Tourisme d’affaires : les infrastructures et la promotion font défaut

La plupart des évènements sont organisés à  Marrakeckh qui dispose de moins de 5 000 places réparties entre 3 centres de conférences. Cette activité représente à  peine 12% des arrivées et 14% des nuitées de cette ville.

Le tourisme d’affaires figure toujours en bonne place dans l’énoncé des stratégies touristiques nationales et régionales. Il est mis en avant, en effet, dans le cadre de la Vision 2010 et dans son prolongement, la Vision 2020, mais aussi au niveau des destinations touristiques confirmées comme Marrakech, Casablanca, Tanger, Agadir et même Fès. Cependant, le segment, avec ses différentes composantes, continue de se développer au petit bonheur la chance avec comme «locomotive» Marrakech dont l’infrastructure reste pourtant insuffisante pour accueillir de grosses opérations. Certes, tous ses grands établissements hôteliers classés peuvent accueillir des conventions d’entreprises, des séminaires ou autres événements de dimension moyenne, sauf que pour les grands événements internationaux, la capacité est limitée : le Palais des congrès dispose de près de 1 145 places, le centre de conférences du groupe Palmeraie de 2 000 places et le Palais des congrès du groupe Mogador de 1 800 places. Avec donc moins de 5 000 places disséminées sur trois sites, Marrakech perd souvent des manifestations au profit d’autres villes comme Istanbul, Barcelone, Dubaï, etc. Par conséquent, la construction d’un parc d’exposition et de congrès de plus de 5 000 places est plus que jamais nécessaire pour lui permettre de s’opposer à ses concurrents.

Malgré tout, si les arrivées et les nuitées ont augmenté de 14% et 18% sur les cinq premiers mois de l’année, c’est en grande partie grâce aux manifestations qu’a abritées la ville en avril et mai, mois qui ont connu des taux d’occupation exceptionnels, soit 63% et 60%, à l’instar des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement qui ont réuni près de 3 000 participants, du 27 au 31 mai.

Casablanca attend son palais des congrès,
Tanger aussi

Selon le CRT de Marrakech, le tourisme d’affaires ne représente encore que 12% des arrivées de la ville (2% pour les congrès et 10% pour l’incentive et l’événementiel) et 14% des nuitées. L’objectif est d’arriver à 30% de parts de marché contre 70% pour le tourisme de loisir, lequel devrait aussi, pour un bon équilibre, être subdivisé en 30% pour le tourisme interne et 40% pour le tourisme étranger. Les autres villes où le tourisme d’affaires peut être développé se heurtent également à l’inexistence d’infrastructures d’accueil. Par exemple, Tanger réclame depuis des années la construction d’un palais des congrès, Casablanca, la capitale économique, attend aussi le sien prévu dans le projet de la marina en cours de réalisation. Les rares événements de taille qui s’y déroulent sont abrités au centre de l’Office des changes qui est difficile d’accès. Du coup, la ville se contente de petits événements Mice dans les hôtels 4 et 5* et des hommes d’affaires qui y séjournent entre une et 3 nuits.

Rappelons que l’Office national marocain du tourisme (ONMT) avait retenu, il y a quelques années, le Mice comme un marché prioritaire à l’horizon 2014. Six marchés émetteurs avaient été identifiés comme pouvant être prospectés. Il s’agit du Royaume- Uni, de l’Allemagne, de l’Italie, de la France, de l’Espagne et de la Belgique qui génèrent 8 millions de touristes Mice dans le monde. Mais, depuis, on s’est contenté de vendre le Mice de Marrakech à l’occasion des salons internationaux avec une brochure en plusieurs langues. Assurément, ce segment mérite une meilleure promotion, surtout que le potentiel existe dans les marchés traditionnels du Maroc, à savoir ceux de l’Union Européenne.