Textile : 24 milliards de DH d’exportations à  fin septembre, 3 milliards de moins qu’il y a un an

Le mois de septembre a été bon et a permis de rattraper une partie du retard cumulé depuis le début de l’année. L’Amith prévoit de finir l’année avec 30 milliards de dirhams, soit le même niveau que l’année dernière. Les industriels restent partagés quant à  la reprise du marché.

Si habituellement les ouvriers du textile partaient pour deux à trois semaines en congé à l’occasion de l’Aïd Al Adha, cette année ils ont dû se contenter de huit jours seulement. Le planning de livraison des commandes des entreprises est plutôt serré. Est-ce le début de la reprise dans le secteur ?

La réponse est oui si l’on considère les dernières statistiques communiquées par l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith). Celles-ci démontrent en effet que les exportations au cours du mois de septembre 2012 ont atteint 2,2 milliards de DH contre à peine 1,6 milliard en septembre 2011, soit une progression de 37,5%. Cette hausse d’activité a permis de rattraper une partie du recul enregistré au cours des quatre premiers mois de l’année 2012. Cette période était marquée, rappelons-le, par le début de la baisse de la consommation sur les marchés européens.

Aujourd’hui, le regain d’activité est dû à deux phénomènes conjoncturels, notamment le changement de climat et les soldes qui ont donné un coup de fouet à la demande sur plusieurs marchés européens et spécifiquement sur le marché français.

Ainsi, les exportations totalisent 24 milliards de DH sur les neuf mois de l’année. La baisse par rapport aux neuf premiers mois de 2011, qui ont totalisé 26,9  milliards de DH, a donc été ramenée à 10%. Partant de là, l’Amith table sur un chiffre d’affaires de l’ordre de 30 milliards de DH à fin décembre 2012, soit le même niveau qu’en 2011. Est-ce réalisable ?

Les réponses des industriels divergent. Certains opérateurs estiment que cette prévision peut être concrétisée car «on sent aujourd’hui qu’il y a un regain de la demande sur les marchés européens, sauf en Espagne». Ils avancent aussi qu’ils ont des commandes en cours de fabrication pour les collections  printemps-été 2013 qui doivent être prêtes et livrées dans quelques semaines. Sans compter, ajoutent-ils, que les commandes de réassort (fabrication des articles dont les stocks seront épuisés) ne tarderont pas à tomber.

Les enseignes étrangères mettent en veilleuse leurs projets au Maroc

Pour d’autres industriels, atteindre les 30 milliards de DH de chiffres d’affaires à l’export n’est pas une certitude en raison de la conjoncture économique. Ils ajoutent que tant qu’il n’y aura pas de stabilisation de la conjoncture, on ne peut avoir une visibilité sur les semaines et mois à venir. Et de poursuivre : «On ne peut même pas affirmer qu’il y aura du réassort vu le niveau de la demande sur les marchés européens !». Les groupes étrangers observent leurs marchés et n’ont encore rien décidé pour l’heure quant à leurs stratégies de sourcing.

Par ailleurs, certaines enseignes qui projetaient de s’implanter directement ou indirectement au Maroc ont, même si leur intérêt pour le Royaume subsiste, reporté leurs projets de délocalisation et d’implantation. C’est le cas du chinois Lee & Fung, de l’italien Benetton ou encore du britannique Tesco. Ces trois groupes avaient effectué, rappelons-le, au début de cette année, des missions de prospection au Maroc et avaient même entamé des pourparlers avec des partenaires nationaux en vue d’une présence commerciale ou industrielle.

Hormis le groupe Tesco qui a déjà ouvert un bureau au Maroc, tout est bloqué. La suspension de ces projets est un indicateur, pensent certains industriels, de l’attentisme des donneurs d’ordre étrangers et une preuve qu’on ne peut pas encore parler d’une réelle reprise en Europe.

Baisse des prix pour maintenir les commandes

Même s’ils restent sceptiques, ces opérateurs se gardent d’être alarmistes puisqu’ils estiment que les donneurs d’ordre pourraient se détourner, comme l’année dernière, de la Chine à cause de la hausse des prix et placer leurs commandes automne-hiver au Maroc. Pour décrocher ces commandes et assurer la continuité de l’activité, les industriels devront faire un effort sur le prix.

En début d’année, ils avaient dû baisser de 0,83% leur prix moyen qui était de 5,83 euros la pièce pour maintenir leur activité. Seront-ils appelés à faire davantage de concessions ?