Tourisme : 40 hôtels se font assister pour développer la vente de séjours et le paiement en ligne

Les professionnels du tourisme ont signé un accord avec l’International Trade Center qui apporte expertise et moyens financiers.
Une phase pilote est entamée avec 16 établissements de Marrakech.

L a Fédération nationale du tourisme (FNT) et celle de l’industrie hôtelière (FNIH)) s’apprêtent à signer avec International Trade Center (ITC), organisme des Nations Unies basé à Genève et spécialisé dans la promotion des exportations des PME, une convention pour la promotion du commerce en ligne et du paiement électronique. Selon cet accord, ITC aidera une quarantaine d’entreprises hôtelières à renforcer leurs capacités à utiliser les nouvelles technologies pour la vente et le paiement en ligne. Car, il faut le dire, malgré leur montée en force au niveau mondial, les ventes sur internet (hébergement et transport) pèsent encore peu par rapport aux circuits de distribution traditionnels dans le chiffre d’affaires de l’hôtellerie marocaine, ce qui explique d’ailleurs, en partie, le fait que nombre de touristes commencent à lui échapper. Il faut à cet effet rappeler que trois études faites au cours des deux dernières années au niveau de l’aéroport de Marrakech Menara ont montré des tendances similaires : 50% de touristes étrangers ne vont pas dans les hôtels classés. Certes, ces derniers ont leurs motivations (voyage taillé sur-mesure vers des destinations multiples, circuit désert ou nature…) mais le développement de la réservation et du paiement en ligne permettrait aux hôtels classés de capter une partie de ce nouveau type de clientèle.
Le projet d’assistance, qui sera mené au niveau national, après une expérience pilote avec les 16 hôteliers retenus à Marrakech, s’articule autour de plusieurs axes. Il s’agit d’abord pour les experts de l’ITC d’établir un diagnostic de la stratégie web pour chaque participant inscrit au projet et de lui établir une feuille de route spécifique avec des mesures et des étapes concrètes. Dans une deuxième phase, sera lancée la mise en œuvre des feuilles de route avec une évaluation des performances à mi-chemin et la mise en œuvre, en cas de besoin, de mesures correctives.La dernière étape portera sur une évaluation finale sur la base d’indicateurs de performances précis. Cette phase pilote durera trois mois. Le programme sera ensuite élargi aux autres régions.

Le montant des aides n’est pas encore arrêté
Il revient à la FNT de garantir la continuité de ce projet financé par les Nations Unies. De leur côté, les experts de l’ITC assurent le suivi technique et déterminent le montant des aides financières en fonction des recommandations dégagées lors du diagnostic. ITC s’engage aussi à financer des modules de formation  aux nouvelles technologies et paiement électronique en collaboration avec la FNT.
Tout ce programme ne peut évidemment pas être réalisé sans l’implication effective d’organismes comme Maroc Télécommerce et le Centre monétique interbancaire (CMI) qui ont, du reste, déjà consenti une baisse de leurs commissions sur les transactions via le web, comprises initialement entre 5 et 8% du montant de la transaction par carte bancaire. Désormais, Maroc Télécommerce prélève 0,5%. Quant au CMI, il prend 1,5% sur les paiements par carte bancaire nationale et 2,5% par carte internationale.
Le projet en cours est de nature à répondre aux besoins nouveaux des touristes. Comme partout ailleurs, de nouveaux intermédiaires de vente en ligne sont apparus au Maroc pour profiter de la tendance à la «déforfaitisation» de la part de la clientèle touristique, en proposant aux exploitants des conditions moins coûteuses et moins contraignantes que les tour-opérateurs, souligne en substance une étude sur le e-tourisme réalisée en début de l’année 2009 par la direction de la stratégie et de la planification du ministère du tourisme.
Cette même étude révèle que la part de marché de ces nouveaux intermédiaires s’établit à 13% des réservations effectuées par la clientèle internationale. Parallèlement, beaucoup d’agences en ligne spécialisées sur le Maroc sont apparues ces dernières années, même si elles commercialisent essentiellement des riads. De toutes les manières, le Maroc a tout intérêt à s’accrocher au wagon du e-tourisme, car, avec la multitude de projets en cours de réalisation, tous les moyens sont bons pour vendre ses lits.