Textile : Crossing Sarl ouvre une académie pour former des jeunes de milieux défavorisés

Aucun critère de sélection fixé, si ce n’est la volonté d’apprendre. Le piquage et le modélisme sont les deux modules qui démarrent en janvier 2014. Les apprenants sont libres d’aller chercher un emploi dans l’entreprise de leur choix.

Former gratuitement de la main-d’œuvre pour le secteur du textile. Tel est l’objectif de Crossing Sarl, société spécialisée dans la confection de vêtements en jean’s, qui a créé une académie devant démarrer en janvier 2014. «Nous voulons investir dans les ressources humaines pour l’ensemble du secteur», précisent les responsables. Ce projet, inscrit dans le cadre du programme de l’entreprise citoyenne, est basé sur le principe du bénévolat: la formation est gratuite et les formateurs s’engagent sans contrepartie pécuniaire. L’opportunité est donc donnée aux jeunes des milieux défavorisés, âgés de 18 ans et plus, n’ayant pas de qualification, d’apprendre divers métiers du textile, notamment le piquage, le modélisme, la logistique et la qualité. Le recrutement se fera sur la base d’un entretien individuel permettant de cerner les motivations du candidat, son état d’esprit et son niveau d’adhésion au projet.
Dans un premier temps, seront lancés deux modules, le piquage et le modélisme, deux métiers très demandés par les entreprises. D’une durée de trois à six mois, la formation, à la fois théorique et pratique, est dispensée par des compétences de Crossing Sarl et des formateurs externes pour des groupes de 20 personnes. Aucun contrat n’est signé avec les jeunes qui peuvent chercher un emploi dans l’entreprise de leur choix.

Un exemple pour le secteur

Cet exemple pourrait être généralisé dans un secteur en manque de compétences. D’ailleurs, l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) avait, en 2011, signé un contrat avec l’OFPPT pour la formation de 20000 personnes en une année. Il s’agissait de compenser les départs de plusieurs ouvriers partis vers d’autres filières industrielles comme l’automobile en 2008-2009 quand le textile était dans une situation difficile en raison de la crise. Bien qu’il ait avancé, le programme n’est toujours pas bouclé. D’où la nécessité peut-être pour les opérateurs de suivre l’exemple de Crossing Sarl.

Spécialisée dans la confection de vêtements (pantalon, chemise, veste) en jean’s pour hommes, femmes et enfants, cette entreprise livre la totalité de sa production -220 000 pièces par an- à des clients étrangers de grande taille, notamment Disqual, Tesco, Inditex, Top Shop, SuperDry, Camaieu ou encore Etam. A fin novembre, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 180 MDH et compte terminer l’année avec 215 millions.
En 2011, Crossing Sarl avait investi 14 MDH dans une laverie pour l’intégration de son activité afin de maîtriser tout son processus de production et garantir la qualité. Toutefois, elle fait travailler une dizaine de sous-traitants locaux implantés à Fès et Meknès.