Tourisme : Encore un gap de 40% à rattraper sur les nuitées

Le Maroc a accueilli entre juin et juillet 3,2 millions de touristes dont 65% sur le seul mois de juillet.

Le secteur a récupéré 100% des arrivées touristiques entre juin et juillet. Mais il y a encore du retard à combler sur la clientèle étrangère. La nouvelle feuille de route annoncée concerne aussi bien les produits que le type de tourisme à développer.

S’il y a un secteur d’activité qui reprend sa vitalité, c’est bien celui du tourisme. Grâce aux efforts déployés par toutes les parties prenantes, en terme de lancement du visa électronique, de promotion de la destination Maroc, de référencement et amélioration de l’expérience du voyageur…, l’ensemble des indicateurs se retrouvent dans le vert, ou presque. En effet, le Maroc a accueilli entre juin et juillet 3,2 millions de touristes dont 65% sur le seul mois de juillet. Ce qui a permis de récupérer 100% des arrivées des mêmes mois de l’année pré-pandémie 2019.
Les MRE, eux, ont représenté 62,5% des arrivées, soit 2 millions de personnes, une part qui ressort en ligne avec les réalisations de l’année de référence, le reliquat est constitué des touristes étrangers et nationaux. De l’autre côté, l’opération Marhaba a enregistré cette année l’entrée de 2,8 millions de personnes sur le territoire national, en dépassement du niveau enregistré avant la crise sanitaire. Ces arrivées ont, de toute nature, eu un effet bénéfique sur les recettes touristiques qui ont totalisé 36,66 milliards de DH, soit un taux de récupération qui avoisine 90% pour les sept premiers mois. Cela, en dépit de la poursuite de la fermeture des frontières tout le long des cinq premières semaines de l’année 2022.

Un retard à rattraper
Des performances qui redonnent du baume au cœur aux opérateurs du marché qui ont souffert de l’agonie du secteur touristique ces deux dernières années. Rappelons que le plan de sauvetage établi par le gouvernement a permis de mobiliser une enveloppe de 2 milliards de DH afin de préserver les emplois, le temps de la reprise.
Les opérateurs et les pouvoirs publics se réjouissent certes de ces réalisations. Mais il est un indicateur de taille, qui ternit cette embellie. Il s’agit des nuitées touristiques. «Depuis le début de l’année, un retard de 40% est à combler, en raison notamment de la fermeture des frontières au début de l’année. Mais, si l’on ne tient compte que des mois de juin et juillet, l’écart se réduit à environ 15%», constate Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme(CNT). Ce constat est corroboré par le volume avancé par la ministre du tourisme, établissant ces nuitées à 3,8 millions entre juin et juillet. Selon les chiffres collectés de l’observatoire du tourisme sur cette dernière période, le volume avait atteint 4,5 millions de nuitées. Le gap à rattraper est donc de 700 000 nuitées, ou 15% de moins que l’année 2019. «La raison tient essentiellement au fossé qui est à combler sur la clientèle étrangère, sachant que les MRE ne séjournent pas forcément dans les établissements hôteliers», explique M. Bentahar.

Renforcer l’attractivité
En tout cas, pour capitaliser sur tous ces acquis et renforcer davantage l’attractivité du Maroc, une feuille de route est en cours d’élaboration avec tous les professionnels du secteur (CNT, ONMT, SMIT) dont l’objectif est de doubler le nombre de touristes à l’horizon 2023 pour atteindre 26 millions. Cette stratégie devra tourner autour du renforcement de l’aérien, l’adaptation de l’offre touristique à la demande nationale et internationale et la stimulation des investissements privés et publics. «D’autres chantiers devront accompagner cette vision, à savoir la formation, l’amélioration de l’expérience du touriste, le développement humain, l’innovation, la durabilité…», ajoute M.Bentahar. Il surenchérit : «L’objectif est non seulement de relancer l’activité, mais aussi de transformer le modèle pour changer de dimension». La SMIT, pour sa part, est une partie prenante du lancement de cette feuille de route. Imad Barrakad, le président du directoire de la SMIT (Société marocaine d’ingénierie touristique) nous éclaire : «La société se chargera notamment de la partie ingénierie, avec tout ce que cela se rapporte au type de produits à développer, d’investisseurs à attirer, de marchés à adresser… Il s’agira aussi de développer différents types de tourisme, à l’instar du culturel et du rural et de repenser à un nouveau tourisme balnéaire». Pour concrétiser cette feuille de route, des ateliers thématiques seront organisés avec les professionnels du secteur du tourisme. Le but est de définir les chantiers prioritaires et déterminer les leviers à actionner pour chaque filière.