Textile : 5 agrégateurs, 3 converteurs et 3 distributeurs seront choisis d’ici fin décembre

Ils bénéficieront d’aides financières et de programme de soutien. Les entreprises doivent déposer leurs candidatures avant le 12 décembre. Un comité d’évaluation étudiera les dossiers et procédera à  la sélection avant la fin de l’année.

Les entreprises de textile souhaitant bénéficier des mesures de soutien spécifiques, annoncées en septembre dernier par le ministère du commerce et de l’industrie, disposent encore de dix jours pour déposer leurs candidatures. Initialement fixé au 21 novembre, le délai a été repoussé au 12 décembre afin de permettre à celles qui désirent postuler de ficeler leurs dossiers. «Nous voulons laisser le temps aux opérateurs de finaliser leur business plan qui mettra en exergue leur positionnement et définira leurs nouveaux produits», précise l’Agence nationale pour la promotion des petites et moyennes entreprises (ANPME).
Rappelons que les aides prévues dans le cadre du Pacte national pour l’émergence industrielle au profit de l’industrie du textile sont précisément destinées aux entreprises qui veulent devenir des locomotives du secteur. Elles leur permettront d’adapter leurs unités à l’exportation et de développer le marché local.
Les pouvoirs publics ont classé ces entreprises en trois types d’acteurs appelés agrégateurs, converteurs et distributeurs qui, pour mener à bien leur mission, doivent actionner trois leviers : proposer une offre intégrée, démarcher de façon agressive des donneurs d’ordre internationaux et financer le cycle de production.
L’agrégateur, entreprise locomotive du secteur, devra consolider le tissu industriel autour d’activités à forte valeur ajoutée. Il encadrera un groupe de façonniers pour réussir le passage de la sous-traitance au produit fini.
Le deuxième acteur, le converteur, est un industriel de l’amont (filature, tissage, tricotage, teinture, impression, l’apprêt et le traitement de la matière) qui doit contribuer à la création et l’innovation des matières premières finies et le développement des produits pour répondre aux besoins des opérateurs. Il doit avoir une offre de services et de produits concurrentielle.

Une deuxième phase de sélection sera lancée dans quelques mois

 Enfin, les distributeurs, eux, vont contribuer à la structuration du marché local et développer les marques nationales. Ils seront tenus, par conséquent, d’investir dans la recherche et développement et dans l’aménagement de points de vente.
Cette première phase de sélection permettra de retenir cinq agrégateurs, trois converteurs et cinq distributeurs. «La limitation du nombre se justifie par le fait qu’il faut des entreprises structurées capables de mener un groupe d’entreprises et de jouer le rôle de locomotive», expliquent les responsables de l’ANPME.
L’opération sera faite sur la base de critères précis relatifs à la transparence fiscale, la régularité de la situation auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale et le positionnement actuel de l’entreprise candidate. Le cahier des charges est constitué de trois paliers : la situation actuelle de l’entreprise, les profils des produits à développer et l’impact des actions menées. Il faut souligner qu’un agrégateur doit s’engager à réaliser un chiffre d’affaires additionnel de 200 MDH à l’horizon 2016. Les converteurs seront, eux, tenus de réaliser un chiffre d’affaires global d’au moins 200 MDH à la même échéance.
Les responsables de l’agence soulignent par ailleurs que l’évaluation et la sélection sera faite par le cabinet Valyans qui a été retenu suite à un appel d’offres lancé par le ministère du commerce et de l’industrie en septembre dernier. Ce cabinet travaillera au sein d’un comité d’évaluation regroupant le département de tutelle et celui de l’économie et des finances, l’ANPME, la Caisse centrale de garantie (CCG) et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Il disposera de trois semaines, soit du 12 au 31 décembre 2011, pour rendre sa copie. Après cela, interviendra la signature du contrat objectif entre les opérateurs, les pouvoirs publics, la banque partenaire qui doit cofinancer le projet et enfin la CCG qui garantit le prêt.
L’offre des pouvoirs publics aux trois acteurs porte sur un accompagnement financier, notamment un subventionnement pour améliorer la rentabilité du projet. Le montant de la subvention sera indexé aux postes de coûts les plus importants du projet comme les matières premières ou encore les ressources humaines.
Au terme des cinq prochaines années, les acteurs sélectionnés feront l’objet d’un audit pour contrôler les résultats du projet selon un référentiel de suivi élaboré par un cabinet de contrôle indépendant choisi par les pouvoirs publics.
Après la sélection de cette première fournée de converteurs, d’agrégateurs et de distributeurs, les pouvoirs publics lanceront une deuxième phase de cette opération pour la sélection d’autres entreprises candidates.