Taux de croissance : le Plan table sur 4% en 2010 et 4,3% en 2011

Le PIB a augmenté de 3,5% au premier trimestre de l’année, ce sont les activités non agricoles qui y contribuent.
La reprise est déjà  là Â : les mines, le BTP mais surtout les activités tertiaires qui tirent l’économie.
Le besoin de financement risque de se poser de plus en plus fortement. A peine 264 milliards de DH d’épargne nationale pour un investissement brut à  couvrir de 316 milliards.

L’économie marocaine reprend progressivement des couleurs, et les chiffres que vient de publier le Haut commissariat au plan (HCP) pour le premier trimestre de 2010 le montrent bien : le PIB a en effet augmenté de 3,5% contre 2,2% à la même période de l’année dernière. Plus intéressant encore, la croissance hors agriculture a été de 5,4% au lieu d’une baisse de 1,5% le premier trimestre 2009.
Bien que les activités des secteurs non agricoles aient évolué de manière différenciée (certaines ont enregistré des progressions, d’autres des fléchissements), ce sont malgré tout ces activités-là qui ont porté la croissance au cours du premier trimestre de cette année ; l’agriculture ayant, quant à elle, connu une baisse de valeur ajoutée de 8,6%, sans doute pour des raisons liées aux intempéries survenues au début de l’année ainsi qu’à l’effet de base, puisque la campagne 2008/2009 a été marquée comme on sait par une récolte céréalière record de 102 millions de quintaux.
Cette dynamique sera-t-elle poursuivie au cours des mois à venir ? Oui, répond le Plan dans son budget économique exploratoire où il trace les perspectives pour 2011 et en même temps revient sur la situation économique en 2010 -pour laquelle il avait déjà livré ses premières estimations en janvier- à la lumière des résultats des comptes nationaux pour le premier trimestre de cette année et des travaux d’analyse de la conjoncture. C’est ainsi que pour cet exercice, la croissance du PIB s’établirait à 4%. Cette légère révision à la baisse de 0,1 point, par rapport aux prévisions faites en début d’année, est attribuable aux intempéries qui ont affecté certaines cultures.
Dans le détail, avec une baisse du PIB agricole de 7,5% pour l’ensemble de l’année 2010, la croissance économique serait le fait essentiellement des activités non agricoles qui croîtraient de 5,9% contre une quasi-stagnation en 2009. Ainsi, le secteur secondaire (mines, énergie, industrie de transformation et bâtiment et travaux publics), qui a enregistré une baisse historique de 4,7% en 2009, retrouverait de la vigueur en 2010 avec une croissance estimée à 5,6%. Les raisons de cette reprise, comme l’expliquent les analystes et autres conjoncturistes du HCP, tiennent à l’amélioration de la demande étrangère adressée à ce secteur ainsi qu’à la consolidation de la demande intérieure, principal moteur de la croissance marocaine. Les mines, par exemple, qui ont subi un ralentissement conjoncturel de deux années, bénéficient désormais de la reprise de la demande étrangère pour les phosphates, mais aussi de la demande locale émanant de certaines industries de transformation. Leur valeur ajoutée serait en hausse de 13% en 2010 contre des baisses successives de 6% et 24% respectivement en 2008 et 2009. Les industries de transformation, après un fort ralentissement en 2009 (+0,9% au lieu de +3,4% en moyenne annuelle entre 2000 et 2008), devraient elles aussi profiter de la demande étrangère adressée notamment aux industries chimiques et parachimiques, aux industries électroniques et à celles de sous-traitance automobile. La demande intérieure aussi contribuerait à la reprise des industries de transformation, nous dit le HCP qui estime, au total, que la valeur ajoutée industrielle au terme de l’exercice 2010 devrait croître de 3,2%, soit un retour à son niveau moyen de la dernière décennie.

Recul de la production céréalière en 2011

Pour le BTP, le HCP anticipe une reprise de l’activité des grands projets structurants et d’aménagements urbains ainsi que ceux du bâtiment, ce qui le conduit à estimer l’évolution de la valeur ajoutée de ce secteur à 7,4% contre 3,4% en 2009.
Le secteur tertiaire, lui, progresserait de 6% en 2010, ce qui est important vu son poids dans le PIB (60%). Cette croissance résulterait notamment de la hausse des recettes touristiques de 10% et de l’amélioration des services non marchands fournis par l’administration publique (+ 6,1%), tandis que la poste et les télécommunications, après la forte croissance de 2008, connaîtraient une phase de ralentissement en 2010.
Pour 2011, et moyennant une série d’hypothèses, le HCP prévoit un taux de croissance de 4,3%, après 4% en 2010 et 4,9% en 2009. Ces hypothèses portent sur une production céréalière de 70 millions de quintaux (au lieu de 80 millions en 2010), une reconduction de la politique budgétaire en vigueur en 2010 et des facteurs extérieurs favorables, comme la consolidation de la demande étrangère à un rythme de 5,8%, la progression des envois de MRE de 10%, les recettes touristiques de 12% et les IDE de 7% (après 13% en 2010)…
Une fois de plus, ce sont les activités non agricoles, essentiellement, qui feraient la croissance de 2011. Elles progressaient de 5,4%, alors que le PIB agricole, lui, baisserait d’environ 2,7%. Ce faisant, la croissance hors agriculture semble revenir progressivement à son évolution tendancielle des années 2000. Ainsi, le secteur secondaire progresserait de 5,7% en 2011 et le secteur tertiaire, pour sa part, améliorerait sa valeur ajoutée de 5,3% en 2011 contre 5,6% en 2010.