Textile : Une nouvelle vision pour la relance du secteur

• Tirant les leçons de la crise sanitaire, l’AMITH préconise une vision pour adapter l’offre marocaine à la nouvelle carte de sourcing international.

Forte dépendance des marchés classiques, essentiellement européens, et importation d’une grande partie des matières premières. Deux contraintes qui limitent aujourd’hui la compétitivité du textile et habillement marocain. Selon les industriels, l’actuelle crise sanitaire a ainsi confirmé la vulnérabilité du secteur par rapport à ses concurrents étrangers. Partant de ce constat, l’association marocaine de l’industrie textile et de l’habillement (AMITH) a réalisé un diagnostic du secteur permettant d’élaborer une nouvelle vision sectorielle articulée autour de quatre axes: renforcement des capacités d’adaptation du secteur aux besoins de ses clients, innovation et créativité, la durabilité et enfin consolidation de l’offre via une technicité et une traçabilité des intrants.
Concernant le premier volet, Fatima Zahra Alaoui, directrice générale de l’AMITH, explique que «le secteur doit renforcer son niveau d’adaptation aux exigences des clients, ses capacités d’anticipation, ainsi que la qualité de ses prestations logistiques». Cela permettra à cette industrie de s’adapter aux changements opérés, suite à la crise sanitaire, dans la carte de sourcing mondial. Selon l’association, les donneurs d’ordre étrangers veulent aujourd’hui réduire leur dépendance vis-à-vis des pays asiatiques en vue d’un approvisionnement de proximité. Une opportunité pour le textile marocain.
La vision retient un deuxième axe lié à l’innovation avec l’introduction de la technologie dans le processus industriel, la créativité et la digitalisation. «Cela passera par une offre Made In Morocco intégrée avec un excellent rapport qualité-prix», précise Mme Alaoui.

Les exportations en baisse depuis novembre
En troisième lieu, la nouvelle vision met en avant la proposition de solutions répondant aux exigences des Objectifs de développement durable en vue d’une production écoresponsable nécessitant une traçabilité des intrants et conforme aux attentes des donneurs d’ordre. Enfin, le dernier axe vise la consolidation de la qualité de l’offre via une plus grande technicité.
Pour l’AMITH «l’heure est actuellement à la relance, parce que, d’une part, la crise sanitaire a été riche en enseignements pour notre industrie textile qui doit se repositionner face aux nouvelles opportunités de sourcing mondial et, d’autre part, parce que nos industriels n’ont aucune visibilité sur l’avenir. Les entreprises ont des difficultés à réagir à la conjoncture actuelle liée aux perturbations d’approvisionnements et à la baisse de la demande étrangère».
Les chiffres pour l’exercice 2020 ne sont pas encore arrêtés, mais l’association souligne une baisse de 11% depuis novembre dernier et une absence de visibilité sur les carnets de commandes. Le recul s’est même poursuivi durant le mois de décembre selon les professionnels. Il est dû à l’évolution de la pandémie et donc la détérioration de la situation sanitaire dans les pays européens, principaux débouchés des exportations marocaines. Pour les opérateurs, les éventuels reconfinements annoncés par plusieurs pays empêchent toute prévision sur les mois à venir. Dans le secteur, 80% des entreprises ne prévoient aucun investissement dans les mois à venir. Pour l’heure, les industriels s’inquiètent de l’impact que pourrait avoir un reconfinement dans les pays partenaires.