Offensive de l’ONMT dans les marchés émetteurs à fort potentiel

Après l’Allemagne, la délégation de l’ONMT rencontre les professionnels du tourisme britannique à Londres, capitale du Royaume-Uni. Des hôteliers, des directeurs de CRT et des agences réceptives étaient présents pour échanger avec les Britanniques et trouver des pistes d’amélioration. L’objectif de l’ONMT est de passer de 683 000 touristes en 2018 à 1 million en 2022.

L’ONMT (Office national marocain du tourisme) a organisé jeudi 28 novembre à Londres, capitale du Royaume-Uni, le sommet du tourisme marocain. Cette rencontre organisée entre les professionnels du tourisme marocains et leur homologues britanniques arrive une semaine après celle de Dusseldorf, Cologne, Hanovre et Munich pour la promotion du marché allemand (troisième en termes d’arrivées et de nuitées). Cette rencontre d’échange a connu la présence de plusieurs personnalités du tourisme marocain, en l’occurrence Abdellatif Kabbaj, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), et Lahcen Zelmat, président de la FNIH, ainsi que les présidents des CRT, Hassan Bargach de Rabat ; Rachid Dahmaz du CRT d’Agadir; Younes Laraqui de Béni Mellal, Aziz Lebbar de Fès, Redwane Khanne Rastan d’Essaouira et Takhchi Mohammed de Drâa-Tafilalet qui ont tous répondu favorablement à l’invitation de Adel El Fakir, DG de l’ONMT. Avec Jamal Kilito, fraîchement nommé délégué de l’ONMT pour le Royaume-Uni et l’Irlande, l’office veut améliorer la performance du marché britannique qui connaît déjà une embellie. Selon l’Observatoire du tourisme, le nombre d’arrivées de touristes britanniques a atteint 683 382 en 2018, soit 4% de croissance en comparaison avec celle de l’année 2017. Ce qui le place en quatrième position respectivement après le marché français, espagnol et allemand et lui confère une part de 6% du total des marchés. En termes de nuitées dans les établissements classés, les touristes anglais ont passé 2 millions de nuitées dans les établissements classés (soit une évolution de 6%). La moyenne de séjour est d’environ 3 nuitées par touriste. Celui-ci représente le deuxième marché en termes de nuitées après le marché français. Pour les professionnels, le marché britannique constitue, avec le marché allemand, des pays émetteurs d’avenir pour le tourisme national. Pour Adel El Fakir, l’objectif est d’atteindre un million de touristes en 2022 (avec un doublement du taux de croissance actuel). Les plus grands challenges demeurent le marketing, la présence dans les canaux digitaux et la promotion.

Plus de liaisons aériennes reliant le Royaume-Uni à Tanger

Cette opération commando public-privé a pour but d’impliquer les professionnels dans la promotion et la stratégie à adopter pour mieux dynamiser les arrivées d’un marché britannique porteur. «C’est une première ! L’idée émane de M. El Fakir et l’initiative est excellente, d’autant plus que l’audience présente est de qualité. Il faut dupliquer cette initiative sur tous les marchés», déclare Taoufik Madih, directeur général de l’agence ALM Business & Luxury travel et président de l’Association régionale des agences de voyages de Marrakech-Safi. Une cinquantaine d’opérateurs britanniques étaient présents dont les plus importants sont “On the beach”, “We love holidays”, “Teletex”, “Easyjet Hollidays” et “Expedia”. Pour Aziz Lebbar, propriétaire du groupe Zalagh Hotels, l’évènement est très productif et facilite le contact direct avec les professionnels britanniques afin d’échanger et d’améliorer l’offre de la destination Maroc. Avec un goût prononcé pour le soleil et la mer, les Britanniques préfèrent séjourner, en majorité, à Marrakech et Agadir. En matière de connectivité aérienne, le marché anglais est bien desservi avec au moins 97 vols/semaine reliant le Royaume -Uni et l’Irlande aux différentes villes marocaines. Si Marrakech dispose de la part du lion avec 51 fréquences par semaine (17 vers Agadir, 15 vers Casablanca, Essaouira 2, Fès 4, Rabat 5), Tanger, jadis colonisée par les Anglais, est bien moins bien lotie avec seulement 3 vols par semaine la reliant à Londres à travers la compagnie Air Arabia.

Par ailleurs, Easyjet, Ryanair et British Airways sont les compagnies qui desservent le plus le marché anglais. «Royal Air Maroc avait annulé un vol reliant Tanger à Londres à cause du manque de rentabilité», déclare un professionnel.

Pour assurer une meilleure programmation des vols, il propose une collaboration effective entre professionnels, agences et autorités. Pour qu’un vol soit rentable, le taux de remplissage doit être situé entre 50 et 60%. Le représentant d’Air Arabia à Londres a promis d’étoffer la présence de la compagnie dans l’axe Royaume-Uni/Maroc. Au delà de la connectivité aérienne et de la promotion, ce sont des améliorations en termes de qualité de service dans certains établissements hôteliers, de prestations de guides et de restauration ainsi qu’une meilleure réactivité des hôteliers quant aux demandes adressées aux professionnels marocains, qui furent les principales recommandations des TO et agents de voyages britanniques pour assurer une croissance pérenne des arrivées en provenance de ce marché-là.

Questions à Lahcen Zelmat, Président de la FNIH (Fédération nationale de l’industrie hôtelière)
Questions à Lahcen Zelmat, Président de la FNIH (Fédération nationale de l’industrie hôtelière)