Textile à  usage technique : le Maroc vise 25% du marché mondial en 2020

L’écosystème textile à  usage technique doit être lancé fin juin. Le Maroc ne compte que 10 entreprises spécialisées dans ce domaine. Le développement de l’industrie automobile et le Plan Maroc Vert génèrent une demande certaine sur le marché local.

Après le denim, le fast- fashion et la distribution de marques nationales, le lancement de l’écosystème textile industriel et à usage technique est prévu pour la fin du premier semestre 2015. Ce chantier est très attendu par le secteur textile dans la mesure où «le marché des textiles à usage technique reste porteur par la diversité et la richesse de ses domaines d’application, ses taux de croissance et des opportunités qu’il offre aux acteurs marocains», avancent des industriels s’appuyant sur les conclusions d’une étude menée en 2010 par l’AMITH et l’Ecole supérieure des industries du textile et de l’habillement (ESITH).

Cette étude a permis d’identifier les segments de marché des textiles techniques les plus porteurs, les partenariats à nouer, les stratégies à mettre en œuvre, les appuis nécessaires aux entreprises, de même que les besoins du marché. Pour ce faire, un benchmarking avec les principaux pays ayant réussi l’évolution de leur industrie textile traditionnelle vers les textiles à usage technique a été effectué. Il ressort de cette étude que le Maroc a pris du retard pour réaliser cette mutation même si les besoins existent et en dépit du développement des secteurs demandeurs, notamment l’industrie automobile. Aujourd’hui, l’essentiel des produits de textile industriel utilisés dans ce secteur sont importés.

Cette branche recèle donc de réelles potentialités aussi bien au niveau local qu’international. Appelés aussi tissus intelligents, ces textiles répondent à des exigences technico-qualitatives et exigent une innovation continue et un effort d’industrialisation. Le Maroc ne compte que dix entreprises spécialisées contre près de 120 en Tunisie et plus de 200 en Turquie.  

Plastima et Maroc Quality vont investir respectivement 80 et 50 MDH

Les industriels nationaux sont donc fortement motivés pour développer cette niche. Ce qui justifie les deux investissements prévus par Plastima et Maroc Quality. Les montants engagés s’élèvent respectivement à 80 et 50 MDH. La production est destinée au marché local et à l’exportation. Les besoins mondiaux sont estimés à environ 30 millions de tonnes et enregistrent une croissance régulière de 7% depuis les années 2010. Et ce rythme de croissance devrait, de l’avis des industriels, se maintenir dans les années à venir. Le Maroc vise au moins 25% du marché à l’horizon 2020.

Au-delà de la large utilisation industrielle (acoustique, électricité, électronique et abrasif), la demande identifiée provient de l’industrie automobile, de l’agriculture et de la construction. L’automobile présente des opportunités, notamment dans les segments des sièges, des garnitures des portes et des airbags. Dans l’agriculture, le développement des cultures couvertes prévu par le Plan Maroc Vert constitue un facteur stimulant pour la filière du TUT, sachant qu’actuellement l’offre provient en grande partie de l’étranger, notamment d’Egypte, de Chine, d’Allemagne et de France. Enfin, dans la construction, plusieurs facteurs, tels que le développement des constructions individuelles, collectives et les exigences antisismiques, poussent la demande à la hausse.

Autant d’éléments justifiant la nécessité de la mise en place de l’écosystème textile à usage technique et industriel. Un cadre qui permettra, selon des opérateurs du secteur textile, aux entreprises d’opérer la mutation vers ce créneau et aux entreprises spécialisées d’innover et de renforcer leur outil de production. Le lancement de cet écosystème renforcera la compétitivité de la production nationale, difficile à estimer en l’absence de statistiques, face aux importations qui frôlent les 500 MDH selon les estimations des professionnels.