Tourisme : l’année 2014 sapée par un mois de décembre catastrophique

Le nombre d’arrivées ne devrait progresser au mieux que de 2% au lieu des 7% prévus. Autorités et professionnels se réunissent le 18 février pour discuter des actions à  entreprendre.

C’est vraisemblablement sur une croissance à peine positive que s’est terminée l’année 2014 pour le tourisme. Les chiffres officiels n’étant pas encore consolidés, les professionnels tablent sur une progression des arrivées de 1% à 2%. L’année avait pourtant bien commencé et devait se clôturer, conformément aux prévisions, sur une hausse de 7%. L’assassinat en septembre dernier du randonneur français Hervé Gourdel en Algérie a cependant tout remis en question. A fin octobre, les arrivées aux postes frontières chutaient de 7,6% tout comme les recettes (-6%) malgré une stabilisation des nuitées (+0,3%). A fin novembre, les arrivées, nuitées et recettes de voyages accusaient de nouvelles baisses, respectivement de 1,4%, 3,1% et 9,5%. Les attentats de Paris sont venus compliquer la situation. «Depuis le début de l’année, nous constatons une baisse de 25 à 30% des arrivées des touristes français. Les autres marchés ne peuvent malheureusement pas compenser cette perte», confie Abdellatif Kabbaj, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT). Agadir, dont le processus de consolidation des chiffres est plus efficace, illustre parfaitement la situation. Après avoir progressé de 1,90% et 1,17%, les arrivées et les nuitées ont chuté respectivement de 5,36% et 14,13% en janvier par rapport à la même période de l’année précédente. Partout, les professionnels manquent de visibilité pour les mois à venir.

La priorité est donnée à la communication

«Nous sommes confiants car nous sommes obligés de l’être. Chaque établissement fait ce qu’il peut mais cela ne suffit pas. Il faut que l’Etat agisse», commente Lahcen Zelmat, président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH). Après avoir annoncé un plan d’actions à court terme accompagné d’une enveloppe exceptionnelle de 100 MDH, le ministère du tourisme rencontrera la CNT et l’Office national marocain du tourisme (ONMT) le 18 février courant pour préciser les actions à entreprendre. Mercredi 11 février, le bureau exécutif de la CNT s’est réuni pour préparer ce rendez-vous. Si rien n’a filtré au moment où nous mettions sous presse, une chose est d’ores et déjà acquise : la priorité sera accordée à la communication. «Il nous faut une communication de qualité. Nous devons insister sur toutes les bonnes choses que représente le Maroc pour redorer son image et lutter contre l’amalgame», confient les professionnels d’une seule voix. Résultat, le Maroc est de toutes les foires internationales : après la Fitur de Madrid en janvier, une importante délégation est en déplacement à la Bourse internationale du tourisme de Milan. Avant celui de Berlin, qui se tiendra en mars, l’heure est à la mobilisation auprès des marchés émetteurs.