Lixus Beach & Golf Resort : la station en attente de promotion

La bretelle d’autoroute tant attendue sera ouverte en été. L’hôtel de 253 chambres réalise 30% de taux d’occupation en hiver et affiche complet l’été. Pour accompagner le développement de la station en stand by, Larache a besoin d’une mise à niveau urbaine et d’attractions touristiques.

Située à proximité de la ville historique de Lixus (fondée en 1100 Av. J.-C. par les Phéniciens) ouverte désormais au public, la station Lixus Beach Resort est composée d’un hôtel de 253 chambres, d’un golf de 18 trous links (qui donne sur la mer), d’un club house et de 70 villas finis abandonnés. L’aménageur développeur Alliances qui devait réaliser à terme 7926 lits s’est retiré. L’hôtel (dont les murs appartiennent à SGTM) est commercialisé au même titre que le Golf par Atlantic Management Hotel (entreprise gérée par Othmane Chérif Alami) en contrat de location-gérance. L’hôtel s’est lancé le défi de rester ouvert toute l’année. «Nous ouvrons désormais toute l’année à pleine capacité l’été et 100 chambres pendant l’hiver. Le taux d’occupation atteint 30% pendant la basse saison et jusqu’à 100% pendant la saison estivale qui débute en juin et s’achève le 15 septembre», déclare Hamza Bouaffia, directeur général du Lixus Beach Resort. L’hôtel adopte une formule mixte ; all inclusive dédiée à la clientèle des TO internationaux, B&B, demi-pension et pension complète. «La clientèle slovaque arrive à l’hôtel via un vol charter opéré par Air Arabia qui atterrit à l’aéroport de Tanger. Nous avons également signé avec deux TO, un tchèque et un portugais. Néanmoins, la concrétisation de ces opérations bute sur la non-disponibilité et la cherté de l’aérien», dévoile M. Bouaffia qui déplore le manque de promotion de l’ONMT et d’accompagnement du ministère du tourisme pour la promotion de Lixus Beach Resort.

60% de la clientèle de la station est nationale

Pour Rkia Alaoui, directrice du CRT Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Larache fait partie des 8 provinces qui composent la région avec des produits touristiques complémentaires qui jouissent tous d’opérations de promotion.
«Dans notre plan d’action, toutes les régions sont concernées par la promotion. Larache fait partie des destinations qu’on présente lors de nos actions de promotion dans les salons internationaux…, suivant le produit auquel elle appartient, qu’il soit balnéaire, culturel, golfique ou d’arrière-pays. Le rôle du CRT est de présenter les outils de promotion de la région en mettant en avant tous ces produits», explique Mme Alaoui. Au niveau national, Lixus semble séduire la clientèle marocaine. Elle constitue, d’après le DG de l’hôtel, 60% de la clientèle totale et bénéficie de prix situés entre 800 DH/chambre en all inclusive en basse saison et 1 500 à 2500 DH en haute saison (selon la formule souhaitée). Pour le management, l’hôtel est difficilement rentable. Mais, cet été, la station Lixus sera plus accessible grâce à une bretelle d’autoroute qui reliera la station en 20 minutes. Si la deuxième phase (golf 9 trous et un deuxième hôtel) est toujours en attente, un projet immobilier sur un terrain de 14 ha sera réalisé par Thomas & Piron (ex-aménageur de la station). Il construira entre 200 et 400 appartements avec vue sur mer vendus à partir de 600 000 DH.

Larache attend toujours sa mise à niveau

Située à 14 km de la station, Larache demeure une petite ville qui vit de la pêche, de la production et de l’exportation des fruits rouges, de la contrebande (en perte de vitesse après la fermeture du passage frontalier de Bab Sebta). Un plan de développement de Larache annoncé en 2013 prévoyait la création de 39 projets de développement dans la ville pour 2,5 MMDH, de 19 projets à Ksar El Kébir pour 815 MDH et de 11 projets dans le milieu rural pour 1,4 MMDH. Il devait toucher l’ensemble des secteurs de l’économie locale tels que l’agroalimentaire, la pêche et le tourisme, sans omettre la qualification urbaine des villes de Larache et Ksar El Kébir et au désenclavement du monde rural.

«Ce projet est malheureusement bloqué depuis 7 ans, à cause des conflits entre élus de différents partis politiques dans l’attente d’une solution ou d’une intervention au plus haut niveau de l’Etat», déclare une source de la ville. Pour l’instant, cette ville conservatrice vit à un rythme lent et paisible, perturbé l’été par les nombreux estivants qui louent maisons et appartements pour profiter des plages de l’Atlantique nord et de ses environs. Outre ces projets futurs, inculquer la culture du tourisme et de l’hôtellerie à Larache est primordiale pour le développement du secteur dans la région. «Le développement de la formation touristique à travers la création d’une école d’hôtellerie et de tourisme à Larache est nécessaire pour inculquer la fibre touristique aux jeunes de la région», déclare M. Bouaffia.

Le séjour organisé du 14 au 16 février par Othmane Chérif Alami au Lixus Beach & Golf Resort a réuni plus de 200 membres du Rotary Club Mers Sultan Casablanca et Inner Whell (section femmes) et leurs familles. L’objectif est de réaliser une opération caritative dans la ville de Larache. Mohamed Raihani, président du Rotary Casablanca Mers Sultan, Abdelhak Mekouar, de la Fondation Rotary, Noureddine Hafsi, gouverneur du district 9010, et Said Nejjar, gouverneur district, étaient présents. L’association Raqada El Jadida pour le développement et la communication à Larache, qui accueille en son sein une école primaire et un espace préscolaire, a reçu des livres et des dictionnaires pour la bibliothèque ainsi que des friandises pour les enfants. L’accueil impressionnant des élèves de l’école et de leurs familles en chansons accompagnées de chorégraphies a ému les convives. La scolarisation des enfants reste primordiale pour les parents de situation modeste qui vivent essentiellement de la pêche. Rotary aide également à la reconstruction d’écoles et a déjà réalisé un espace préscolaire dans un bidonville de Casablanca. Cette action est un exemple parmi tant d’autres où la société civile peut se mobiliser afin d’aider les plus démunis dans des actions durables.