Tourisme : un plan de relance pour le marché français

Des opérations de promotion sont programmées dans les divers bassins émetteurs. Le rang de Marrakech et Agadir sera consolidé, et des efforts seront entrepris pour des destinations moins fréquentées. Le plan de communication pour 2014 sera axé sur la consolidation de l’image de stabilité institutionnelle de la destination.

Le marché français préoccupe beaucoup les responsables du tourisme national. C’est normal, car il s’agit du premier émetteur de touristes pour le Maroc -autour de 3,3 millions par an-, qui plus est en repli depuis 2008. Dans une étude faite à l’occasion de la préparation du Top Resa 2013, l’Office national marocain du tourisme (ONMT) a bien constaté que la situation de ce marché n’est pas réjouissante. En 2012, les départs en vacances des Français ont reculé de 0,8% par rapport à 2011, et de 3% par rapport à la moyenne des années 2005 à 2009. Le nombre de voyages à l’étranger s’est établi à 22 millions, en baisse de 3%. Sont concernés aussi bien les forfaits (-6,3%) que le hors forfaits (-7,6%). Les nuitées en hébergement payant à l’étranger ont diminué de 6,6% en 2012 par rapport à 2011, à 70 millions. Corrélativement, les dépenses ont fléchi de 3,7%, à 23,7 milliards d’euros.

Malgré tout, le Maroc reste une destination importante pour les Français avec une part de marché (hors MRE) de 5%, juste après l’Espagne (12%) et l’Italie (8%) et devant la Tunisie, l’Allemagne et les USA qui ont chacun 4%. Plus encourageant, la part de marché du Maroc hors MRE a progressé plus vite, entre 2007 et 2010, que celles de ses concurrents que sont, entre autres, la Turquie, l’Egypte, la Tunisie et la Grèce.

Le prix du transport et le climat sont déterminants dans le choix du touriste français

Ce marché français est en pleine mutation mais certaines caractéristiques resteront inchangées. On apprend ainsi que, dans les dix prochaines années, le prix, notamment celui du transport aérien, restera déterminant, et le climat demeurera en tête des critères de choix des destinations. Par contre, les attentes évolueront nettement en matière d’hébergement. Selon l’étude, les échanges d’appartements et de maisons entre particuliers, les chambres d’hôtes dans les campagnes, le camping et le mobile-home feront la concurrence à l’hôtellerie classique.

Le mode de distribution n’est pas en reste. En effet, les touristes s’adresseront directement aux prestataires de services et agences en ligne dans plus de 75% des cas. Déjà, il ressort d’un rapport sur les ventes en ligne en France que le voyage représente le premier secteur de l’e-commerce. Pour les voyages d’affaires, l’internet a capté 50% des achats en 2013, et devrait monter à 56% en 2014. D’une manière générale, les packages ne représentent plus que 41% des voyages des Français alors que la composition atteint 59%.

Il ressort également de la présentation de l’ONMT que la France est un bon marché émetteur pour le tourisme de niches, à savoir les croisières, les randonnées, les sports de glisse et le golf, sport qui enregistre plus de 400 000 licenciés, ce qui classe ce pays au 4e rang des marchés européens sur ce segment. Pour le Mice, l’Hexagone occupe le 5e rang dans les 7 marchés prioritaires du Maroc.

Des opérations ciblées sur certaines régions émettrices

Au vu de ce diagnostic, que faire pour exploiter les opportunités ? D’abord, mieux cibler les bassins émetteurs. Pour ce faire, on sait que la moitié des touristes français partent du nord, essentiellement des aéroports de la région parisienne qui totalisent 45% des départs. Le reste provient des villes de l’est, avec Lyon et Grenoble (13%), de l’ouest avec Nantes (6%) et Bordeaux (4,5%), du sud avec Toulouse (6%) et Nîmes (4%)…
Le deuxième axe est de consolider les destinations nationales confirmées, en l’occurrence Marrakech et Agadir et, dans une moindre mesure, Casablanca et Fès. L’Office entend ainsi mener des opérations marketing pour la ville ocre. Pour Agadir et Fès, des opérations seront centrées en Rhône-Alpes (Lyon et Saint Etienne) et dans le sud-ouest (Bordeaux et Toulouse). Des villes comme Metz et Strasbourg seront prospectées, mais, cette fois-ci, au profit de Marrakech et Agadir.

Des destinations porteuses, telles Ouarzazate et Tanger, bénéficieront également d’opérations de communication, mais il faudra surtout mettre à niveau les infrastructures d’accueil, principalement celles de la première. La volonté de sortir d’autres, comme Essaouira, Dakhla, Saidia et Rabat, de l’anonymat est aussi affichée.

Le plan de communication pour 2014 sera axé sur la consolidation de l’image de stabilité institutionnelle de la destination. Des opérations seront étalées sur toute l’année et d’autres seront ciblées sur certaines régions émettrices et destinations.