réglementaire touche aussi le volet sécurité. «Au Maroc, il n’existe aucune loi imposant des normes de sécurité», expliquent des professionnels. L’exemple français est d’ailleurs cité par ces derniers. Dans l’Hexagone, la loi impose que chaque piscine soit équipée soit de barrière soit de système d’alarme assurant essentiellement la sécurité des enfants en bas âge.

Il est vrai que les autorités de ce pays ont décidé d’être plus fermes à la suite d’accidents mortels dont ont été victimes des enfants. «Si, pour le moment, rien n’est encore fait dans le sens de la normalisation de la sécurité des piscines au Maroc, le développement du secteur imposera sûrement l’instauration et l’obligation de respect de ces mesures», conclut Richard Vidal.

Coût
De 90 000 à 300 000 DH
Entre les 5 000 DH, prix de vente en grande surface des petites piscines à aménager seul chez soi, et les 700 000 DH, budget moyen pour une piscine d’hôtel, les amoureux du farniente au
bord d’un bassin d’eau miroitante n’ont que l’embarras du choix. Cependant, installer une piscine en bonne et due forme nécessite un budget de 90 000 à 300 000 DH.

Une piscine moyenne vous coûtera près de 150 000 DH. Un bon conseil, choisissez les piscines en kit, moins chères, plus faciles à installer et ne nécessitant pas d’autorisation n