City break : Marrakech et Casablanca jouent des coudes

Une capacité hôtelière significative, une bonne connexion aérienne avec les capitales européennes, une bonne accessibilité par voie terrestre ainsi qu’une offre culturelle, de loisirs et d’animation sont les critères pour attirer des touristes pour un court séjour. Marrakech tire pour le moment son épingle du jeu grâce à son attractivité pour les nationaux et les étrangers. Casablanca souhaite la détrôner après la fin de certains chantiers en cours en fin 2019.

Quelle est la destination City break marocaine par excellence? S’agit-il de Tanger, Marrakech, Rabat, Casablanca ou encore Fès ? Pour qu’une destination ait le potentiel de City break, il faut qu’elle soit très bien desservie par les compagnies aériennes, qu’elle ait une capacité hôtelière suffisante pour garantir une disponibilité des chambres durant les week-ends à des prix bas et une offre culturelle, de loisirs et d’animation.

Aujourd’hui, la ville qui bénéficie le mieux de la clientèle de City break, notamment nationale, demeure Marrakech. «Le City break est le positionnement naturel de Marrakech. C’est une escapade régulière pour les Casablancais, les Rbatis et les voyageurs internationaux depuis l’open sky et l’arrivée de compagnies low cost, d’autant plus qu’elle offre un dépaysement unique et authentique. Mais le challenge de Marrakech est de pouvoir attirer plus d’évènements corporate et organiser des salons afin de dynamiser l’activité hôtelière pendant la semaine», déclare Hamid Bentahar, président du CRT de Marrakech-Safi.

Casablanca développe le tourisme de loisirs

Disposant de la première capacité hôtelière du pays avec 65 000 lits, d’une accessibilité par train et par autoroute en 2h30 depuis Casablanca et d’un aéroport doté d’une capacité de 9 millions de passagers et plus de 630 vols/semaine, les hôteliers de la ville ocre affichent des taux d’occupation élevés le week-end. Contrairement à Marrakech, la capitale économique est la première ville de tourisme d’affaires, de shopping, médical et de croisières. Ce qui lui confère un taux de remplissage de presque 90% en semaine. Par contre, ce taux chute à 40% le week-end.
«Casablanca est la destination City Break. Ce positionnement de la ville a été instauré depuis 2006/2007», rappelle Said Mouhid, président du CRT de Casablanca-Settat. Et de poursuivre : «L’une des caractéristiques les plus importantes du City break reste l’accessibilité et la densité des vols entre jeudi soir/vendredi matin et dimanche soir. Avec une vingtaine de vols vers Paris, entre 4 et 5 vers Madrid, 2 vers Londres et 3 vers Istanbul, la destination est très bien desservie. Ajouté à cela la disponibilité des chambres durant les week-ends à prix bas». A l’en croire, «Casablanca dispose d’une capacité de plus de 22 000 lits avec une moyenne de 1500 à 2000 lits supplémentaires chaque année», et offrons un dépaysement urbain avec l’animation, la “night Life”, l’architecture, la gastronomie et la richesse culturelle de la Médina. «Aujourd’hui, le tourisme intérieur représente 25% de la clientèle de Casablanca. Elle est surtout intéressée par le shopping facilité par nos quatre malls. Encore faut-il faire prolonger le séjour des touristes d’affaires et leur famille pour rester jusqu’au week-end», précise M. Mouhid, indiquant que les Français demeurent la première clientèle étrangère de la ville, suivis des Allemands, des Américains, des Anglais, des pays du Golfe, de l’Espagne, de la Chine et enfin des ressortissants d’Afrique de l’Ouest.
Casablanca veut renforcer son offre de loisirs avec l’inauguration imminente du Grand Théâtre, du Zoo Ain Sebaa et du parc de la Ligue Arabe. En somme, 26 chantiers structurants sont ouverts dans la ville. «D’autres ouvertures sont prévues telles que le Centre d’interprétation du patrimoine à la Médina, le Musée de la Résistance, l’église Buenaventura et la synagogue réhabilitées à la Médina…, sans compter le nouveau palais des congrès et les projets de Wissal Capital», ajoute M. Mouhid. Le positionnement de City break demeure intéressant pour les grandes villes et les moyennes.
Tanger, restée cantonnée à sa vocation estivale et balnéaire, est devenue une destination de City break nationale.

Rabat et Tanger veulent leur part du gâteau

Ce positionnement s’est affirmé après l’arrivée d’Al Boraq (train LGV reliant Casablanca à Tanger). «Avec l’arrivée d’Al Boraq, la problématique du projet a été réglée. Pour les Casablancais, par exemple, la durée du trajet Casa-Tanger est plus courte que celle vers Marrakech. Par conséquent, Tanger accapare des parts de marché additionnelles du tourisme national. Tanger a accueilli 131 970 touristes marocains au cours des 4 premiers mois de l’année. Soit une augmentation de près de 30000 touristes par rapport à la même période en 2018. Cette courbe positive sera renforcée davantage avec l’offre spéciale été de l’ONCF qui prévoit le déploiement d’un train Al Boraq à chaque heure. Soit 30 trains quotidiens dans les deux sens», confie Rkia Alaoui, présidente du CRT de Tanger-Tétouan. Le CRT de la région compte créer en partenariat avec l’ONCF et les professionnels de Tanger des packages pour mieux capter les touristes et augmenter les taux d’occupation et des durées de séjour.
La ville du détroit est aussi une destination City break pour les touristes arrivant du Sud de l’Espagne par voie maritime. Afin de renforcer le positionnement de destination City break pour d’autres marchés internationaux, il est nécessaire de se doter de liaisons aériennes plus denses, permettant un aller-retour d’une durée de séjour ne dépassant pas 5 jours, explique, en substance, Mme Alaoui.
Pour sa part, Rabat, la capitale administrative du pays, souhaite également bénéficier de ce créneau. Faisant encore partie du circuit des villes impériales, sa durée moyenne de séjour est de 1,9 jour. «Notre objectif est de positionner Rabat en tant que destination City break à l’horizon 2021. Et ce, grâce à une capacité litière actuelle de 6969 lits qui doublera d’ici 2 ans avec l’ouverture de grandes enseignes tels que le Ritz Carlton, le Mariott, le Fairmont… sans omettre de petits hôtels urbains, des maisons d’hôtes, des gites ruraux. L’aéroport de Rabat – Salé peut accueillir 1,5 million de passagers et enregistre 68 rotations hebdomadaires. A l’horizon 2021, sa capacité atteindra 4 millions de passagers. Dès lors, nous aspirons à l’ouverture de nouvelles lignes avec les capitales européennes, notamment en France, en Espagne, en Belgique, en Italie et en Angleterre pour une durée moyenne de séjour de 2 à 3 jours», détaille Nadia Benslimane, directrice générale du CRT de Rabat- Salé. En somme, toutes les destinations locales affûtent leurs armes ou diversifient leurs offres pour séduire le maximum de visiteurs, locaux et étrangers.