Tout le monde se met à  la LLD ! 26 000 véhicules en circulation

Les véhicules utilitaires légers constituent la moitié du parc. Les multinationales et les grandes entreprises privées et publiques sont les principaux clients. Le luxe, 5% de l’offre, représente 30% du chiffre d’affaires de certaines sociétés.

Contrairement au segment de la location courte durée, durement touché par la crise économique puisqu’il est intimement lié au tourisme, aux activités des hommes d’affaires et des Marocains résidant à l’étranger, la location de véhicules longue durée (LLD) a le vent en poupe. La forte tendance observée ces dernières années chez les entreprises pour l’externalisation de leur parc automobile n’a pas été stoppée par la conjoncture économique difficile de ces derniers temps. A fin octobre, les véhicules loués par les entreprises totalisent 26 000 unités, en progression de 8% par rapport à la même période de l’année dernière. Pour avoir une idée sur l’ampleur de la progression, il faut cependant remonter à 2008, année au cours de laquelle le parc loué ne totalisait que 15 000 véhicules. Le secteur a donc crû de plus de 70% en trois ans.

La location de 4 000 véhicules annulée par l’Administration !

De fait, la performance de 8%, en 2011, qui contraste avec celles à deux chiffres enregistrées en 2009 et 2010, s’explique par les mesures d’austérité dans le secteur public et notamment la circulaire du chef du gouvernement invitant les ministères à limiter au strict nécessaire les renouvellements de véhicules de fonction. Résultat : les appels d’offres émanant du secteur public ont été considérablement réduits. «Il y a eu beaucoup d’annulations de marchés et de retours sur pré-engagement», se désole Michel Benisty, président de l’Association nationale des loueurs longue durée (Analog).
Les répercussions ont été sérieuses sur les sociétés de LLD. Mais «le choc a été amorti», souligne M. Benisty, grâce à la dynamique enregistrée au sein des entreprises privées. En atteste cet appel d’offres lancé par Maroc Telecom pour le renouvellement, selon l’association des loueurs, de 1 200 véhicules sur un parc de 1 500. A cela s’ajoute le développement de la location longue durée auprès des PME, chose qui était rare il y a encore peu.
Notons que les véhicules utilitaires légers (VUL) représentent 50% du parc de LLD, suivis des 4×4 et véhicules assimilés. Les voitures de luxe ne constituent que 5%, bien que leur participation dans le chiffre d’affaires du secteur soit beaucoup plus importante. Elle peut atteindre 30% pour certains grands groupes de la location.

Les pratiques peu transparentes tendent à disparaître

Il faut dire que l’activité LLD est relativement jeune au Maroc. Elle s’est développée au début des années 90 grâce à de petits loueurs avant qu’elle ne soit reprise par les grands groupes de renommée internationale, lorsque les multinationales s’implantaient de plus en plus au Maroc. Le processus de modernisation et de mondialisation de l’économie marocaine durant la fin des années 1990 et le début des années 2000 lui a donné une dynamique sans précédent. Avec une nouvelle approche de gestion, ces entités internationales championnes en matière de réduction des coûts vont imposer un nouveau mode d’exploitation du parc automobile. Elles vont externaliser toutes les activités qui ne rentrent pas dans leurs métiers de base. Lydec, Redal par la suite, Coca Cola, Procter & Gamble… ont été les premiers à introduire ce nouveau système dans les pratiques de gestion au moment où les entreprises à capitaux marocains, elles, optaient pour des achats en leasing.
Les entreprises publiques et offices ont ainsi été les premiers à emboîter le pas aux multinationales et à recourir à la location longue durée. «Cela a permis de mettre fin à la lourdeur de la gestion du parc automobile et de se concentrer sur leurs métiers de base», indique le président de l’Analog. Deux faits intervenus au début des années 2000 vont accélérer le développement du secteur : la décision de l’ancien Premier ministre, Abderrahmane Youssoufi, de se débarrasser des parcs automobiles du gouvernement et le démantèlement de l’Office national du transport (ONT). Par la suite, et à partir de 2004/2005, ce sont les grands groupes qui s’y sont mis avant que les PME ne font de même. Il faut dire que si le coût de la location est plus onéreux que celui du crédit, il comprend également les frais d’entretien usuel du véhicule et une prise en charge négociable des frais de réparation découlant des accidents de circulation.
Le marché potentiel a donc été élargi, mais les opérateurs n’en ont pas totalement profité. Car, en même temps, une rude concurrence s’est engagée entre les opérateurs. A tel point que le marché a été gagné par une baisse des prix jugée excessive, frôlant le dumping. Mais, selon M. Benisty, «cela relève désormais du passé puisque, après une période où les opérateurs cherchaient à faire les volumes au détriment de la qualité, on a accédé à la phase de la maturité où la vérité des prix commence à s’installer et où la priorité est accordée au niveau de service».