Textile : les exportations en hausse de 13.4% à  fin mai, les commandes affluent

Le secteur tire profit du retour au Maroc de plusieurs gros donneurs d’ordre comme Camaïeu, Diesel, Max Mara, 123. L’embauche de 6 000 personnes a permis de remettre en activité des lignes à  l’arrêt. Les industriels prévoient une augmentation de leurs charges de 11% en raison de l’amélioration du Smig.

Le passage au vert des indicateurs du secteur textile observé depuis le début de l’année se confirme pour 2011. C’est ce qui ressort des chiffres dévoilés par le bureau de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith), lors de l’assemblée générale qui s’est tenue le 6 juillet. Cette reprise est qualifiée de «prouesse» par l’association et le terme est bien pesé : l’industrie a en effet souffert d’une perte de capacité durant les années 2008 à 2010, puisqu’une centaine d’entreprises ont fermé leurs portes. Malgré cela les exportations ont, depuis janvier 2011, progressé avec des taux à deux chiffres. A fin mai dernier, elles ont atteint 12,4 milliards DH contre près de 11 milliards pour les 5 premiers mois de 2010, soit une progression de 13,4%. A la lecture des statistiques de l’Office des changes, il ressort aussi que la progression des exportations mensuelles, par rapport à leur équivalent, un an auparavant, s’est située entre 13,7% (janvier) et 15,8% (mars). L’exception en rythme de croissance a été celle du mois d’avril où le taux n’a été que de 8,8% en raison des difficultés d’approvisionnement, suite à l’envolée des cours des matières premières et à l’indisponibilité de la main-d’œuvre.
Expliquant la reprise des exportations, les responsables de l’Amith avancent deux facteurs essentiels : la mise en place, en mars 2011, d’un plan d’urgence pour la formation et l’insertion de 20 000 personnes d’ici la fin de l’année, et la prise de contact, conjointement avec le ministère du commerce extérieur, avec des donneurs d’ordre européens pour les convaincre de l’intérêt de revenir au Maroc.
Pour régénérer les capacités de production, l’association, en collaboration avec l’Office national de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), a mis en place un programme de formation et d’insertion d’ouvriers qualifiés. Les dernières statistiques de l’Amith révèlent qu’entre mars et juin, 6 000 jeunes ont déjà été formés et insérés dans des entreprises exportatrices dans les filières de la confection et de la bonneterie. Ces recrutements ont permis aux entreprises de réaliser les commandes décrochées en février et par conséquent d’augmenter les exportations.

Les entreprises restent fragiles malgré la reprise

Outre le volet ressources humaines, la reprise des exportations, explique-t-on à l’Amith, est également due aux contacts pris, dans le cadre de missions organisées par le ministère du commerce extérieur, dans plusieurs pays européens, avec de donneurs d’ordre qui s’étaient détournés, au cours des trois dernières années, du Maroc. «Nous les avons sensibilisés à l’intérêt de revenir au Maroc avec des arguments comme l’amélioration de notre offre et en mettant l’accent sur la co-traitance, en présentant les améliorations effectuées au niveau de la logistique qui ont permis au Maroc de passer d’une proximité passive à une réactivité opérationnelle», explique le bureau de l’Amith.
Le discours des industriels marocains semble avoir convaincu les donneurs d’ordre puisque, depuis quelques semaines, des contacts porteurs ont eu lieu avec des groupes connus tels que Max Mara, Diesel, Camaïeu, Desco, Fornani, 123, Etam ou encore Monoprix. Les carnets de commandes pour les prochains mois devraient être d’un bon niveau, d’après les prévisions des professionnels. Pourtant, même si les exportations ont repris, les entreprises sont toujours, selon l’Amith, dans une situation précaire. Et ceci en raison d’une trésorerie asséchée par les retards de remboursement dans le cadre du plan d’urgence et le renchérissement des coûts des matières premières. De plus, les industriels ne manquent pas de souligner l’impact sur la trésorerie des entreprises de l’augmentation du Smig. Selon une étude réalisée par l’Association marocaine des industries de textiles et de l’habillement, la hausse du Smig engendrera une aggravation de 11% des charges des entreprises du secteur.