Taux directeur : un potentiel de baisse inexploité ?

La Banque centrale a maintenu inchangé son taux directeur lors de sa réunion du 22 septembre. Qu’elle soit d’origine interne ou externe, l’inflation reste pourtant tout à  fait modérée.

La Banque centrale a donc maintenu inchangé son taux directeur à 2,5%, à l’issue de son conseil du 22 septembre. Elle n’a pas jugé nécessaire de donner un nouveau coup de pouce à l’investissement et à la consommation, en somme à la demande intérieure.

Pourtant, l’argumentaire, pour ainsi dire, qui précède sa décision de laisser tel quel le taux de refinancement semble tout à fait militer pour une décision contraire.

Primo, la conjoncture internationale, telle qu’elle évolue présentement, ne laisse pas penser que des pressions inflationnistes d’origine externe viendraient s’exercer sur l’économie marocaine : la reprise de l’activité dans les pays avancés reste faible, le prix du pétrole en baisse, les taux directeurs des principales banques centrales sont à des niveaux proches de zéro (entre 0% et 0,25% aux Etats-Unis et 0,05% dans la zone euro), l’inflation est également à des niveaux extrêmement bas (0,1% en zone euro et 0,2% aux Etats-Unis)…

L’inflation sous-jacente s’est établie à 1,5% en août

Deuxio, sur le plan interne, l’écart monétaire est négatif, «dénotant l’absence de tensions inflationnistes d’origine monétaire», nous dit Bank Al-Maghrib (BAM) ; la distribution du crédit reste mitigée, amenant BAM à réviser à la baisse la prévision de progression du crédit en 2015, et, last but not least, l’écart de production non agricole continue d’être négatif, et ce, depuis onze trimestres consécutifs, ce qui, en théorie du moins, indique une faible pression inflationniste émanant de la demande. Et de fait, l’inflation, telle qu’elle est mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC), ressort à 1,8% sur les huit premiers mois de l’année. L’inflation sous-jacente, qui traduit la tendance de fond de l’évolution des prix, s’est établie, elle, à 1,5% au mois d’août par rapport au même mois de 2014. Les prix à la production, quant à eux, sont en baisse depuis 2013. Il faut rappeler à cet égard que l’année 2014 s’est achevée sur une inflation globale non pas de 0,4% mais de 0,2%, suite à la refonte de l’année de base des comptes nationaux. Pour 2015, l’inflation globale s’établirait à 1%, selon le HCP et à 1,8%, selon BAM (mais on ne sait pas si BAM parle de l’inflation globale ou de celle concernant les prix à la consommation).

Moyennant ces développements, comment ne pas s’attendre à une révision à la baisse du taux directeur, quitte à le relever plus tard si la conjoncture venait à changer ?