Tourisme : les recettes progressent moins vite que les arrivées

Marrakech, Agadir, Tanger…, les arrivées et les nuitées augmentent dans les principales destinations. Les recettes augmentent timidement en raison de la baisse des prix. Les professionnels déplorent le déficit de communication de la part du ministère du tourisme.

Dans un contexte économique mondial encore fébrile, force est de constater que l’industrie touristique marocaine s’en est plutôt bien sortie en 2013. Et l’embellie se maintient. Au premier trimestre de cette année, les arrivées ont progressé à presque deux chiffres. Marrakech, Tanger, Agadir et Ouarzazate en ont bien profité.

Dans la ville ocre, les arrivées ont augmenté de 10,64% et les nuitées de 15,77%. Le taux d’occupation des établissement d’hébergement classés s’est par conséquent amélioré de 4 points, à 51%. Réuni le 16 avril dernier avec les autorités régionales, le DG de l’ONMT et les opérateurs locaux, le CRT a validé son plan d’action quadriennal pour 2014-2017. Trois chantiers prioritaires seront ouverts : la promotion et la communication destinées à deux marchés prioritaires (anglais et allemand), l’aérien et l’événementiel.

A Tanger, on relève notamment la progression du marché espagnol et du tourisme d’affaires. Néanmoins, les professionnels locaux s’inquiètent de l’impact du retrait annoncé pour le mois prochain de Ryanair. Egalement présentes à Tanger, Air Arabia, Vueling et TAP Portugal rencontrent quant à elles un succès notable et pensent déjà augmenter leurs rotations. La ville, en partenariat avec l’ONMT et les compagnies de ferry, planche pour sa part sur une campagne de promotion dédiée aux touristes de la côte Sud de l’Espagne pour développer le marché du tourisme via ferry. La campagne pourrait voir le jour d’ici l’automne.

A Agadir, le premier trimestre s’est clôturé sur une progression des arrivées de 7,58% et des nuitées de 11,31%. Un vent de reprise souffle toujours sur Ouarzazate où les tournages s’enchaînent depuis le début de l’année. Toutefois, les professionnels locaux ne s’estimeront satisfaits que lorsque l’aérien suivra.

Beaucoup de chantiers mais un budget insuffisant

Si en termes d’arrivées la reprise est forte, ce n’est pas le cas du côté des recettes. A fin 2013, elles ont accusé une baisse de 0,7% et à fin mars de cette année, elles affichent une timide hausse de 2,6%, selon les dernières statistiques de l’Office des changes. Une tendance qui s’explique par la baisse des prix et de la recette moyenne par touriste.
Par ailleurs, les opérateurs s’inquiètent du retard répété pris par la tutelle pour leur communiquer les chiffres nationaux du secteur sur lesquels ils s’appuient pour faire leurs projections, arrêter leur politique commerciale ou préparer des arguments pour attirer les investisseurs. De plus en plus remontés, ils réclament aussi plus de transparence et de réalisme de la part d’un ministère qui a déclaré, à l’occasion d’une conférence-débat organisée par la Chambre britannique de commerce, «travailler» sur bon nombre de chantiers sans toutefois en préciser l’état d’avancement réel ou les dates butoir, et sans que les budgets suivent. Rappelons à ce titre que le budget accordé au ministère du tourisme dans la Loi de finances 2014 est de 678,6 MDH, dont 300 MDH pour l’ONMT, soit 10,7% de moins que le budget alloué à l’office en 2013. Entre relancer la refonte du classement des hôtels, rattraper le retard pris dans la mise en œuvre des plans Azur et Biladi, accompagner les hôteliers dans la création d’une stratégie digitale ou encore mettre en place les structures de gouvernance prévues de longue date, les équipes du ministère ont fort à faire avec peu de moyens. D’ailleurs, nombre de professionnels doutent de la création des Agences de développement touristique (ADT) remises à l’ordre du jour par la tutelle. En attendant, le secteur doit réaliser 10% de croissance annuelle dès cette année s’il veut atteindre l’objectif des 20 millions de touristes en 2020.