Tourisme : 24% de touristes en plus en avril et 300 MDH pour soutenir le secteur

Aussi bien les arrivées de MRE que d’étrangers sont en nette progression.
Les nuitées à  Marrakech ont évolué de +6%, de +4% à  Agadir et de +25% à  Fès.
Le ministère du tourisme lance une série d’actions correctives.

Deux bonnes nouvelles viennent de tomber pour le secteur du tourisme : un mois d’avril exceptionnel en termes d’arrivées et de nuitées et une enveloppe de 300 MDH débloquée par le gouvernement pour contrer les effets de la crise internationale.
D’après les statistiques, encore provisoires (certaines à plus de 95% cela dit), du ministère du tourisme, les arrivées ont progressé de 24% en avril par rapport au même mois de 2008. La hausse concerne aussi bien les arrivées de Marocains résidents à l’étranger (+ 38%) que les touristes étrangers (+18%). Pour bien mesurer son ampleur il faut savoir qu’entre 2007 et 2008, la croissance pour le même mois était nettement moindre. Les nuitées ont également augmenté de manière significative, y compris à Marrakech où elles se sont inscrites en hausse de 6%. Agadir a enregistré une appréciation de 4% et Tanger de 6%. Fès et Tétouan ont réalisé de bonnes performances avec des progressions de 25 et 30%.
Au total, ce sont 2,16 millions de touristes ont visité le Maroc entre janvier et avril 2009, soit une amélioration de 10% par rapport aux quatre premiers mois de 2008. Ce faisant, cet effet volume a permis de contenir la baisse cumulée (janvier à février) des nuitées dans les établissements classés à 3%.
Certes, le mois d’avril a bénéficié d’une conjoncture favorable qu’on doit en particulier aux vacances du printemps en France, principal pays émetteur pour le Maroc, et à la semaine sainte en Espagne. Mais, estime le ministre du tourisme Mohamed Boussaïd, «ces résultats pour le premier tiers de l’année sont dus aussi aux actions ponctuelles de promotion entreprises dans les marchés émetteurs et qui donnent aujourd’hui à la destination une certaine visibilité». Allusion est faite ici à la campagne de promotion institutionnelle «Marocothérapie» qui a réussi à créer sur Internet l’effet escompté, mais aussi aux actions de promotion menées dans 25 villes européennes.
Selon le ministre, «on ne peut pas dire que la destination Maroc soit en crise, à l’exception de Marrakech qui connaît une tendance baissière due à divers facteurs». L’Etat est, toutefois, décidé à poursuivre la mise en œuvre d’actions spécifiques pour contrecarrer les effets de la conjoncture difficile qui prévaut sur le marché international. Et il vient de s’en donner d’ailleurs les moyens. Le comité de veille stratégique réuni, mardi 19 mai, a ainsi intégré le secteur du tourisme dans son plan anti-crise. Les 300 MDH alloués à ce secteur, et qui viennent en complément des financements dégagés pour le plan Cap 2009, seront immédiatement utilisés, c’est-à-dire dès la signature, qui ne saurait tarder, d’une convention avec les professionnels. Ces derniers doivent, de leur côté, s’engager sur des volets comme l’emploi, la qualité, ou encore la formation.

Priorité à l’aérien et à la promotion

Cette enveloppe sera consacrée, nous précise-t-on, au transport aérien, au soutien de la destination Marrakech et à la promotion, d’une manière générale. En plus du volet institutionnel, cette promotion sera concentrée sur les produits, les ventes de packages et la clientèle des nationaux et des MRE.
En parallèle, le ministère compte mettre  en branle un certain nombre d’actions pour  assurer une meilleure corrélation entre les arrivées, les nuitées et les recettes touristiques. Ces actions prendront la forme d’une lutte plus efficace contre la concurrence déloyale faite aux établissements hôteliers classiques par  les autres  types d’hébergement.  Elles concerneront aussi la révision  des taxes communales et de leur collecte. En effet, malgré des arrivées en hausse, le secteur touristique subit les aléas de la mauvaise conjoncture comme la baisse des prix, de la durée moyenne de séjour ou encore de la  dépense par touriste. Ce sont là, explique le ministre, des tendances qu’il faut surveiller de près. Et de conclure, «il y a des signaux qui nous autorisent à rester confiants sans pour autant verser dans un optimisme beat». En effet, il n’y a qu’à voir ce qui se passe ailleurs. Pour les deux premiers mois de l’année, les arrivées de touristes sur le marché européen sont en baisse de 8% par rapport à la même période de l’année dernière qui enregistrait alors une hausse de 7% par rapport à l’année d’avant. Des destinations aussi fréquentées que la France ou l’Espagne accusent un net recul, en ce début d’année. A n’en pas douter, le Maroc tire donc son épingle du jeu, mais il ne  faut pas lâcher prise. C’est du moins le message officiel.