Télécoms : la première licence 4G attendue pour début 2014

Le taux de pénétration du mobile et de l’internet a dépassé les objectifs, mais le chiffre d’affaires du secteur a baissé pour la première fois depuis 2008. Un meilleur aménagement numérique du territoire, la transmission des communications dans l’entreprise et la révision de la définition du service universel sont parmi les axes de la Note d’orientations générales 2014-2018.

L’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) a dévoilé, mardi 21 mai à Rabat, le bilan des réalisations de la Note d’orientations générales (NOG) pour le développement du secteur des télécommunications à l’horizon 2013. Dans l’ensemble, les réalisations ont dépassé de loin les prévisions. Ainsi, le parc total des abonnés comptabilise 42,7 millions de clients à fin mars 2013 alors que l’objectif était de 34 millions. De même, le nombre d’abonnés Internet dépasse 4 millions (4,1 millions) avec un taux de pénétration de 12,49%, affichant ainsi un taux de croissance annuel de 24,35%, soit le double de l’objectif fixé (2 millions d’abonnés). Une autre réalisation notable concerne la baisse des prix qui était de l’ordre de 58% dans la téléphonie mobile, de 30% au niveau du fixe alors que la facture moyenne mensuelle par client internet a reculé de 73% entre 2008 et 2012. Le seul écart négatif à déplorer reste l’évolution du chiffre d’affaires du marché qui a enregistré sa première baisse depuis 2008. Fixé à 40 milliards de DH, l’objectif paraît difficile à réaliser, principalement en raison des baisses des prix que connaît le segment mobile et internet 3G. Sous l’effet de la dynamique concurrentielle qui s’est établie entre les acteurs du secteur durant l’année 2012, surtout sur le marché mobile, le chiffre d’affaires de l’année est estimé à 35,36 milliards de DH, soit une contraction de 4,1% en comparaison avec 2011.

Le régulateur a en outre mis en exergue les axes stratégiques qui feront l’objet de la NOG 2014-2018. Une étude y afférente est déjà en cours. Elle tiendra compte du niveau de réalisation des actions prévues par la NOG 2013, de la situation des différents segments du marché national ainsi que des tendances internationales en matière de régulation et de convergence des services et réseaux.

Si les actions sur lesquelles portera cette nouvelle NOG restent encore à définir, on sait d’ores et déjà qu’elle s’attellera à infléchir la courbe de croissance du chiffre d’affaires du secteur.

Parmi les points à développer figure également un meilleur aménagement numérique du territoire, notamment avec la pose d’infrastructures dans des zones non rentables ainsi qu’une révision de la définition du service universel à l’aune des derniers changements. Pour valoriser le tissu du secteur privé qui ne représente que 15 à 20% du total des clients, la transmission des communications au sein des entreprises est aussi parmi les axes de la NOG 2014-2018.

Une étude sur le marché satellitaire est en cours

Bien entendu, le développement des infrastructures pour l’accès à l’internet à haut et très haut débit est également discuté notamment avec les très attendues licences 4G. Le régulateur est d’ailleurs en train de boucler l’étude qui va définir les conditions d’octroi de ces licences. Une première licence devrait être accordée début 2014, et le service opérationnel courant 2014.

Par ailleurs, une autre étude relative au marché satellitaire (Gmpcs et Vsat) au Maroc est en cours de réalisation.

Ce travail, qui sera finalisé fin mai 2013, porte notamment sur l’appréciation de la viabilité économique des opérateurs de télécommunications par satellite et l’opportunité d’attribution de nouvelles licences satellitaires compte tenu des demandes d’attribution de licences Vsat et Gmpcs déposées et des dispositions de la NOG 2013. Azzeddine El Mountasir Billah, directeur de l’ANRT, a également profité de l’occasion pour rappeler les réalisations du Service universel, notamment un bilan des programmes Pacte, Genie, Injaz, [email protected] et le programme CAC (Centres d’accès communautaires aux technologies de l’information et de communication). Ce dernier prévoyait la mise en place de 400 CAC sur l’ensemble du territoire national avec un budget de 80 MDH, à raison de 20 MDH par an. 70 de ces centres sont déjà opérationnels au niveau des Maisons de jeunes relevant du ministère de la jeunesse et du sport.

Enfin, dans le cadre de la révision du cadre législatif et réglementaire, l’amélioration du cadre légal régissant le secteur a été pensée, notamment à travers la clarification des obligations des opérateurs sur les conditions générales et contractuelles des offres et des services, le renforcement des règles de partage des infrastructures entre les opérateurs mais surtout l’octroi à l’ANRT du pouvoir de sanction pécuniaire afin de lui permettre de s’assurer du respect par les opérateurs de leurs obligations et de préserver les conditions d’une concurrence loyale.