Dakhla-oued Eddahab : La région gagne en prestige

Une lagune de 25 km, un climat doux toute l’année, des dunes de sable fin et des sites balnéaires de toute beauté… La région a tout pour plaire.

Destination de tourisme sportif par excellence, notamment pour les sports de glisse, kitesurf et wind surf, la «Région Dakhla-Oued Eddahab» devient petit à petit une destination balnéaire classique, mais n’est assimilable à aucune autre. «Il n’y a pas de concurrente à Dakhla. Nous avons du vent, un climat sec et des plages à couper le souffle. Les conditions sont propices pour nager toute l’année», déclare Omar Ben El Kahla, directeur de l’hôtel club Dakhla Attitude et l’écolodge Dakhla WestPoint. Forte de ses atouts, la région a réalisé en 2016 exactement 97699 nuitées, en hausse de 22% par rapport à 2015. Les étrangers sont à l’origine de 71% de ces nuitées enregistrées sur la base de 22 708 arrivées, en progression de 12% par rapport à l’année précédente.
La destination se porte aussi à merveille grâce notamment aux évènements phares organisés dans la région tels que le Championnat du monde de kitesurf, le raid «La Sahraouiya» organisé en avril, le Forum Crans Montana qui en est à sa troisième édition cette année… Dakhla-Oued Eddahab qui représente 20% de la superficie totale du Royaume et 57% du Sahara marocain a raison de miser sur le balnéaire. Mais la belle région a encore des trésors non encore dévoilés. Sa situation géographique comme porte du Maroc sur les pays d’Afrique subsaharienne, la proximité des Iles Canaries, le patrimoine socioculturel et historique favorisent une multitude d’opportunités de développement. En termes de ressources naturelles, la région se caractérise par des plages d’une grande beauté, d’excellente qualité et de vastes plateaux désertiques. L’une des plus importantes caractéristiques touristiques de Dakhla reste sa lagune de 25 km de longueur. Délimitée par des falaises bordées de sable blanc, elle fait de cette destination un lieu particulièrement attractif pour les amateurs d’éco-tourisme.
Considérée comme produit de niche (nature, aventure et sport), la région Dakhla-Oued Eddahab reçoit une attention particulière de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) qui, en tant que partenaire depuis plusieurs années du Championnat du monde de kitesurf, organise à chaque édition des voyages de presse internationaux pour la couverture de l’événement et la mise en valeur du potentiel touristique de la région.
Pour promouvoir la région, l’office prévoit en plus d’organiser, dans le cadre de son plan d’action 2017, des éductours et des voyages de prescripteurs internationaux vers Dakhla. Le premier, destiné aux bloggeurs, est programmé au début du mois de mai avec le tour-opérateur danois Selected Tours. «En tout cas, la destination est mise en avant depuis 2016 pendant les principaux salons à l’étranger, en l’occurrence au Fitur de Madrid, à l’ITB Berlin, au WTM Londres et au Connect Aviation Ajaccio», déclare une source de l’ONMT. Sur le volet communication, l’ONMT a réalisé des capsules témoignages appelées «Une vie, un pays» diffusés sur la chaîne de télévision française M6 entre octobre et décembre 2016 dont deux sont consacrées à Dakhla. La campagne radio, presse et digital destinée au marché français pendant le 1er semestre 2017 met en avant la région. Dans ce cadre, la campagne radio RTL qui a débuté le 6 mars diffuse 3 messages hebdomadaires glorifiant les atouts de Dakhla. Faire connaître la région Dakhla-Oued Eddahab et ses potentialités revêt son importance. Encore faut-il mieux la connecter aux marchés cibles.
La région veut plus de connections aériennes

La région aurait pu être plus fréquentée si elle était bien desservie par les compagnies aériennes. La liaison quotidienne opérée par Royal Air Maroc entre Casablanca et Dakhla, avec une escale deux fois par semaine a à Agadir, est insuffisante (voir page 36). L’idée du ministère de l’équipement, du transport et de la logistique est de faire de Dakhla un hub aérien pour l’Afrique.
En attendant, la destination souhaite mieux accueillir ses touristes. L’infrastructure touristique est appelée à une mise à niveau certaine. La capacité litière classée de la région est estimée pour le moment à 1000 lits. Les arrivées sont partagées entre les hommes d’affaires, la clientèle de passage, notamment vers le Mali ou le Sénégal, et les touristes classiques. Sahara Regency, un hôtel de ville, reçoit les 2 premières catégories de visiteurs. Il revendique un taux d’occupation moyen annuel de 40%. Pour leur part, les hôtels clubs situés dans la lagune, tel que Dakhla Attitude, accueillent énormément de touristes en haute saison (en mars, avril, mai et octobre) où ils atteignent un taux d’occupation moyen de 80%. Ce type d’hébergement est en plein boom. Une dizaine de projets d’hôtels clubs, dont la majorité se trouve au bout de la lagune à PK25, sont en chantier ou ont déjà reçu l’autorisation de construire.
En tout cas, la demande est grandissante pour la région, notamment de la part des touristes locaux et pour des évènements d’envergure internationale. Lors du Forum Crans Montana (16-21 mars 2017), Dakhla Attitude a hébergé des personnalités, notamment des chefs d’Etat, des ministres et des présidents de Parlements. «Nous avons pu hausser le niveau et le service d’hébergement dans la région. Au delà des touristes sportifs, nous arrivons à attirer dorénavant des visiteurs, et non des moindres, qui cherchent calme et sérénité pour se relaxer», déclare M. Ben El Kahla.
A l’évidence, la côte de la région est en train de monter. Par conséquent, la mise à niveau de l’infrastructure touristique devient un impératif. C’est la raison pour laquelle le ministère du tourisme a consacré la région Dakhla-Oued Eddahab comme territoire à part entière «Grand Sud Atlantique».
Huit grands projets pour augmenter l’attractivité de la région

En somme, 22 projets de développement touristique étaient prévus dans le cadre de la Vision 2020 de développement du tourisme. Cette vision ayant accusé du retard en termes d’application, la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) a initié, en 2014, le programme de développement intégré du tourisme rural et de nature en mettant l’accent sur les territoires Atlas et Vallées et Grand Sud Atlantique. Le contrat programme de développement des provinces du Sud avait été présenté à SM. Mohammed VI le 7 novembre 2015 à Laâyoune. «Huit projets planifiés dans le programme de développement intégré du tourisme rural et de nature de Dakhla ont été repris par la vision royale», déclare la même source. Il s’agit de la réalisation de deux stations thermales, de la conversion de l’ancien port militaire de la ville en port de plaisance, de la création de structures d’hébergement pour seniors, d’une unité d’aménagement touristique comprenant un espace viabilisé destiné à l’hébergement, à la restauration et à l’animation, de structures d’hébergement écologique à Aousserd et enfin de bivouacs écologiques de luxe. «La convention spécifique sera signée courant 2017 par les partenaires régionaux, Conseils régionaux, communaux et provinciaux. Une visite des responsables de la SMIT à Dakhla est programmée pour activer le processus», annonce Daif Allah Endour, délégué provincial du tourisme de la ville. La région Dakhla-Oued Eddahab aura dès lors l’infrastructure nécessaire pour accueillir les flux des touristes, toutes catégories confondues, espérés dans les prochaines années.