Tourisme : un léger mieux et de gros espoirs pour les mois à  venir

Le mois de mars a permis d’enrayer le recul : les arrivées du premier trimestre progressent de 4% mais les nuitées chutent de 7%.
Le taux d’occupation des hôtels classés tourne autour de 38%. Quatre points perdus par rapport au premier trimestre 2008.
Vacances de pà¢ques, progression de certains marchés touristiquesÂ…, les hôteliers restent optimistes.

Quelle différence entre la moitié du premier trimestre écoulé et sa fin ? A première vue, aucune. Pour le secteur touristique la conjoncture reste difficile. Pourtant, les chiffres du mois de mars, malgré leur modestie, permettent d’espérer une évolution positive pour la suite. A la fin du premier trimestre, l’évolution des arrivées et des nuitées est même encourageante comparée aux mois précédents et surtout celui de février qui a été franchement mauvais. Ainsi et en attendant la publication des statistiques officielles, les chiffres recueillis auprès de sources dignes de foi révèlent que les arrivées de touristes se sont inscrites en hausse de 4,4 % durant ce trimestre comparé au même trimestre de l’année précédente, alors que le nombre des nuitées  a affiché un recul de 7 %. Le taux d’occupation se situe, quant à lui, à 38% au lieu de 42%, durant la même période de 2008, soit une perte de 4 points.  
La satisfaction relative est que certaines destinations nationales, à l’instar d’Agadir, ont l’air de faire mieux que tirer leur épingle du jeu. En effet, si la capitale du Souss est la seule destination à enregistrer un recul de ses arrivées (-1,36% durant ces trois premiers mois de l’année), elle compense par une augmentation de ses nuitées qui sont passées de 906 554 au premier trimestre 2008 à 914 218 nuitées, soit une hausse de 0,85%. Il faut aussi signaler que pour cette ville, le taux d’occupation des établissements d’hébergement classés est largement supérieur à la moyenne nationale, se situant à 48,61% contre 47,91% en 2008, soit près de 1,5 point de plus. Pour le seul mois de mars, la tendance est à peu près similaire à celle du trimestre avec des arrivées en baisse de 3,7% et des nuitées en hausse de 0,82%. La durée de séjour s’est établie à 6 jours et le taux d’occupation à 51,70%.
On observe, dans le cas d’Agadir, le bon comportement de certains marchés émetteurs qui ont permis d’amortir le choc. C’est le cas de la Pologne qui connaît une augmentation de ses arrivées de 42,5% et celui de ses nuitées 70,35% en mars. Le marché français affiche une hausse des arrivées et des nuitées, respectivement de 2,15% et 2,29%. Et puis, il y a des marchés qui progressent régulièrement comme ceux de certains pays arabes qui réalisent aujourd’hui en volume autant que certains pays scandinaves, sinon plus.

Tanger redoute les conséquences du transfert de l’activité ferry vers Tanger Med
A Marrakech, en revanche, on peut dire que la tendance baissière, entamée en automne 2008, s’installe dans la durée, puisque la ville ocre a enregistré à fin mars 2009, une baisse de ses arrivées de l’ordre de 6% par rapport au premier trimestre 2008 et, selon différentes sources, les nuitées ont chuté de 10%.
Pour le seul mois de mars, la baisse des nuitées se situerait autour de 9 % comparativement au même mois de l’année dernière et celle des arrivées de 8%.  Marrakech table cependant, selon ses hôteliers, sur un mois d’avril meilleur, notamment en raison des vacances de Pâques, et, nous fait-on remarquer, de «la proximité de la destination avec l’Europe où la clientèle qui continue de voyager préfère  les destinations proches».
Pour le reste des destinations, il n’y a pas une grande visibilité, sinon qu’une ville comme Tanger est en train de connaître une mutation de taille. D’une part, les investissements vont se traduire par des ouvertures  tous azimuts de nouveaux hôtels, et, d’autre part, les transferts de l’activité ferry vers Tanger Med préoccupent sérieusement les professionnels qui craignent de perdre les touristes de passage. Il faut en effet compter une heure de route entre Tanger Med et le centre-ville, ce qui est effectivement décourageant pour des arrivants qui peuvent emprunter l’autoroute sans s’arrêter.
En attendant, les arrivées enregistrées à Tanger ont reculé de 15% en mars et les nuitées de 11%. Pour l’ensemble du trimestre, ces dernières n’ont cependant baissé que de 5%.