Télécoms : le tarif de la minute pour le mobile a baissé de moitié depuis 2006

Selon l’ANRT, la minute en téléphonie mobile rapporte aux opérateurs en moyenne 0,86 DH contre 1,63 DH en 2006. Pour le fixe, le prix moyen est de 1 DH la minute contre 1,19 DH en 2008. Le Marocain consomme en moyenne 45 mn de téléphone contre 30 mn en 2006.

Elevé, le prix des télécommunications ? C’est ce que pensent nombre d’abonnés à la réception de leur facture mensuelle ou quand ils jugent que leur forfait s’épuise très rapidement. Pourtant, les opérateurs sont eux aussi catégoriques : les tarifs ont connu ces dernières années une baisse conséquente. L’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) ne formule aucun avis sur la question.
Cependant, ses statistiques permettent d’avoir une idée sur ce que rapporte chaque compartiment des télécoms. Pour ce qui est du fixe et de la mobilité restreinte, le prix que l’agence appelle aussi revenu moyen par minute est passé de 1,19 DH HT à 1 DH entre 2008 et 2010. Pour le mobile, chaque minute (toujours HT) rapporte aux opérateurs, en moyenne, 0,86 DH en janvier/ février 2011, au lieu de 1,63 en 2006. Le prix avait entre-temps baissé de 1,30 DH et 1,24 DH entre 2007 et 2009. Bien évidemment, ce sont des moyennes établies sur les chiffres des opérateurs, sachant qu’au Maroc, sur les 33 millions de clients du mobile, seule une partie ( un peu plus d’un million) a choisi un abonnement et sur ce total 90% des clients ont opté pour un forfait limité. Pour ce qui est de l’internet, la facture moyenne, selon des chiffres émanant du régulateur, est passée de 157 DH en 2009 à 134 DH en 2010 pour l’ADSL tandis que la facture moyenne de la 3G, elle est passée de 56 DH en 2009 à 46 DH en 2010.

Le pouvoir d’achat exclut une grande partie de la clientèle des offres d’abonnement de 12 et 24 mois

Pour apprécier les changements intervenus au niveau du prix, plusieurs éléments doivent être pris en compte. Il y a d’abord les prix de l’interconnexion qui ont été revus à la baisse. Selon l’ANRT, la baisse totale avoisinerait 40% pour la téléphonie et 70% en matière de dégroupage partiel d’abord et total par la suite. Cela a permis aux opérateurs d’avoir les mains libres pour concevoir de nouveaux produits. Par exemple, pour les forfaits, l’entrée de gamme est à 180 DH pour un forfait de 2 h30 min avec l’équivalent en gratuité soir, week-ends et jours fériés sur tous les opérateurs.
Pour le prépayé, deux évolutions majeures ont été observées : l’instauration du tarif unique qui est de 3,60 DH la minute et d’une nouvelle règle permettant la mise en place des promotions permanentes. C’est ainsi que la concurrence se fait très forte avec des recharges qui sont triplées ou même quadruplées.
Reste maintenant  à savoir si l’introduction du tarif unique incitera les opérateurs à baisser davantage les prix. Autre remarque : tant que l’on ne propose pas des produits bien ficelés en matière de double et triple play, les clients resteront prudents dans leurs choix et se cantonneront au prépayé. Parmi les offres actuelles, seul l’opérateur historique propose de la téléphonie gratuite à l’intérieur d’un pack où il y a TV et internet. Mais on le sait, le pouvoir d’achat actuel exclut une grande partie de la clientèle des offres d’abonnement de 12 et 24 mois. Et puis, sur des décennies, le consommateur marocain a développé une telle méfiance vis-à-vis du prix de la téléphonie notamment (on sait qu’elle était justifiée) que nombreux ceux qui sont convaincus que les promotions cachent un piège. Des équivoques devraient être levées pour convaincre le public qu’il gagnerait à contracter des forfaits adaptés à ses besoins. Le plus important, néanmoins, n’est pas tant de quantifier la baisse des prix – même si elle est palpable – mais bien d’introduire des leviers capables de créer une dynamique durable.
A l’ANRT, on reste convaincu que les projets de modifications de l’actuelle loi, l’élargissement des prérogatives du régulateur, la mutualisation des moyens et de l’infrastructure des opérateurs et la multiplication des volumes sont les vecteurs qui vont permettre une plus grande démocratisation des télécoms et l’éclosion d’offres globales plus accessibles.
Pour le moment, la consommation a sensiblement augmenté. Elle est passée de 30 minutes par mois et par habitant en moyenne en 2006 à 45 minutes pour les deux premiers mois de 2011.