Timide démarrage de la campagne agricole

Les disponibilités en semences sont insuffisantes pour répondre aux besoins


Les agriculteurs ont timidement engagé les travaux de préparation du sol
Ils attendent du nouveau ministre de tutelle une stratégie claire.

Après une année de sécheresse exceptionnelle et à  deux semaines du début des semis, le monde agricole est dans l’expectative. Après la nomination du nouveau gouvernement, les mesures d’accompagnement pour la saison 2007-2008, traditionnellement annoncées début octobre, n’ont pas encore été dévoilées. Et pour ne rien arranger, les pluies se font attendre. La moyenne nationale ne dépasse guère 18 mm alors qu’en année normale elle est de 50 mm environ (à  fin octobre). Insuffisant pour déclencher les travaux !

Côté approvisionnement en semences, la pénurie se confirme. Au ministère de l’agriculture, on annonce que les disponibilités sont de l’ordre de 650 000 q, soit l’équivalent de la moyenne des ventes sur 5 ans. Les agriculteurs jugent cette quantié insuffisante pour faire face aux besoins exceptionnels de cette année. Par ailleurs, ils signalent l’immixtion d’intermédiaires qui revendent des semences Sonacos, occasionnant ainsi une flambée des prix. Le marché est en revanche bien approvisionné en engrais, mais la demande est très faible en raison du manque de moyens des agriculteurs et du retard des déblocages du Crédit agricole. Toutefois, les prix de toutes les formes d’engrais ont connu des augmentations variables (10-15 DH/q), plus notables pour les engrais azotés (jusqu’à  18% depuis une à  deux semaines).

Concernant les travaux champêtres, Abdelilah El Amile, cultivateur dans la région d’Ouled Ziane, signale que les agriculteurs s’en tiennent au minimum pour l’instant. Ainsi, les labours superficiels pour la préparation du lit de semences n’ont que rarement été effectués et les producteurs prévoient de procéder aux semis sans préparation préalable, quitte à  rajouter des engrais azotés en couverture si les pluies sont au rendez-vous et si les moyens financiers le permettent. Une situation accentuée sur les parcelles reconduites en céréales après avoir été abandonnées l’année dernière (reliquat d’engrais sur une culture non conduite à  terme).

Une réunion avec le ministre de l’agriculture est prévue
A signaler que toutes les analyses de sol effectuées dans la région préconisent l’apport d’engrais azotés uniquement, et rarement d’engrais phosphatés ou potassiques, encourageant ainsi les agriculteurs à  faire l’impasse sur la fertilisation de fond, sachant que les engrais azotés, en raison de leur solubilité et de leur mobilité, peuvent être apportés à  tout moment en couverture, selon les besoins.
Tout en indiquant qu’«une réunion est prévue avec le nouveau ministre de l’agriculture dans les jours qui viennent», Ahmed Ouayach, président de la Confédération marocaine pour l’agriculture et le développement rural (Comader), fait savoir qu’en attendant «les nouvelles mesures, le secteur continuera à  tourner avec les anciennes».
En fait, les agriculteurs sont tiraillés entre la nécessité d’assurer à  leurs cultures et à  leur bétail les éléments minimaux dont ils ont besoin et des moyens financiers qui ne cessent de régresser. Les exploitants attendent du nouveau ministre de l’agriculture une stratégie claire pour sortir la céréaliculture de la léthargie.