Tourisme d’affaires : le Maroc cherche à  mieux se positionner

Le Moroccan Convention Bureau produit ses premiers outils de promotion. Le MICE ne représente que 4,4% des arrivées touristiques du Maroc contre environ 20% du tourisme mondial.

C’est en marge de la sixième édition du Salon Voyages, Tourismes et Loisirs tenue à Casablanca, du 23 au 26 avril, qu’a été signé un mémorandum d’entente entre l’Office national marocain du tourisme (ONMT) et la Confédération nationale du tourisme (CNT) pour la création d’un Moroccan Convention Bureau (MCB). L’idée est calquée sur le Cluster Tourisme d’affaires français, le Spain Convention Bureau ou encore le French Riviera. A l’image de ces modèles, le MCB se veut «une entité de référence qui devrait pouvoir répondre, accompagner et orienter les professionnels pour toutes les demandes que les promoteurs d’événements souhaiteraient obtenir»

Le MCB a rapidement démarré la production d’outils de promotion (brochures, catalogues, etc.) avant de se lancer dans un référencement actualisé des infrastructures existantes. «Les professionnels ont parfois les structures mais n’ont pas les outils pour vendre leur produit», souligne un expert du secteur touristique. La structure se doit donc d’accompagner les professionnels, notamment en participant à différents salons dédiés à ce créneau. Elle deviendra une «organisation pouvant fédérer tous les intervenants de la filière dans l’objectif de créer la notoriété de la destination, de mutualiser les efforts et d’entreprendre des actions à même de développer les flux du tourisme d’affaires».

Le tourisme d’affaires ou MICE pour Meetings, Incentives, Conferencing, Exhibitions, niche touristique à fort potentiel pour la destination Maroc, ne semble pas être au meilleur de sa forme. 

Ce type de tourisme est une source importante de recettes

Mais c’est plutôt le tourisme d’affaires international qui est gagné par la morosité depuis 2009 du fait de la crise financière. Certes, le Maroc a accueilli en 2013 de nombreux événements internationaux tel que le Sommet mondial des dirigeants locaux et régionaux, et accueillera l’année prochaine la 22e Conférence des parties à la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Mais le tourisme d’affaires national, principalement axé vers les séminaires et réunions, a pris le dessus, allant jusqu’à représenter «une part substantielle du MICE global», d’après un document sur le MICE national de l’ONMT. En 2011, seulement 4,4% des arrivées touristiques étaient le fait de touristes d’affaires alors que ce segment pèse environ 20% du tourisme mondial.

Compte tenu de la valeur ajoutée que représente cette catégorie de touristes -ils dépensent 1 400 DH par nuitée en moyenne contre 950 DH pour les touristes étrangers de loisirs-, le Maroc ne peut se permettre, dans un contexte déjà difficile, de ne pas réagir et de se laisser devancer, encore une fois, par ses concurrents espagnols et turcs.