Tourisme : privilégier les objectifs de recettes et non d’arrivées

La nécessité de stimuler l’investissement et de redéfinir le produit balnéaire est réitérée. Des doutes sur l’opportunité de poursuivre une politique de marques territoriales.

Quelques semaines après que le ministère ait fait savoir qu’il lançait une étude pour évaluer la Vision 2020 et quelques mois après le changement de son bureau, la Confédération nationale du tourisme (CNT) a organisé, samedi 13 juin, un forum sur le thème «2010-2020 : Quels leviers pour le tourisme marocain?». «Ce rendez-vous, qui constitue un espace de concertation et d’échanges, est une occasion pour faire le point sur l’état du secteur, fixer des agendas et des priorités communes et nous projeter dans l’avenir, pour mobiliser l’ensemble des acteurs autour d’une même vision partagée, et d’initiatives innovantes pour relever les nombreux défis auxquels nous devons faire face», a déclaré Abdellatif Kabbaj, président de la CNT, dans son allocution d’ouverture. L’objectif de ce premier forum était simple : motiver et mobiliser l’ensemble des adhérents, définir une position partagée pour alimenter la position de la CNT et sensibiliser le plus grand nombre de décideurs et dirigeants sur les recommandations qui en ont découlé.

Plaidoyer pour un «Bac tourisme»

Réunis une nouvelle fois, les professionnels du secteur n’ont pas manqué de réaffirmer des priorités d’ores et déjà actées. C’est ainsi qu’à l’issue du forum ont à nouveau été rappelés la nécessité de stimuler l’investissement national comme étranger et de redéfinir le produit balnéaire. Néanmoins, quelques nouvelles recommandations mériteraient d’être étudiées. Il en va ainsi de l’introduction de «la formation au tourisme dès le plus jeune âge avec la possibilité d’un cursus “Bac Tourisme“ dès le second cycle scolaire». De la même façon, la CNT propose de privilégier des objectifs de recettes et non d’arrivées de touristes. «Est-il si important de réaliser 20 millions de touristes si nous pouvons atteindre 15 milliards de dollars de recettes avec 12 ou 15 millions de touristes ?», se demande la confédération. Cette dernière remet également en cause la politique de promotion par marques territoriales actuellement en vigueur. «Nous invitons le ministère du tourisme à s’interroger, en partenariat avec la CNT, sur l’opportunité de poursuivre une politique de marques territoriales, sachant que les territoires, en l’état actuel des choses, ne sont pas en harmonie avec les Régions au sens administratif du terme», recommandent les professionnels. Enfin, ce rendez-vous a aussi permis de mettre un coup de projecteur sur des destinations disposant d’un héritage patrimonial et culturel important, mais qui souffrent d’animation, à l’image des villes impériales.