Tests Covid-19 : Retrait d’autorisation pour cinq laboratoires d’analyses médicales

• Le nombre de laboratoires autorisés à effectuer les tests Covid-19 est passé de 10 en mars à 30 actuellement.
• La conformité aux normes du cahier des charges est contrôlée par l’Institut national de l’hygiène et le ministère de la santé.
• Cinq laboratoires à Rabat, Fès et El Jadida ont été épinglés.

Ils sont cinq laboratoires d’analyses médicales, implantés à Fès, Rabat et El Jadida, qui se sont vu retirer l’autorisation pour la réalisation du diagnostic Covid 19 par qRTpCR(technique de biologie moléculaire). Le retrait a été décidé suite au contrôle, prévu par le cahier des charges, effectué par la commission composée des membres de l’Institut national de l’hygiène et le ministère de la santé. Cette décision a refroidi plusieurs biologistes du secteur qui estiment «que le risque est grand, parce que nous devons, pour réaliser ces tests, investir en moyenne 1 million de dirhams pour l’aménagement des espaces, l’achat de l’équipement et le recrutement de personnel supplémentaire qualifié pour ce type d’analyses». Pour les professionnels, le retrait de l’autorisation tombe mal, car pour l’instant, «face à l’évolution de la situation épidémiologique, nous avons besoin d’un plus grand nombre de laboratoires pour faire face à la demande en tests».
Aujourd’hui, on compte trente laboratoires autorisés dans tout le pays sur la base du cahier des charges établi par le ministère de tutelle qui définit les exigences pour la réalisation du diagnostic Covid 19 par qRTpCR. Ainsi, selon le cahier des charges, explique le docteur Zineb Zniber, présidente du Conseil des pharmaciens biologistes, «tout laboratoire qui veut rejoindre ce réseau doit avant tout disposer d’un espace suffisant pour mettre en place 3 salles techniques distinctes dédiées à l’analyse et séparées du reste du laboratoire. Il lui faudra acquérir le matériel de la plateforme PCR, les réactifs et les consommables. Ensuite, faire une demande auprès du ministère de la santé. Après contrôle de toutes ces normes, le ministère délivre l’autorisation». Cette dernière n’est pas définitive, puisqu’elle peut être retirée suite à un contrôle régulier de la commission. Il est à noter qu’au tout début de la pandémie, les laboratoires sont tenus d’effectuer les prélèvements uniquement dans leurs locaux et ne devaient pas facturer les tests, donc les faire gratuitement, dans la mesure où les réactifs leur étaient fournis par le ministère. Par ailleurs, plusieurs laboratoires, pour répondre à la demande, ont dû aménager des chapiteaux spécifiques, après autorisation des autorités locales, pour l’accueil des patients.
Le 27 septembre dernier, une nouvelle circulaire a introduit quelques changements. Ce texte a officialisé, explique Zineb Zniber, l’externalisation des prélèvements sous certaines conditions, d’inclure les tests sérologiques, de réaliser les tests pour les cas suspects et contacts et également pour les étudiants, pour les entreprises et les voyageurs. Ils sont même autorisés à faire des prélèvements à domicile pour les personnes malades et âgées. Aussi, la nouvelle circulaire a autorisé les extensions des laboratoires afin de garantir les meilleures conditions pour la réalisation des tests.

Le prix du test ne figure toujours pas dans la Nomenclature des actes de biologie médicale
Globalement, selon le conseil des pharmaciens biologistes, ce sont 25 000 tests qui sont réalisés par jour dans le public et le secteur privé. Toutefois, il est à noter que le plus grand nombre de tests est effectué dans le public. Pour les laboratoires privés, on se contente de dire que «les chiffres varient selon l’implantation et le nombre de laboratoires dans une ville». Et certains laboratoires précisent que la «Covid représente aujourd’hui 90% de notre activité». Toutefois, ils ne manquent pas de préciser que «l’activité des laboratoires a baissé depuis le mois de mars, car les citoyens craignant d’être contaminés par le virus, n’ont pas fait beaucoup de consultations et donc pas d’analyses et d’examens parallèles. Aujourd’hui, en dépit de la demande qui existe, nous n’avons pas de visibilité sur l’impact Covid sur notre chiffre d’affaires. De plus, l’amortissement de l’investissement réalisé se fera sur trois à quatre années».
Les tests sont globalement facturés à 700 DH par les laboratoires contre 500 DH dans le secteur hospitalier et semi-public, notamment, à l’hôpital Cheikh Khalifa et l’Institut Pasteur. Selon les biologistes, «le différentiel de 200 DH est justifié par les charges du laboratoire en particulier l’achat des réactifs. Ces derniers, il faut le souligner, sont mis à la disposition des hôpitaux à un prix moins cher dans le cadre des achats en appel d’offres». Il est à préciser que les laboratoires pratiquent des prix négociés entre 450 et 500 DH au profit des entreprises et autres structures souhaitant effectuer des tests à l’ensemble du personnel.
Pour l’heure, explique Dr. Zineb Zniber, «les prix pratiqués actuellement sont de l’ordre de 680 DH pour la PCR et de 300 DH pour les tests sérologiques, mais ces prix ne sont pas encore officiels, car ils ne sont pas inscrits à la nomenclature des actes de biologie médicale. Notons que cette nomenclature date de 2006 et gagnerait à être révisée».