Casablanca-Settat : Une région touristique ?

La région Casablanca Settat est dotée de 235 Km de littoral balnéaire à valoriser. Les acteurs appellent à l’implication du secteur privé. La mise en place d’un palais des congrès à Casablanca est primordiale, mais aussi toute l’offre touristique qui tourne autour.

Le potentiel du secteur touristique de la Région Casablanca-Settat n’est plus à prouver. Le plus important est de rendre ce tourisme responsable, inclusif et qui profite à tous, surtout que le post-Covid requiert un changement de paradigmes, en ligne avec l’évolution des exigences des touristes. Améliorer l’attractivité touristique de la région, que ce soit pour le tourisme balnéaire et rural national que le tourisme d’affaires international est le mot d’ordre du forum interactif du tourisme de cette région, tenu mardi dernier.

Selon Said Ahmidouch, wali de la région Casablanca-Settat «les moyens sont disponibles de Oualidia jusqu’à Bouznika. L’arrière-pays et le tourisme rural sont à développer, aux côtés de l’offre sur l’ensemble des barrages qui s’étendent sur la région». Il faut dire que le secteur reste stratégique pour accompagner le développement économique régional avec des effets multiplicateurs sur le volet social, culturel et environnemental.

La région Casablanca-Settat, est dotée de plusieurs atouts dont 235 Km de littoral balnéaire à valoriser. La métropole économique est aussi la première destination de tourisme d’affaires du pays, captant 60% des touristes d’affaires du pays. «Dans le SRAT (Schéma régional d’aménagement du territoire, 5 espaces de projets ont été déterminés dont un est dédié au développement touristique et à l’ouverture vers l’international, en cohérence avec les politiques territoriales et les spécificités de chaque territoire de la région», souligne Asmae Belkeziz, vice-présidente du Conseil de la Région Casablanca-Settat.

Ainsi, des vocations touristiques ont été établies autour du tourisme balnéaire et le sport pour El Jadida; les affaires, la pêche sportive, le balnéaire, le sport et la santé pour le Grand Casablanca ; le tourisme vert et écologique pour Benslimane et le tourisme rural et le sport pour Berrechid. De plus, «la région a élaboré un diagnostic territorial autour de 7 barrages (Massira, Imfout, Daoura, Sidi Maachou, Oued El Maleh, Hassar et Tamesna) pour le développement du tourisme rural dans la région, au profit des populations rurales afin de drainer des investissements publics et privés sur ces sites», ajoute Mme Belkeziz. De même, le plan de développement régional (PDR) devra intégrer l’ensemble des éléments qui permettent le développement de la région, en particulier le tourisme.

Si, dans la région, Casablanca représente une destination de shopping, d’art, de cuisines, de loisirs, elle devra cependant s’appuyer sur un autre type de tourisme de nature. «Ce type de tourisme dit complémentaire est en train de se développer dans certaines zones comme Benslimane. Sur la côte balnéaire, les 235 Km de littoral doivent être renforcés par la création de Beach clubs, restaurants et de bases nautiques, qui ne représentent pas des investissements capitalistiques», ajoute de son côté Imad Berrakad, directeur de la SMIT (Société marocaine d’ingénierie touristique, assurant, en outre, que la SMIT reste impliquée dans les projets de la région, en matière d’ingénierie et de promotion des investissements.

D’ailleurs, le développement des investissements touristiques dans toute la région doit porter sur plusieurs volets dont l’arrière-pays, l’aéroport de Benslimane, la LGV Casablanca-Marrakech, le grand théâtre de Casablanca et les musées, ainsi que les 22 hôtels en construction, en même temps que les parcs et les loisirs. L’un des points de développement les plus importants évoqués lors de ce forum est la nécessité de mettre en place un palais des congrès et des expositions, ou encore un palais des festivals, en vue de dynamiser le Corporate Group et remplir ainsi les hôtels de Casablanca durant la semaine. Selon Reda Faceh, VP en charge du développement North West Africa du groupe Accord, «créer un palais des congrès nécessite le développement de toute une offre touristique pour les clients.

D’où l’intérêt de développer un autre segment qui est l’individuel loisirs». Au final, pour rendre Casablanca plus attractive et augmenter le taux d’occupation, M.Faceh met l’accent sur 2 points essentiels, à côté du travail important dans les infrastructures, à savoir la création de l’activité et ce, à travers l’implication des investisseurs privés, et la mise à leur disposition les bonnes conditions et les moyens nécessaires pour les attirer à miser sur le secteur.

CRUI : 32% des projets d’investissements concernent les classements touristiques

La Commission Régionale Unifiée de l’Investissement a accordé un avis favorable en faveur de 155 projets d’investissement, portant sur la création de 12 000 emplois et mobilisant un budget de 11 milliards de DH. «Une part de 32% de ces projets a été approuvée et a concerné les classements touristiques techniques et provisoires», signale Salma Bennis, directrice impulsion économique et offre territoriale au CRI CS. De plus, 90% des investissement touchent l’hébergement et la restauration et 62% d’entre eux sont axés sur Casablanca et 19% sur El Jadida.