TGV : Tanger-Kénitra d’abord, et ce sera en 2013

Tanger-Agadir et Rabat-Oujda, deux lignes d’une longueur totale de 1 500 km
sont prévues à  l’horizon 2030.
Coût de la ligne Tanger-Kénitra :
2 milliards d’euros.

Tanger-Kénitra en moins d’une heure. Bientôt, ce ne sera plus un rêve mais une réalité, suite à  la signature d’un protocole d’accord entre les gouvernements marocain et français à  l’occasion de la visite du président français Nicolas Sarkozy au Maroc (du 22 au 24 octobre). Cette liaison, empruntée par des trains roulant à  320 km/h en vitesse commerciale, devrait être opérationnelle durant le deuxième semestre de 2013.

Trois opérateurs français seront impliqués dans la construction de cette ligne à  grande vitesse. Il s’agit d’Alstom, constructeur de matériel roulant, de voie ferrée et de solutions électroniques ferroviaires, RFF (Réseau ferré français) et la SNCF (Société nationale des chemins de fer). Ces trois entreprises sont chargées de la conception, de la réalisation, de l’exploitation et de l’entretien de la liaison à  très grande vitesse Tanger-Casablanca. Tanger-Kénitra n’en est que la première phase. «Le Maroc, à  travers cet accord, a choisi la technologie française en matière de train à  grande et très grande vitesse pour désenclaver des régions éloignées», se réjouit Philippe Mellier, président d’Alstom Transport. Emilio Gallocchio, président de la division Europe du Sud au sein du géant français, numéro un mondial devant le canadien Bombardier et l’allemand Siemens, abonde dans le même sens. «Le Maroc sera ainsi le premier pays d’Afrique à  se doter d’une infrastructure de transport ferroviaire d’un très haut niveau technologique, conforme aux standards de la très grande vitesse française, qui constitue une référence mondiale», explique-t-il.

La voiture-bar remplacée par un wagon
Le protocole d’accord qui a été signé la semaine dernière permet l’ouverture de négociations commerciales devant aboutir, en 2008, à  la finalisation de l’accord. Le projet TGV prévoit notamment la livraison par Alstom de 18 rames de trains à  très grande vitesse à  deux niveaux (duplex) pouvant transporter plus de 500 personnes. Ce sont ces trains qui sont actuellement en circulation sur les chemins de fer français. «Le contrat est en cours de négociation. Nous ne connaissons toujours pas le détail des équipements qui doivent accompagner ces rames de TGV. On pourrait, selon la volonté de l’ONCF (Office national des chemins de fer), supprimer la voiture-bar et augmenter ainsi la capacité du train. Ceci pourrait être envisageable vu la courte durée du trajet (NDLR: moins d’une heure) et donc la non nécessité d’une voiture de ce type», souligne Philippe Mellier. La première tranche de cette ligne à  très grande vitesse, reliant Tanger à  Kénitra, sera opérationnelle à  la mi 2013. «C’est la durée normale pour la réalisation de ce type de ligne», souligne pour sa part Thi-Mai Tran, directrice de développement d’Alstom pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

120 millions de voyageurs prendront le TVG en 2030
Ce projet de liaison à  très grande vitesse a fait l’objet d’études approfondies depuis 2004. C’est le français Systra (société française spécialisée, filiale commune de la RATP et de la SNCF) qui s’en est chargée. Ce premier tronçon, d’une longueur de 200 km, n’est que la première tranche d’une ligne à  grande vitesse appelée «Atlantique» qui reliera Tanger à  Rabat, à  Casablanca, puis Marrakech pour arriver à  terme à  Agadir. Une seconde ligne, dite «Maghrébine», reliera Rabat à  Oujda via Fès. L’idée est de mettre en place l’infrastructure nécessaire pour son extension vers l’Algérie dans le cadre du projet de TGV transmaghrébin. Il s’agit en tout de la mise en place à  l’horizon 2030-2035 d’un réseau ferroviaire de lignes à  très grande vitesse totalisant 1 500 km. Cette solution, très coûteuse il faut l’avouer, est, selon un responsable de l’ONCF, la meilleure solution pour faire face à  l’augmentation du trafic ferroviaire durant les prochaines années. En effet, le schéma directeur ferroviaire marocain prévoit une forte augmentation du trafic de voyageurs de l’ordre de 10 à  15% par an. C’est, en outre, toujours selon la même source, une excellente manière de répondre aux attentes des clients en matière de ponctualité et de temps de parcours. De ce point de vue, le train à  très grande vitesse permettra de relier Tanger à  Rabat en 1h 20 mn au lieu de 4 h 45 ; jusqu’à  Casablanca, la distance sera parcourue en 2h10 contre 5 h 45 actuellement. Pour aller de Casablanca à  Marrakech, il faudra 1 h 15 au lieu de
3 h 30.